Mgr Lavigerie faisait remettre à Napoléon III, qui se trouvait alors à Biarritz, deux notes. Dans l’une il exposait son désir d’établir dans la Kabylie des maisons hospitalières pour les indigènes, dans l’autre il proposait la création en Algérie de deux Ordres religieux : agricoles et charitables
à la Maison-Rostan, ouverture du premier noviciat. Parmi les novices, deux dans la pensée du Fondateur devaient être pour la congrégation naissante.
Lettre du Fondateur à L’Abbé Payan d’Augery de Marseille pour lui demander son avis sur son projet de fonder deux Ordres religieux.
L'Abbé Payan d'Augery de Marseille adressa à Mgr Lavigerie les Règles des Frères de St Honrat (Frères Laboureurs) fixés jadis dans une propriété nommée la Cavalerie près de Manosque (Basse-Alpes).
Le Fondateur consulte quelques évêques
Mgr Lavigerie adressa une Lettre aux Curés des diocèses méridionaux de France sur l’Institut agricole et hospitalier du Vénérable Géronimo. Monseigneur joignait à sa Lettre un aperçu des Règles approuvées par lui pour la Congrégation naissante.
Mgr Lavigerie adressa une longue lettre sur le même sujet aux Présidents et membres des Conseils de la Propagation de la Foi.
Lettre de demande à la Compagnie de Jésus pour un maître de novice: il manifesta le plaisir qu’il aurait de recevoir le R.P. Keller qu’il avait connu sans doute à Nancy.
Accord du Provincial de la Compagnie de Jésus
Accueil des premiers candidats Freres: quelques jeunes gens s’étaient présentés. En attendant l’arrivée du R.P. Keller, on les confia à un religieux membre des Frères des Ecoles Chrétiennes, de l’orphelinat de Ben-Aknoun, le Frère Joannice, qui commença à les former aux travaux d’agriculture.
Le Noviciat des Frères Agricoles venait de s’ouvrir à la Maison-Rostan, laissée disponible depuis le départ des premiers novices Missionnaires.
Constituions, règles et directoire de l’Institut des Frères agriculteurs et hospitaliers du Vénérable Géronomo. En sa qualité de Fondateur et d’Archevêque d’Alger, Mgr Lavigerie en est le premier supérieur. L’Institut est gouverné par un Frère supérieur général, assisté d’un Conseil ordinaire de quatre membres et tous les trois ans d’un Conseil extraordinaire composé de quinze Frères.
La communauté se composait d’un ex-Abbé, d’un ex-Frère des Ecoles Chrétiennes, d’un ex-Frère jésuite, d’un ex-Frère de St-Jean de Dieu. Il s’en présenta encore deux ou trois ; mais les uns quittèrent, les autres furent renvoyés.
A la vue du peu de résultats satisfaisant du Noviciat de la Maison-Rostan, Monseigneur songea à établir un postulat dans le Midi de la France.
l’Archevêque d’Alger arriva à Chassagne le 29 novembre 1869, régla sans retard la question du bail avec M. le Marquis de Chanaleille et repartit après avoir loué le domaine pour trois ans.
l’Abbé Combes, secrétaire de Mgr Lavigerie, arriva à Chassagne avec deux enfants arabes, pour prendre possession de la propriété, commencer quelques plantations et ouvrir le Postulat.
Entrée au noviciat du Frère Jérôme venu de Bavière.
arrivée des premiers Postulants
La communauté comprenait une dizaine et cinq enfants arabes, qui avaient manifesté des signes de vocation religieuse. Le directeur était le Frère Marie aidé du Frère Joseph, tous deux sortis du Noviciat de la Maison-Rostan et envoyés à Chassagne pour former les postulants. M. le Curé de la paroisse remplissait les fonctions d’aumônier.
25 Juillet 1870
Mgr Lavigerie arriva à cette époque à Chassagne pour se rendre compte par lui-même de la marche de la petite Communauté.
La déclaration de guerre bientôt suivie des premiers désastres désorganisa le Postulat de Chassagne comme d’ailleurs les maisons de l’Algérie.
Le Fondateur, au commencement d’août, prévint l’aumônier d’avoir à amener sans retard en Afrique toute la communauté : postulants et ouvriers arabes. celui-ci se conformant aussitôt à cet ordre conduisit à Alger une douzaine de jeunes gens. On plaça d’abord les arrivants au petit Séminaire arabe de St-Eugène, puis on les dispersa bientôt de côté et d’autre selon les besoins du moment.
L’arrivée des douze postulants amenés à Maison-Carrée par l’Abbé Roure, Les nouveaux arrivants firent défection, les uns après les autres. Deux seulement restèrent fidèles: les Frères Jean et Paul. Ces quelques rares novices furent alors employés à Maison-Carrée soit comme surveillants des orphelins arabes, soit occupés aux jardins.
A la fin de cette année 1870, la situation était bien peu consolante à tous points de vue ; pas un postulant ne s’était présenté et les dépenses étaient disproportionnées avec les revenus.
La paix entre la France et l’Allemagne étant signée le 1er mai 1871, Mgr Lavigerie songea aussitôt à reouvrir le postulat de Chassagne.
Mgr envoya alors à Chassagne pour y former les futurs postulants les Frères Marie, François et Géronimo. La caravane africaine arriva le 21 mai 1871 amenant avec elle un petit berger indigène nommé Gabriel, bientôt suivi de deux autres enfants arabes chrétiens ; mais Jean-Baptiste et Augustin qui étaient restés seuls avec M. Roure depuis sept mois regagnèrent l’Afrique.
Mgr Lavigerie prépara une nouvelle lettre aux Curés du diocèse de Viviers et des diocèses voisins dans laquelle il faisait appel à leur concours pour lui envoyer des candidats.
Mgr Lavigerie visite le postulat de Chassagne. Son désappointement fut extrême en n’y trouvant que deux postulants; cette stérilité de l’œuvre le déconcertait.
Le Noviciat s’ouvrit sous la direction du R.P. Ducat, jésuite. Il comprenait cinq jeunes gens arrivés récemment : Max Blum, bavarois amené par le Frère Jérôme, son oncle, Arsène Bertrand et Charles Chorin venus du Postulat de Chassagne, et Vincent, italien, du village de Kouba, et enfin Pierre X., hollandais, ancien frère de Ste-Croix du Mans, de l’Orphelinat arabe de Constantine. Le R.P. Ducat était également le directeur des Frères profès qui n’étaient alors qu’au nombre de trois : les Frères Jérôme, Paul et Jean.
Arrivée de deux jeunes gens qui donnèrent de vraies consolations. Le Frère Marie dans une lettre à Monseigneur loue leur obéissance et leur amour du travail.
Les 2 jeunes postulants furent-ils dirigés sur l’Algérie.
La prise d’habit des Frères : Pierre, cuisinier, Max, laboureur, Arsène, jardinier-caviste et Vincent
Arrivée au noviciat de des deux postulants Laurent Dufour et Firmin Thomas venant du postulat de Chassagne.
Ceux-ci partis, il se présenta encore dans les mois suivants quelques postulants, mais qui ne persévèrent pas.
il fut décidé en février, que chaque jour un novice-missionnaire viendrait passer la récréation avec les Frères.
Noviciat Maison-Carrée: M. l’Abbé Chessé (économe) était parti à la fin de février
le Frère Jérôme et son neveu le Frère Max furent envoyés aux Attafs.
Noviciat de Maison-Carrée: Le R.P. Keller (maitre de novice) avait repris le 15 juin le chemin de la France.
Monseigneur décida alors de fermer Chassagne ; il ordonna donc de vendre immédiatement les récoltes, le matériel et le bétail et d’avertir le Marquis de Chanaleille que sa propriété était à sa disposition.
Le Frère Marie quitta définitivement Chassagne avec les jeunes arabes. Fin du postulat de Chassagne.
A son retour de France après la fermeture du postulat de Chassagne, le Frère Marie fut nommé économe général. Monseigneur qui reconnaissait en lui de très réelles qualités d’administrateur, le maintint jusqu’en février 1874 dans ce poste, en tous temps difficile mais surtout à cette époque : il l’envoya même en Espagne (8 février 1874) acheter des mulets, puis le plaça aux Attafs (19 novembre 1874).