Notre histoire

Un peu d’histoire...

...à travers cette interview du Père Jacob recueillie en 1992 :

L’école française d’Ankara été créée en 1942, près du musée archéologique, par deux dames: Mme Riobè et Mme Ménard. Ces deux dames ont réuni une douzaine d’enfants dans trois classes. Par la suite, l’augmentation du nombre de classes a donné naissance à une école primaire.

L’effectif atteint une soixantaine en 1948 et une centaine en 1958. Petit à petit, les parents ont commencé à considérer que la vieille ville était trop loin. A la suite de cela, on a décidé de construire une école dans le jardin de l’ambassade. L’école a été inaugurée en Septembre 1959 : La Petite École.

En 1960, il y avait déjà une classe de sixième et une classe de cinquième. Les cours de ces deux classes étaient assurées dans une petite maison de Bestekar Sokak.

L’institut a été bâti en printemps 1961 et les classes de sixième, cinquième et quatrième ont été transférées dans ces locaux.

En 1969, quelques sociétés avaient envoyé des ingénieurs en Turquie, pour la construction du barrage Kurtbogazi. Un nombre considérable de Français était venu. Ils avaient demandé qu’on multiplie les classes, et cela aboutit à l’ouverture de toutes les classes jusqu’en Terminale. L’école est dorénavant : “Section internationale de L’Ecole Moyenne Privée d’ Ankara”.

Au début, il y avait surtout des élèves français et turcs. Puis une école plutôt internationale, des élèves de Italie, Suisse, Allemagne, Hollande, Irlande, Suède, Danemark, Pologne, Hongrie, Bulgarie, Maroc, Canada, Mexique, Brésil, Chine, Japon, font partie des “classes internationales”.

Le 3 février 1981, un comité de gestion a été créé à Ankara.

En 1979 l’école change de nom et devient “classes secondaires de l’Ambassade de France” et porte ce nom jusqu’en 1990 où elle devient Lycée Charles de Gaulle."

Le Lycée Français Charles de Gaulle, tel qu’il existe aujourd’hui, a donc été crée le 3 février 1981 lorsque le Ministère Français de l’Education Nationale a homologué l’enseignement qui y est délivré. Création confirmée ensuite par une convention signée entre l’association des parents, gestionnaire, et l’AEFE, Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger.

De 1981 a 2008, il a été géré par l’association des parents, selon les modalités définies dans cette convention.

Depuis le 1er septembre 2008, le Lycée Français Charles de Gaulle est en « gestion directe », c’est –à -dire géré directement par l’AEFE et son conseil d’administration.

Le Lycée Français Charles de Gaulle est homologué par le Ministère de l’Education Nationale Française, ses enseignements et décisions sont reconnus par lui. Il n’y a pas d’homologation turque, donc pas de reconnaissance officielle par l’Education Nationale turque. Mais le baccalauréat obtenu au Lycée Français Charles de Gaulle permet de s’inscrire au concours de recrutement de l’enseignement supérieur turc (ÖSS) et au concours d’entrée spécifique à l’Université francophone Galatasaray, réservé aux bacheliers des établissements francophones.

Liste des Chefs d'établissement du

Lycée Français Charles de Gaulle

  • M Robert Huppé (-1991)
  • M M Glanard (1991-1997)
  • M Jean Louis Virazels (1997-2001)
  • Mme Ghislaine Lerasle (2001-2007)
  • Mme Angélika Olivet (2007-2010)
  • Mme Frédérique Joubert (2010-2015)
  • M Joël Hardeman (2015-2020)
  • Mme Sandra Pardo (2020- )

L'établissement : les grands traits

Notre établissement a fêté ses 75 ans en 2017. Si nous avions 484 élèves en 2006, il y aura plus de 970 élèves à la rentrée 2019. A la rentrée 2018, nous avions 82 français et 189 binationaux, 115 tiers de 43 nationalités différentes, 492 turcs et 56 turcs ayant une nationalité autre. Le choix fait il y a douze ans, d’accepter les élèves turcs répondait à trois impératifs principaux :

- Permettre à tout enfant ayant débuté une scolarité en français de la poursuivre. Nous avons de nombreux enfants de diplomates turcs.

- Mieux s’insérer dans la ville et attirer des enfants de personnalités influentes.

- Dynamiser les classes en augmentant les effectifs par classe. Si nous observons les effectifs niveau par niveau, les français et tiers représentent moins de 20 élèves. Si nous ne regardons que le lycée, les effectifs tombent à moins de cinq en Premières et en Terminales. Toutefois, si les français et Franco-turcs demeurent minoritaires, leur proportion augmente année après année avec notamment le retour de nombreux franco-turcs.

En 2019, pour la première fois, le Secondaire comportera un peu plus d’élèves que le Primaire. Les 21 divisions de Primaire et les 21 divisions de secondaire seront encadrées par 112 adultes (Professeurs, personnel d’éducation et administratifs).


Le lycée Charles de Gaulle est implanté sur deux sites :

- L’élémentaire et le second degré se trouvent à Incek à 25 km du centre- ville. Les installations sont neuves (ouvertes en 2010) et répondent aux attentes des équipes pédagogiques et des parents. Une remise à niveau liée à la sécurité fut également l’occasion d’aménager certains équipements en 2017: salles de classes supplémentaires, de spectacles, dojo…Deux points faible cependant : l’absence d’installations sportives extérieures et de parking personnels. La direction et l’Ambassade y travaillent et ont obtenu de la mairie de Gölbasi, le regroupement de toutes les zones vertes autrefois éparpillées dans le quartier et désormais implantées autour du lycée. Un travail de réflexion est actuellement mené entre les équipes du lycée et les services techniques de la mairie pour obtenir un bail permettant de justifier des dépenses importantes en équipements sportifs de qualité, sur cet espace.

- La maternelle : située dans le parc de l’Ambassade à Ayranci, les préfabriqués ne sont plus conformes aux besoins actuels. Pour des raisons de sécurité, deux classes furent déplacées en 2017. Ce fut l’occasion pour les équipes d’un changement de rythme scolaire avec désormais restauration le midi et sieste pour les Petites sections. En 2019, les 4 préfabriqués les plus anciens ont été remplacés par d’autres plus lumineux, plus larges dans l’attente d’une future construction « en dur ». Les autorités turques nous ont récemment autorisés à reprendre la procédure de demande de permis de construire pour la construction d’une nouvelle école maternelle.


Notre établissement bien que fortement concurrencé par des établissements privés anglophones, est reconnu pour son excellence pédagogique et pour la qualité des relations tissées avec les familles. Les élèves ont plaisir à venir au lycée et ils y apprennent bien comme en témoignent les 100% de réussite au bac 2016, 2018 et 2019 dans toutes les séries.


Pour maintenir ces résultats, un axe fort : notre projet d’établissement. Il comporte 3 priorités:


A) La maîtrise de la langue.

90% de nos élèves n’ayant pas le Français comme langue maternelle, nous avons veillé à ce que chaque enfant maîtrise suffisamment l’oral à l’entrée du CP en recrutant une orthophoniste en remplacement d’une assistante maternelle. Cette dernière participe à une co-élaboration des cours dans les 3 Grandes Sections. Ce renforcement se poursuit en cycle 2 où une aide au travail personnel permet une véritable élévation des résultats scolaires. Enfin, du CP à la 3°, une grille individuelle permet de suivre, année après année, le niveau de compétences en lecture de chaque élève. Les tests ELFE et ROC sont systématiquement pratiqués pour la renseigner.


B) Une construction réfléchie de la citoyenneté

Il s’agit ici de prendre en compte l’existence des nouveaux outils à notre disposition pour mettre en place des modalités pédagogiques innovantes et prendre en compte de l’élève dans sa globalité: Travail autonome sur le cahier ou sur l’ordinateur, classes inversées, travaux transdisciplinaires porteurs de sens (EPI, tâches complexes, EIST), conduite de projets portés par les élèves et accompagnés par des adultes, contenus et démarches linguistiques visant une certification, formation des parents à l’accompagnement des devoirs…

Depuis plusieurs années, nous avons mis en place des outils numériques simples et efficients ( Google classroom, vidéo projecteurs dans toutes les classes, sites de stockage et d’affichage Google, utilisation des téléphones ( byod), classes mobiles, liseuses au CDI…. Il s’agit bien de rendre acteur des élèves qui, en pleine adolescence, n’acceptent plus la transmission orale ou visuelle de savoirs. Ils veulent chercher et découvrir en étant accompagnés par les enseignants et leurs camarades.


C) Un travail d’équipes privilégié dans toutes ses dimensions :


Au sein de la classe mais également lors des clubs le midi, lors des rencontres de l’association sportive le midi et le soir. il s’agit, dans un pays où les pratiques sportives et culturelles ne sont accessibles que sur inscription dans des clubs payants, de permettre au plus grand nombre un éveil culturel et sportif en développant le périscolaire. L’Association de Parents d’Elèves et le réseau des anciens élèves viennent enrichir les réflexions menées et viennent épauler l’établissement dans de nombreux domaines : conseils en entreprises pour les travaux, recherche de sponsors et de lieux de stage, accompagnement des sorties, participation au forum des métiers, suivi des compagnies de transport, organisation de manifestations culturelles…



A Ankara, le 15 juin 2019