Symbolisme

La nature est un Temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers...

Ces vers de Charles Beaudelaire (dans les Correspondances) ne sauraient mieux illustrer la richesse des symboles. Mythes, archétypes, ou simples objets revêtus par la grâce d’un espace sacré d’ une charge spirituelle,ils sont les ingrédients de notre quête initiatique.

En Loge , puisque nous sommes des francs-maçons (c'est-à-dire des bâtisseurs « affranchis »), la plupart des symboles qui jalonnent notre route sont des outils de construction. Nous les devons aux Compagnons bâtisseurs de cathédrales. Par exemple, l’Equerre symbole de mise en ordre et d’équité, le Compas qui traçant le Cercle repousse le plus largement possible les limites de notre espace imaginaire, le Niveau symbole d’égalité, etc…

D’autres symboles (qu’il s’agisse d’objets, de formes géométriques, de paroles ou de signes) rencontrés en Loge ont des racines religieuses ou puisent leurs sources dans les mythes et philosophies de l’Antiquité.

D’autres encore ont une résonance chevaleresque.

Ce langage symbolique (on dit aussi : analogique) est pour le Maçon, ce que la grammaire est à l’enfant qui apprend à lire et écrire. Il convient donc d’étudier chaque symbole séparément, de façon à les relier entre eux, comme pour construire des mots, il est indispensable d’en connaître les lettres, et pour bâtir des phrases de saisir la signification de chacun des mots qui la composent. Ainsi, nous apprenons à rassembler ce qui est épars...

Mais à la différence de la grammaire, nos symboles sont libres d’interprétation pour chaque Frère et c’est d’ailleurs la grande richesse de nos travaux que d’entendre sur tel ou tel symbole le regard différent porté par chacun, en fonction de sa sensibilité ou de son approche du moment.

En dépit de la référence à Charles Beaudelaire, et même si on peut y trouver des ressemblances, le symbolisme en Franc-Maçonnerie ne doit pas être confondu avec le Symbolisme, école littéraire du XIXéme siécle qui comptait dans ses rangs , outre l’auteur des Fleurs du Mal, Rimbaud, Verlaine, Mallarmé. Les symboles chers au psychanalyste (ceux des rêves, des projections, etc..) sont également d’une autre nature.

En résumé, reconnaissons que pour bâtir son Temple, celui qui œuvre doit au moins se rendre familier des outils qu’il manipule. Nul besoin pour cela d’être un as du bricolage !

Les symboles, il y en a partout autour de vous. Les lettres, les chiffres sont des symboles; les symboles, c’est pour tout le monde !

Certains nous élèvent et nous permettent de porter sur la vie, la mort, les êtres qui nous entourent, un regard apaisé .