Accueil | Actualités | Santé & Prévoyance | Perte d’autonomie : les attentes des Français et les solutions pour anticiper
Une récente étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) révèle l’opinion des Français sur le financement et l’organisation de la prise en charge de la perte d’autonomie. Menée chaque année auprès de 4 000 personnes, cette enquête permet de mieux comprendre les attentes et les préférences de la population.
En 2023, près de 7 Français sur 10 (69 %) estiment que c’est à l’État de prendre en charge financièrement la perte d’autonomie, contre seulement 18 % qui pensent que cette responsabilité revient aux familles. Depuis 2014, la confiance dans le rôle de l’État a progressé, tandis que celle accordée aux familles a diminué. Les personnes aux revenus modestes et les familles monoparentales sont particulièrement favorables à une prise en charge publique.
Si une cotisation spécifique était créée pour financer la perte d’autonomie, 54 % des Français préféreraient qu’elle ne soit pas obligatoire pour tous, 26 % la voudraient imposée à tous, et 20 % seulement à partir d’un certain âge.
Près de la moitié des Français (47 %) souhaitent une aide financière universelle pour les personnes âgées en perte d’autonomie, sans condition de ressources. L’autre moitié préfère que cette aide soit réservée aux ménages les plus modestes. Depuis 2007, l’idée d’une aide ciblée selon les besoins a gagné du terrain. Les plus diplômés privilégient une aide basée sur les besoins, tandis que les plus âgés et les moins diplômés optent pour une aide selon les ressources.
En 2023, 74 % des Français refusent l’idée de vivre en établissement spécialisé en cas de perte d’autonomie, une proportion en forte hausse depuis 2001. Les jeunes sont encore plus opposés à cette solution (80 % des 18-24 ans). Pour un proche dépendant, seuls 19 % envisageraient un placement en établissement, contre 44 % qui préféreraient s’occuper de lui à domicile. Cette tendance est particulièrement marquée chez les familles modestes et monoparentales.
Les Français attendent avant tout de l’État qu’il joue un rôle central dans le financement et l’organisation de la prise en charge de la perte d’autonomie. Ils privilégient largement le maintien à domicile, tant pour eux-mêmes que pour leurs proches.
Face à ces enjeux, il existe des solutions pour se préparer financièrement et organiser au mieux la prise en charge :
L’assurance dépendance : Certaines assurances proposent des contrats spécifiques pour couvrir les frais liés à la perte d’autonomie (aide à domicile, aménagement du logement, etc.). Ces contrats peuvent être souscrits individuellement ou dans le cadre d’une complémentaire santé.
L’épargne dédiée : Des produits d’épargne, comme l’assurance-vie ou des placements spécifiques, permettent de constituer un capital pour faire face aux dépenses futures. Les plus aisés sont d’ailleurs 63 % à déclarer épargner dans ce but, contre 36 % pour les moins aisés.
Les aides publiques : Renseignez-vous sur les dispositifs existants (APA, prestations locales, etc.) qui peuvent compléter vos ressources en cas de besoin.
L’anticipation familiale : Discuter en famille des préférences de chacun (maintien à domicile, choix d’un établissement, etc.) permet d’éviter les décisions prises dans l’urgence.