Jeunes

Salut!

Tu n’en peux plus. Personne ne te comprend. Tu te sens seul-e. Tu as envie de fuir. C’est trop la honte, tu as peur et tu n’as plus confiance en qui que ce soit.

Si une personne qui t’est proche boit beaucoup d’alcool, c’est tout à fait normal que tu te sentes ainsi !

Mais tu n’es pas seul-e dans ce cas. D’autres jeunes vivent des situations semblables et certains se réunissent régulièrement pour partager leurs soucis, leur force et leur espoir : il s’agit des groupes Alateen.

Ici, tu trouveras les groupes existants en Suisse romande et italienne. Hélas, en ce moment, peu de groupes sont actifs, faute de participants, mais ce n’est pas une raison pour renoncer. Envoie-nous un message via alateen@alanon.ch et nous te mettrons en contact avec un jeune de ton âge ou avec une personne adulte qui a grandi dans une famille alcoolique pour que tu puisses partager. Il sera peut-être même possible de relancer un groupe près de chez toi.

Et n’oublie pas : si quelqu’un boit trop, ce n’est absolument pas de ta faute !

Le Comité Alateen

Alateen, c’est quoi ?

Alateen est un endroit où les membres se rassemblent pour :

  • Partager leur expérience, leur force et leur espoir afin de trouver des techniques efficaces pour faire face à leurs problèmes
  • Discuter de leurs difficultés et s'encourager
  • S'aider les uns les autres à comprendre les principes du programme Al-Anon en utilisant les Douze étapes et les Douze Traditions d'Alateen

Alateen n'est pas :

  • Un programme pour les adolescents qui ont un problème d'alcool ou de drogue.
  • Un endroit où les adolescents se plaignent de leurs parents ou de quiconque d'autre.
  • un club social


Alateen, c'est pour qui ?

Les réunions s'adressent à des jeunes entre 12 et 18 ans, mais nous avons des enfants beaucoup plus jeunes qui suivent les réunions. Les plus jeunes Alateen ont commencé vers l'âge de 4-5 ans. Les parents les amènent aux réunions, mais n'y assistent pas.

Peut-être n'es-tu pas sûr(e) que la personne qui consomme dans ta famille soit vraiment alcoolique. Ce n'est pas grave. Si tu as envie de venir aux réunions Alateen, ce n'est pas nécessaire de la savoir. Il suffit que tu sois gêné par la consommation d'alcool de quelqu'un.

Alateen, ça fonctionne comment ?

Les séances Alateen sont encadrées par deux membres Al-Anon. Ils sont là pour veiller au bien-être de chacun et au maintien des traditions Al-Anon : garder l'anonymat, ne pas interrompre, écouter, parler en son propre nom, garder la discussion centrée sur le rétablissement. Il ne dirigent pas, les jeunes apprennent à gérer la discussion et à parler en leur propre nom.

Le matériel utilisé lors des réunions (livres, jeux, étapes illustrées...) est adapté en fonction de l'âge.

Alateen, il y a de l'espoir !

Peu importe à quel point ta situation est difficile, tu peux te bâtir une vie meilleure en te rappelant de faire ta part pour te rétablir, cela n'arrive pas tout seul. Essaie de ne pas oublier les points suivants :

  • Alateen a aidé une foule d'autres jeunes. Nous ne sommes pas seuls - beaucoup d'autres adolescents ont connu les mêmes problèmes.
  • L'alcoolisme affecte la personne qui boit et celles qui sont dans son entourage immédiat.
  • Te renseigner sur l'alcoolisme peut t'aider à l'accepter en tant que maladie.
  • La dépendance d'une autre personne à l'alcool n'est pas un miroir de toi. Rappelle-toi : nous ne sommes pas la cause, nous ne pouvons pas la contrôler et nous n'en connaissons pas la cure.
  • Tu n'es pas responsable du comportement de tes parents.
  • Discuter de ta situation avec quelqu'un en qui tu as confiance t'aidera.
  • Essaie d'être patient avec toi-même et ta famille. L'alcoolisme t'affecte ainsi que ta famille depuis longtemps et il se peut que le rétablissement soit long.
  • Essaie de te comporter du mieux que tu peux, "un jour à la fois".
  • Etudies les Douze Etapes et les Douze Traditions. Celles-ci constituent une partie importante du programme.

Le groupe Alateen peut t'aider à te centrer sur toi plutôt que de t'obséder sur ton parent alcoolique. Il ne s'agit pas de l'abandonner mais de commencer à vivre ta vie ! Malgré un climat familial tendu, tu trouveras petit à petit de l'estime pour toi, tu apprendras à dire ce que tu penses et tu auras plus de facilité à faire face aux conflits. Tu pourras pratiquer l'entraide avec d'autres membres du groupe en téléphonant ou en vous rencontrant entre les réunions. Certains deviendront de véritables amis en qui tu peux avoir confiance.

Témoignages d'Alateen

Lors des réunions, chaque participant est invité à s'exprimer librement. Les opinions émises par les participants sont strictement personnelles et ne reflètent que leur propre façon de voir les choses. Deux membres peuvent très bien exprimer des positions différentes sur un même sujet. Seuls les livres et brochures édités par Al-Anon Family Group Headquarters, Inc., Virginia Beach, VA. peuvent être considérés comme l'opinion d'Al-Anon.

De la même façon, les témoignages que nous avons publiés sur ce site sont personnels. Vous qui parcourez ce site internet, faites comme s'il s'agissait d'une réunion : prenez ce qui vous plaît et laissez tomber le reste !

Özgul, 15 ans

L’éléphant dans le salon

Dans mon salon, il y a un éléphant qui prend toute la place. C’est ce qu’il y a de plus gros dans la maison et c’est impossible de l’oublier. Les autres gens peuvent inviter des amies pour dormir ou pour étudier, mais pour moi, avec cette bête énorme dans le salon, ce n’est pas possible.

Alors, je pleure, je lui tire la queue, je lui tire la trompe et j’essaie de le convaincre d’aller ailleurs mais rien ne se passe – il est toujours là, au milieu du salon. Mais je m’entête, c’est peut-être que j’ai mal poussé ou mal tiré. Finalement, je passe tout mon temps à essayer de le faire bouger et j’oublie même de faire mes devoirs.

Cet éléphant, c’est l’alcoolisme. Alateen m’a appris que j’essayais de déplacer un éléphant. Et c’est impossible. Personne ne peut le faire. Quand on a un éléphant dans son salon, il faut apprendre à vivre avec. C’est la seule solution pour ne pas devenir fou.

Je ne suis pas seul

Forum 2017, vol. 19 no 6

Je croyais que ma vie était normale, et que tout le monde était dans une situation identique à la mienne.

Je croyais que tous les écoliers devaient se lever super tôt parce qu'il leur fallait trente minutes de plus pour ranimer leurs parents ivres morts qui étaient censés les conduire à l'école.

Je croyais que tous les écoliers allaient à l'école avec un faux sourire, parce que si quelqu'un demandait : "Qu'est-ce qui ne va pas ?", "Ma mère alcoolique..." n'était jamais une réponse acceptable.

Je croyais que tous les écoliers travaillaient fort pour obtenir de bonnes notes afin d'obtenir (si possible) un peu d'attention.

Je croyais que tous les écoliers rentraient chez eux pour aller directement dans leur chambre et restaient à ne rien faire jusqu'à ce qu'il rassemblent suffisamment de courage pour aller se prendre un goûter.

Je croyais que tous les écoliers restaient debout jusqu'à deux heures du matin à analyser leur journée et à se demander pourquoi leurs parents étaient si coléreux.

Je croyais que tous les écoliers, comme moi, ne pouvaient pas avoir ce dont ils avaient besoin parce que la dépendance était plus importante que tout le reste....jusqu'à ce que je réalise, en parlant à mes amis, que "tout le monde" ne sait pas ce que je vis et "tout le monde" n'avait pas le "privilège" de grandir dans ces conditions.

J'ai récemment découvert un endroit pour des gens qui ont eu ce privilège... Cet endroit c'est Alateen ! Chaque personne dans cette salle sait exactement ce que j'ai vécu et éprouve de l'empathie pour la souffrance que j'ai ressentie. Alateen m'a donné le genre d'amour et d'acceptation que je n'ai pas connu en grandissant. Je n'aurai pas pu connaître la sérénité sans Alateen. J'ai fini par réaliser que je ne suis pas seul !

Comment ça serait si Alateen n'existait pas ?

Nathalie, Forum, octobre 2018

Si Alateen n'existait pas dans ma vie, je ne serai pas la personne que je suis aujourd'hui. Je ne pourrai pas compter sur les autres et raconter mes problèmes à mes amis. Je ne rencontrerais pas de nouveaux membres qui ont vécu les mêmes choses que moi. Il n'y aurait que ma mère et moi pour parler de mon père.

Je ne serai pas aussi ouverte d'esprit ou aussi attentionnée qu'aujourd'hui. J'en voudrais à mon père et je lui tiendrais rancune. Je ne saurais pas me détacher avec amour et je finirais par être une personne très négative. Le stress serait mon problème capital et je ne saurais pas comment me concentrer sur moi-même plutôt que sur l'alcoolisme. Exprimer mes pensées serait très difficile et les gens auraient de la difficulté à comprendre ce que j'essaie de dire.

Une thérapie familiale ne suffirait pas - Alateen c'est ma thérapie. Ne pas avoir Alateen signifierait que quelque chose d'important m'a été enlevé. Sans Alateen ce serait l'équivalent d'avoir une vie terrible et solitaire sans personne à qui parler.





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