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Echelles de la vie spirituelle

La vie spirituelle se caractérise par son but, ses étapes, son style et ses risques. 

Son but, c'est la vie, vita vitalis (selon le terme d'Augustin), la vie vivante et simple, tout simplement. L'instant présent.  

Ses étapes ont très souvent été décrites par les auteurs chrétiens sous la métaphore de l'échelle dont les degrés varient selon les auteurs, de trois (Paul, Evagre, Stoïciens) à douze (Saint Benoit) ou trente (Jean Climaque).

La première étape est caractérisée par l'effervescence d'une grâce facile - découverte qui motivera le nouvel initié à s'engager sur son chemin (in-itié voulant dire : sur le chemin).

La deuxième étape réclame la substitution méthodique d'un régime de vie naturelle à une vie selon l'esprit où la connaissance intuitive devient prépondérante sur la vie charnelle et même sur la vie intellectuelle. Le chemin s'intériorise profondément et rayonne de tranquillité à l'extérieur.

La troisième étape est celle des Noces mystiques, des extases intermittentes, des silences suspendus de la parole et de la volonté, du rêve éveillé et du sommeil lucide où l'âme cède à l'esprit et lui abandonne sans réserve la conduite de son activité.

Le style de cette vie est celui du combat spirituel, exigeant de l'initié une attention continue, mais une infinie douceur dans son attitude et ces rapports extérieurs. 

Les risques sont nombreux et ont abondamment été décrits par toutes les traditions spirituelles dans une thérapeutique spécifique du sens (voir la synthèse, chrétienne, de JC Larchet, bibliographie ci-dessous). Le principal et le plus difficile de tous les risques est l'orgueil. Finalement on pourrait même dire que la Tentation fondamentale à surmonter est celle de cette affirmation récurrente de l'ego qui veut rester maître des choses. Elle n'est pas tant de convoiter les plaisirs sensuels ou les avantages matériels ni même de vouloir enfermer ce cheminement dans l'identité d'une doctrine (encore que toutes tentations soient bien réelles), mais de manquer d'humilité et de vouloir conserver l'initiative et le pouvoir sur sa propre vie. Raison pour laquelle l'humilité est si souvent décrite comme la reine des vertus et une condition sine qua non de l'Amour spirituel (agapè). La médecine universelle de la vie spirituelle est alors de se rendre disponible avec une sincérité toujours renouvelée à la lumière de l'instant présent. 

Bibliographie 

Dom André Louf, Initiation à la vie spirituelle, Points sagesses, 2008

Larchet Jean-Claude, Thérapeutique des maladies spirituelles, Cerf, 2000.

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