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Démisogyniser la Bible 2

II. Les femmes de la Bible

 

  1. Dans l’AT, il est fait mention de femmes d’exception : Judith, Esther, Suzanne, Rébecca, Bethsabée (qui obtient la promotion de Salomon, 1R 1,11-40), même parfois lorsqu’elles sont étrangères (Rahab, Ruth ou Saba).
  2. La femme est liée à la thématique de l’alliance et de l’amour, le peuple d’Israel étant identifié à la figure féminine dont Dieu attend fidélité – attente parfois déçue, et parfois comblée (Es 62). Cette thématique trouve peut-être son expression poétique la plus accomplie dans un texte central : le Cantique des Cantiques.
  3. Les livres de Sagesse exaltent la figure féminine, malgré une misogynie populaire traditionnelle qui peut se lire dans le texte (Pr 21, 19 ; Si 25, 23). La féminité y apparaît dépositaire du secret de Dieu (Jb 28, 1-28), et ordonnatrice du monde (Sg 7, 21 ; Pr 8, 30).
  4. Dans le NT, le Sauveur est « né d’une femme » (Ga 4, 4), Marie théotokos, sujet majeur de nombreux débats concilaires.
  5. Par Marie, la femme tient un rôle privilégié dans la connaissance et la transmission du salut puisqu’elle est au pied de Jésus lors de sa crucifixion alors que les apôtres masculins sont… absents ! Voir Jn 19, 26. C’est au pied de la Croix que Jean est reçu pour fils de Marie qui est donc sa mère spirituelle. Elle est la Nouvelle Eve (et on peut l’entendre en hébreu, c’est-à-dire le nouveau « souffle de vie »).
  6. Les femmes tenaient de fait une importance majeure dans la première communauté chrétienne, dans l’entourage de Jésus et après sa mort dans la promotion de son message (Ev de Marie ; Lc 8, 2 ; Lc 10, 38-42 (Marthe et Marie); Lc 23, 27 (Passion); Jn 12, 3 (Onction de Béthanie) ; Mt 27, 19 (femme de Pilate) ; pour les débuts de l’Evangélisation : Ac 12, 12 ; Ac 16, 11-15 ; Ac 18, 2-18 confirmé par Rm 16, 3 ; 1Co 16, 19 ou 2 Tm 4, 19).
  7. A travers l’épisode de la femme adultère, il est clair que Jésus condamne la domination masculine qui s’exerce par la lapidation des femmes en fermant les yeux sur les fautes masculines (Jn 8, 1-11).
  8. Jésus transgresse les codes de la domination masculine des milieux juifs orthodoxes de son temps qui excluent les femmes du savoir : il va même jusqu’à recevoir des prostituées et les reçoit au même titre que les justes (Mt 21, 31).
  9. Les femmes ont le privilège d’être les premières témoins de la Résurrection (Mt 28, 1-9 ; Jn 20, 11-18).
  10. Pourtant le rôle des femmes ne se confond pas avec celui des hommes qui se réservent le titre d’apôtres. Faut-il voir dans la mention des deux troupeaux de Jn 9 (Jean étant « adopté » par Marie), une référence à cette division sexuelle de l’héritage de Jésus ? En effet la tradition paulinienne insiste sur la soumission de la femme à l’homme (1 Co7, 1 Co14 et surtout Col 3, 18), et malgré des nuances mineures qui évoquent la parité fondamentale de l’homme et de la femme au regard de Dieu (1 Co 11, 12) ou la féminité de tous dans l’Eglise (2 Co 11, 2), on peut y voir, contre le message de Jésus et celui de Jean, les principes d’une repatriarcalisation de l’Eglise qui, malgré les mouvements féministes du 20e siècle, n’a pas encore eu de fin…
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