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Amour

II y a au moins 3 bonnes raisons pour nous d'étudier cette notion : 

1. C'est un thème essentiel à la philosophie en tant qu'elle en est la sagesse, par opposition à l'amour fou. Du Banquet de Platon à l'Amour Intellectuel de Dieu chez Spinoza en passant par Augustin ("J"aimais aimer") et tant d'autres, toute l'histoire de la philosophie peut se concevoir comme quête d'une sagesse de l'Amour. Philosophie analytique exceptée - c'est entendu!

2. On peut également penser l'histoire mondiale comme une histoire de l'Amour et de son contraire, la violence. Pour l'Occident en particulier, dont la culture exalte Socrate et Jésus, le message d'Amour est omniprésent. Les crises sont des phases de déclin amoureux : 1054, schisme; 1095, première croisade; 1275 : l'Inquisition devient un tribunal permanent; 1555: fin des colloques de la réforme annonçant les guerres de religion catholiques-protestants. Ces événements mettent l'accent sur les contradiction du Christianisme, porteur du projet de civilisation de l'Occident depuis Constantin, sur la base d'un message d'Amour. "Qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est Amour" (I Jn, 4, 6). Et jusqu'au problème du Développement Durable dont "l'amour des générations futures" se donne, dans le rapport Brundtland, comme le moteur des réformes nécessaires.

3. Enfin, on peut dire que toute quête spirituelle est un effort pour devenir enfin capable d'aimer, de passer d'Eros (le désir possessif et passionnel) à Philia et Agapè (l'amour comme service). Et parce qu'aimer véritablement est exactement la même chose qu'apprendre à mourir dans la mesure où l'Amour universel passe par l'expérience du détachement. Ut mors fortis est dilectio. L'amour est fort comme la mort parce que la mort est l'ultime preuve de la pureté de l'amour.
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