Liberté

Définitions :
La liberté NATURELLE est le pouvoir de faire tout ce qui nous tente. 
La liberté CIVILE est le pouvoir de faire tout ce que les lois n'interdisent pas. Les lois limitent la liberté naturelle, mais pour mieux assurer la liberté civile (distinction empruntée à Montesquieu). 
La liberté d'ESPRIT est le pouvoir de remettre en question les lieux communs en vigueur dans une société, et d'oser envisager les choses autrement (Ex : Dadaisme). 
La liberté-INDEPENDANCE consiste à ne pas vivre sous le direction d'un tiers.  Ex: à 18 ans, on est juridiquement indépendant de ses parents. 
La liberté-AUTONOMIE consiste à se donner à soi-même sa propre loi. Ex : dans une République, le peuple se donne à lui-même une loi, directement ou par le biais de ses représentants. Voir Rousseau (et ses réserves sur la représentation politique). 
La liberté de CONSCIENCE est une liberté garantie pour chacun par les états libéraux (depuis J Locke) de pouvoir suivre la religion de son choix, ou de n'en suivre aucune (ce que Locke n'envisageait toutefois pas possible!)
La liberté SPIRITUELLE est, en un premier sens, le pouvoir de remettre en cause l'autorité des normes d'une société pour oser penser et vivre en accord avec sa conscience comprise comme une loi supérieure aux lois positives de la cité (Ex : Socrate, Diogène). 
En un deuxième sens, la liberté spirituelle est le pouvoir de se libérer, partiellement ou totalement, des lois même de la Nature (et non plus seulement celles de la société) qui conditionnent l'existence humaine. Ex : dans le bouddhisme, la recherche de Moksha-libération consiste à éradiquer le désir naturel de l'humain, cause de la souffrance, pour accéder à un état de conscience inconditionné appelé Nirvana= extinction du désir. 

Dans la Critique de la Raison Pure et La Critique de la Raison Pratique, Kant a clairement exposé le problème : Dans la Nature, rien n'advient qui ne soit l'effet d'une cause antérieure (c'est le principe du déterminisme) et si nous n'étions que des êtres de la nature, il faudrait comme pour tout être de la Nature que tout ce qui advient en nous soit l'effet d'une cause antérieure. On en déduirait que nous sommes toujours conditionnés, i.e. que nous ne sommes proprement jamais la cause véritable de ce que nous voulons, ou encore que la liberté - c'est-à-dire un pouvoir de pure autodétermination - n'existe pas; 
Or la morale, et la justice des tribunaux supposent toujours que nous pouvons lutter contre nos impulsions naturelles, c'est-à-dire qu'il y a en nous un pouvoir de suspendre le déterminisme naturelle. Le problème est posé : liberté contre déterminisme. 
Après avoir cité Kant, la référence à Spinoza est courante dans les manuels de philosophie : dans l'Ethique, Spinoza considère le libre-arbitre comme une illusion consistant dans l'ignorance des causes qui nous déterminent à agir. 
Comments