Philosophie du Jeûne (1)

Philosophie du Jeûne

Clés pratiques pour se nourrir à la Source


 

 

 

« Lorsqu’il voit que son bonheur est limité et qu’il existe un bonheur plus vaste, l’homme avisé renonce à ce bonheur limité pour un bonheur plus vaste », verset 290, Dhammapada.

 

 

Tu penses avoir tout essayé. As-tu essayé de ne rien faire ? En arrêtant de faire, tu commences à vivre et sentir, à être et penser autrement. Tu apprends par tout ce qui te manque. Tu apprends ce qu’il te reste quand il ne reste rien, que ton désir est infini, et que seul l’Infini peut combler ton désir infini.

 

 

Les informations contenues dans cet ouvrage sont la synthèse de connaissances philosophiques ou scientifiques diverses, et d’une expérience personnelle. Elles ne prétendent pas à l’exhaustivité et n’engagent que l’opinion de leur auteur sans tenir lieu de consultation médicale. L’auteur n’est donc pas responsable de l’utilisation qui pourrait en être faite. 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

A tous les esprits libres, expérimentateurs de la connaissance


 

I.       Introduction : le retour au jeûne comme expérience (de pensée) 7

II.     Qu’est-ce que le jeûne ? 17

III.         Pourquoi jeûner ? 30

A.     Des raisons de jeûner et de la possibilité de vivre-ensemble. 31

B.      S’interroger sur les raisons de jeûner pour mieux réussir son jeûne  34

C.     Pourquoi jeûnons-nous ? 40

Détoxiner, dissoudre les mucosités 41

Nourrir la vie. 42

Se libérer 43

Mise en garde contre le Jeune. 45

IV.         Comment jeûner avec joie (sans se torturer) ? 47

D.     Liste de conseils de régime préparatoire ou Descente alimentaire (pour alléger/supprimer la crise d’acidose de la première phase du jeûne). 47

Dans les mois, les semaines ou les jours qui précèdent le jeûne. 47

Jeûne volontaire et jeûne conscient 52

Question de quantités 54

Faim vraie et fringale. 55

E.      Comment gérer la Crise d’Acidose ? 57

F.      L’ordre diététique ou la hiérarchie des jeûnes partiels et régimes de transition  59

Régime omnivore. 60

Régime omnivore bio. 61

Régime polo-végétarien. 61

Régime pesco-ovo-lacto-végétarien. 61

Régime flexitarien. 61

Régime végétarien-céréalien. 61

Régime céréalien crudivore, ou régime essénien. 62

Régime Bouddhique. 63

Régime végétalien. 64

Régime crudivore. 64

Régime frugivore. 65

Raw-food ou Alimentation brute. 65

Régime liquidarien. 66

Régime inédien. 66

Régime isétien. 66

Risques 67

G.     Le Jeûne liquidarien. 68

Usage thérapeutique. 68

En mode pranique. 69

Précautions et Mode d’Emploi des Jus et bouillons 69

H.          Le Jeûne de silence. 74

I.       Note importante sur les régimes de transition : une méthode mais pas de protocole  75

J.      Les techniques de détoxination rapide. 76

Stimuler préalablement les émonctoires 76

La détoxination du Foie et de la VB (dite Cure Moritz). 77

Jus détoxinant 78

K.     La diététique consciente. 78

L.      Exercices auxiliaires 80

Exercices physiques 80

Méditation pranique des 4 Corps 81

V.     Comment rompre le jeûne ? 83

VI.         Comment mesurer les effets du jeûne ? 86

VII.        Objections et contre-indications au jeûne ? 88

VIII.      La diète éthique ou la diététique antispéciste. 93

IX.         Jeûne et liberté. 98

X.      La nourriture suressentielle. 99

A.     dans le Notre Père. 99

B.      dans le livre de l’Exode. 102

XI.         Le jeûne en Chine. 104

XII.        Méditation sur la Providence dans le processus de guérison. 107

XIII.       Les 7 principes d’Elitom Ben Israel et l’Amour 123

C.     S’ouvrir à des possibilités nouvelles 124

D.     Apprendre à dire Non : 124

E.      Prendre soin de son corps 125

F.      Avoir une discipline sexuelle. 125

G.     Avoir une discipline alimentaire. 126

H.          Avoir une discipline intellectuelle. 127

I.       Méditer 127

J.      L’Amour 128

XIV.       Conclusion : Méditation ouverte sur l’Avenir 129

XV.        Petit Lexique bioéthique des procédés du jeûne et des comportements alimentaires à l’usage des néo-diététiciens 132


 

                                                                                              I.                Introduction

Le retour au jeûne comme expérience (de pensée)

Le besoin de savoir ce qu’on mange ou comment se nourrir- ce que j’appelle simplement diététique consciente - et les expériences intenses du jeûne sont pour beaucoup d’entre nous le moyen de changer de vie, de franchir des caps, d’explorer des états de conscience et de plus hauts niveaux de santé. Depuis Descartes et après trois siècles d’idéologie du « progrès », l’expérience des jeûneurs est devenue trop singulière pour avoir valeur d’exemple aux yeux d’une science officielle qui, trop sûre d’elle-même, s’entête à en ignorer les témoignages multipliés et s’enlise dans ses dissonances cognitives. Mais nous pouvons faire un pas de côté et en terrain vierge, consigner sereinement de nouvelles réflexions. Longue est la science, et la vie est brève : je souhaite que chacun puisse profiter des remarques et observations consignées ici, tirer profit de quelques raccourcis profitables, non par misologie mais bien plutôt par amour d’une autre idée de la science : une science qui saura résister à la dogmatisation et garder la souplesse d’intégrer dans ses débats les expériences les plus contraires aux théories établies. Puissions-nous garder vivante l’idée que d’autres chemins sont toujours possibles ! Un propos résumera notre perspective : « N’admets aucun maître. Ne mets aucune tête au-dessus de ta tête et ne tiens pour vrai que ce que tu as personnellement vérifié ». Peu importe qu’il soit de Bouddha, et l’on peut citer aussi un Docteur de l’Université : pour Michael Werner, « jeûner, ce n’est pas seulement arrêter de manger, mais commencer à penser autrement ». Puissions-nous suggérer quelques pistes inattendues et stimuler une curiosité d’expériences nouvelles.

Un livre de philosophie n’a pas à délivrer une somme de recettes : il ne garantit pas un succès automatique, mais ouvre d’abord des pistes de questions à expérimenter, il formule des problèmes et si c’est un livre de philosophie au sens fort ou au sens grec du terme, il invite d’abord à faire une expérience, à goûter un régime de connaissance et d’existence. Sapere en latin, ne signifie-t-il pas à la fois savoir et  goûter ? Nous marchons dans les pas de Marc Aurèle ou du Bergson tardif des Deux Sources de la Morale : « Comment pourrait-on ne pas voir que s’il y a effectivement un problème de l’âme, c’est en terme d’expérience qu’il devra être posé, en terme d’expérience qu’il sera progressivement, et toujours partiellement résolu ? » (p.1199, éd. du Centenaire). Précisons bien sûr que ce « problème de l’âme » est inséparable de celui de son rapport au corps. Et le jeûne est, avec les techniques du souffle et de l’énergie, l’une des expériences majeures, en tous cas constamment rappelée par les traditions spirituelles, et qui permettent d’explorer des états de conscience expansée ou de renaître à une vie plus haute.

Mais prenons garde de ne pas figer cette philosophie du jeûne dans une doctrine trop figée, ou trop sûre d’elle-même. Je me contenterai de poser des hypothèses déduites d’observations provisoires et de formuler des définitions ou des distinctions de notions sans chercher à les ramener à un système complet, solide et définitif. La vérité est pour moi aussi « un pays sans chemin ».

Il y a bien des principes, et j’essaierai de les clarifier au maximum, mais ce sont simplement des principes régulateurs, non des règlements ou des dogmes. Ils ne règlent ni ne régentent mais tenter de réguler, puisqu’il arrivera parfois, en pratique, que le principe contraire à l’un des principes défendus s’avère aussi finalement d’une pertinence inattendue. Il faut donc savoir écouter et le jeûne est un apprentissage de l’écoute. Aussi renoncerai-je par avance à toute prétention d’exhaustivité, convaincu finalement qu’aucune théorie ne puisse réussir jamais à subsumer la totalité de l’expérience humaine, fut-ce dans un domaine volontairement circonscrit et restreint. Laissons aux scientifiques les théories systématisantes : elles n’ont de validité qu’à l’intérieur de conditions qui sont tellement restreintes que leur prétention à valoir en pratique clinique pour un individu lambda est comme nulle ; leur consistance théorique est séduisante, mais leur pertinence pratique est réduite parce qu’elle est fondée, explique encore Bergson, sur des généralités statistiques, sur une mathématique abstraite coupée de la vie, ensuite parce que, rajouterai-je avec Canguilhem, ces généralités sont tirées d’observations faites sur des populations malades analysées par des scientifiques dont les projections psychologiques (leurs croyances sur ce que doit être la santé) influencent et déforment les normes produites : de l’observation des seuls malades, et de tant de projections inconscientes, comment pourrait-on tirer la définition d’une juste norme de la santé ! Revenir au jeûne comme à une expérience de vie et de pensée, c’est tenir ce que la science officielle en dit à distance.

Orientons-nous plutôt sur le sens que les philosophes grecs donnaient à la diététique : diaitè, c’est-à-dire un régime d’existence, un art de vivre, une manière de se conduire. Plus qu’une préoccupation de santé, de calcul de calories, de composition biochimique ou d’effets physiologiques, la préoccupation philosophique du jeûne est celle où l’aliment devient un instrument de libération et sa place y est essentiellement définie par des pensées et des intentions directrices.

Par libération, j’entends la puissance de vivre activement ou d’inventer la vie, détachée de la pression des appétits automatiques que subit le consommateur ordinaire, mangeant encore trois fois par jour, croyant voir dans cette habitude pourtant construite une évidence biologique, une nécessité naturelle, et trouver dans leur satisfaction un couronnement à son bonheur. Cette libération est progressive, avant d’être, pour ceux qui n’ont plus besoin de nourriture solide, totale et définitive. C’est pourquoi l’aliment est plus qu’un outil, c’est-à-dire quelque chose qu’on utilise pour satisfaire un désir, mais un instrument, au sens fort et propre du terme, puisque le questionnement auquel nous oblige le jeûne nous instruit de nos désirs et des moyens de les déprogrammer, de nous en libérer toujours davantage.

Je propose le terme de diététique active, en reprenant et en poussant, sur cette question du jeûne à laquelle il avait consacré trop peu de temps, une distinction majeure forgée par Nietzsche : celle de l’actif et du réactif. Pour le dire autrement : la diététique active se démarque de la plupart des diététiques en vogue, qui sont des régimes réactifs. Explication :

Appelons actif dans nos dispositions, ce qui est plastique, créateur, permet à l’énergie de vie de se différencier en inventant des formes, organise la matière, la pensée, les perceptions… On entend ici l’écho des notions bergsoniennes de vie, d’énergie, de création : la vie est le déploiement d’une énergie qui explore ou invente continuellement de nouvelles formes, recombine la matière, la spiritualise à l’occasion, l’enlumine si l’on veut. Une vie philosophique, ou tout simplement une vie « bonne », réussie, est une vie qui soutient joyeusement cet « élan vital » qui transfigure notre incarnation, qui spiritualise la matière pour encourager la création libre de nouvelles formes de vie.

Une diététique active est donc un ensemble de stratégies aussi conscientes que possible, toujours hautement individualisées, susceptibles d’éclairer ce voyage en terre inconnue, de le stimuler, de lui dire « oui ».

Par opposition, j’appelle réactive toute diététique qui dit un « non », veut lutter contre une maladie et entretient une sorte de ressentiment contre la vie et lui reproche ses erreurs qu’on appelle couramment maladies. Une diététique active fera bien plus et bien mieux que de combattre des maladies. Elle ne perdra pas son énergie à se battre, elle encouragera la vie.

J’appelle également réactive, la diététique qui fait dépendre notre salut de l’extériorité. Par exemple, le principe selon lequel « manger de la nourriture solide est un besoin vital, un besoin dont la privation engendrerait nécessairement la mort » est un bon exemple de ce type de principe réactif – penser ainsi, c’est penser à partir de ses manques ou de sa peur de manquer. Les philosophes stoïciens ont bien souligné à quel point il est risqué, et donc finalement peu sage, de faire dépendre son bonheur des conditions extérieures et à quel point il est important pour construire une citadelle de disposer entièrement de la maîtrise de ses désirs : voilà à quel entrainement philosophique, à quel exercice spirituel la diététique peut nous servir. La question est donc : en exerçant la vertu stoïcienne de tempérance ou modération, jusqu’où pouvons-nous aller dans la simplification de notre alimentation pour encourager la vie et la vitalité ?

Mais le principe selon lequel ne plus manger du tout est une libération pourrait s’avérer tout aussi réactif, dans certaines conditions. Le cas Jasmuheen l’a montré : on peut jouer avec un détachement dangereux, secrètement suicidaire qui procède - Jasmuheen a également employé ce mot – d’un ressentiment contre la vie. Il faut donc absolument apprendre à se connaître, c’est-à-dire à identifier si nous pensons à partir du manque ou de l’abondance, à partir d’un « non » ou à partir d’un « oui ». La définition de régimes alimentaires ne suffit pas : il faudra questionner les intentions qui les motivent. Voilà à quel sublime but philosophique le jeûne peut nous servir.

La distinction des diététiques actives et réactives pose la question du sens même de la diététique et du régime de vie que nous choisissons : elle interroge la pensée qui nous pousse à manger ou jeûner. Rien n’est plus important et plus puissant que cette pensée. Toute la diététique tient à cette pensée : car c’est elle qui selon mes observations, produit ses effets, sans doute bien plus profondément que les aliments eux-mêmes. Pourquoi choisissons-nous de nous nourrir de telle manière plutôt qu’autrement ? Comme le dit Nietzsche, toute pensée réactive est une pensée malade : elle tente (mais toujours en vain) de se prémunir contre la pression du monde extérieur ; dans le meilleur des cas, elle pense en terme « d’adaptation » ou de « lutte pour la vie » (Darwin) : elle n’en est pas pour autant active, parce qu’elle est convaincue de la valeur première des données objectives. Il serait judicieux, si nous en trouvons en nous l’énergie, de réveiller les forces plastiques capables d’engendrer un style de vie actif, artiste, c’est-à-dire un style de vie convaincu plutôt de la valeur première de l’énergie créatrice qui croît et pulse en nous.

Le diététicien est donc une sorte de hacker, un pirate informatique. Mais sans recherche de « toute-puissance » à l’égard des conditionnements de la biologie, avec beaucoup d’humilité, car on n’y réussit pas en bravant la Nature. Il veut plutôt retrouver le plaisir émerveillé d’explorer les possibilités infinies de la vie en redisant humblement avec Spinoza que « nous ne savons pas ce que peut un corps ». Mais nous pouvons l’explorer, et cette exploration est fait plus que découvrir : elle déprogramme, modifie cela même que la science tenait pour des faits ou des vérités scientifiques. Ce que peut un corps, ni les diététiciens ni les médecins ne le savent, et si la diététique active ne le sait pas davantage, elle sait cependant que son ignorance est féconde et que la fraîcheur ou la virginité du regard laisse à la vie tout loisir de faire son œuvre créatrice.

Le jeûne de bien-être (pour perdre du poids) ou le jeûne médical (pour guérir tels symptômes) ne font pas encore un jeûne philosophique dans lequel l’essentiel est une interrogation sur les motivations dans lesquelles nous enracinons nos choix de vie. Le jeûne philosophique est un jeûne conscient, un jeûne qui procède d’un exercice la conscience - la conscience renvoyant donc à l’outil principal, au cœur de sa méthode, au moyen essentiel de cette diététique (à la différence de la diététique scientifique qui se sert essentiellement de la raison scientifique, c’est-à-dire du calcul chiffré, etc.) pour formuler ou réfléchir les motivations du jeûneur dans un dialogue vivant avec les réponses de son corps. Je propose les termes : diététique active, diététique consciente - pour souligner l’importance de ce dialogue, de cet effort de verbalisation, de ces raisons, des buts, des finalités de la diététique. Je sais que je m’expose à la critique d’une approche et d’une pratique trop ascétique et intellectualiste du jeûne, mais je reste cependant convaincu que les différentes pratiques du jeûne sont loin d’être toutes aussi efficaces et profondes les unes que les autres. Quand je dis « profondes », je veux dire : capables, non pas seulement d’exposer des raisons, mais d’étancher notre inextinguible soif de sens, de nous aider à croître, à produire des fruits et en un mot, pour parler encore comme Nietzsche, « à dire Oui à la vie ».

Par conscience, je n’entends pas seulement un certain pouvoir de se représenter les choses (par exemple : se représenter ce que c’est que manger des aliments chimiqués ou naturels, etc.) mais aussi et plus profondément : la puissance de se tenir dans une certaine présence à nos actes et nos paroles, par laquelle nos automatismes sont comme mis à distance et nos vieilles habitudes neutralisées. Etre conscient, c’est être conscient d’être, avec une certaine intensité d’être.

Etre conscient nous dispense même de faire. Et tel est le dernier paradoxe que nous soulèverons pour clore cette définition : la diététique active est d’autant plus active qu’elle ne fait rien. Etonamment, actif s’oppose à volontaire, ou volontariste. La diététique active se fonde sur le principe d’homéostasie - bien connu, y compris des dictionnaires de médecine, même si les médecins le transgressent quotidiennement par leur volontarisme technicien. Qu’est-ce que l’homéostasie ? C’est l’idée que tout système vivant revient spontanément à son état d’équilibre quand il est rendu à lui-même, en l’absence de perturbations ou interventions extérieures.

Comprenons bien que la volonté de nous soigner, quelle que soit le matériau utilisé, est une forme d’interventionnisme ; dans la perspective de la diététique active, c’est une attitude contre-productive. S’il faut se faire une idée précise du but vers lequel nous évoluons, il est donc important de ne pas trop le vouloir, c’est-à-dire de faire attention et de renoncer aussi consciemment que possible au choix de méthodes volontaires qu’on appelle « régimes ». Il est possible que ces volontés soient les bonnes intentions dont l’Enfer diététique est pavé ! Piège de l’orthorexie qui commence peut-être plutôt qu’on ne croit : même la meilleure des plus petites intentions prend encore le risque de faire obstruction et de freiner le processus de régulation spontané. Le jeûne philosophique procède d’un désir de laisser faire, naturellement, de laisser être, d’accompagner en conscience, d’écouter au lieu de faire, justement pour laisser la Nature corriger elle-même les perturbations que nous y avions introduites.

La clé de cette méthode est la conscience, non un protocole intégralement rationnel, ou un programme ou système de soins) : c’est une autre manière de vivre – dans laquelle la vie se perçoit et se dirige elle-même. L’état de notre système nerveux, qui est comme l’antenne parabolique de la conscience, y joue un rôle capital. La Santé ne dépend pas seulement de quelques règles diététiques, mais d’un certain état de ce système nerveux qui dépend à son tour d’une manière de vivre où la vertu du repos attentif tient une place essentielle. C’est pourquoi je recommande de faire du jeûne l’occasion d’un jeûne professionnel, électronique, sexuel, etc. et même d’un jeûne de silence : il s’agit de libérer toutes les énergies que nous aliénons habituellement dans de multiples activités, pour les rendre enfin disponibles au processus d’autoréparation. Ne rien faire, pour laisser l’intelligence de la vie faire ce qu’elle est programmée pour faire, et qu’elle fera mieux que nos discutables  initiatives car la Vie sait, et lorsqu’elle n’en est pas empêchée par des perturbations extérieures (erreurs diététiques, erreurs d’hygiène de vie, traitements médicaux intrusifs, pollutions environnementales, etc.), elle revient spontanément à son état d’équilibre, adapte son élan, se transforme sans effort. Ce savoir efficace de la Nature en nous est ce que les Hygiénistes en Occident, ou les Taoïstes en Extrême-Orient ont en commun de considérer comme l’état naturel de santé de tout ce qui vit – que les premiers ont pensé sous la notion d’Homéostasie, et les seconds sous celle d’Harmonie, , he. Wu wei, er wu bu wei, 无为而无不为, disait Laozi : « Ne rien faire, et il n’y rien qui ne soit (par)fait ». 

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