Pranasophie, jeûne et véganisme

Mon cheminement diététique (et philosophique)

Je suis entré en diététique dans les années 90, à la suite d'ennuis de santé digestifs et articulaires. Il n'était pas normal d'avoir de l'arthrose à 20 ans et je ne me résignais pas au diagnostic fataliste et encore moins  aux anti inflammatoires des médecins. J'ai rapidement découvert les monodiètes et la macrobiotique avec René Lévy ; les tissus se sont régénérés et je ne souffrais plus d'aucun problème dès les années 1995/1996. 
A cette époque, je commençais des études de MTC et découvrais l'importance des céréales complètes - ce qui me confirmait d'abord dans le choix que j'avais fait. 
A tort sans doute, car j'eus finalement le sentiment de stagner  : au bout d'une dizaine d'années, malgré une excellente forme physique, je sentais confusément que quelque chose devait changer. 
J'expérimentais les jeûnes plus régulièrement au début des années 2000 et mon niveau de santé monta encore. J'étais alors flexitarien car je consommais occasionnellement de la viande. J'avais éliminé les produits laitiers, mais il m'arrivait encore parfois de manger du fromage ou des patisseries qui en contenaient. De plus en plus rarement. 
J'ai basculé vers un végétarisme plus strict en 2012, puis assez rapidement vers le végétalisme et de là, pour des raisons morales, parce que j'admire la non-violence, vers le véganisme en 2013. Tout s'est accéléré cette année là avec la découverte du Solarisme (Sungazing) qui a modifié mon rapport à la nourriture physique. Mon appétit diminua alors assez nettement et je supprimai à peu près complètement toutes céréales. Dans la foulée, j'ai découvert le pranivorisme et j'ai tout de suite eu le sentiment que c'était une possibilité qui me concernait. 
Je devins alors en 2015 végétalien crudivore non céréalien, bref crudivégane strict. Je perdis 3 ou 4 kilos d'enveloppe graisseuse (mais pas de muscle, au contraire) et ma tonicité augmentait. Mon humeur devenait plus stable, ma créativité plus joyeuse. Le besoin de sommeil nettement diminué. Mes rêves plus conscients, plus clairs. Beaucoup de désirs ou de questions inutiles me quittaient et ma vie se simplifiait de l'intérieur. 
Au 1er janvier 2016, je tentais des avancées liquidariennes sur une semaine ou parfois moins : instable. Mon régime se stabilisait plutôt à un repas par jour : 500g environ de nourriture végétale crue - ce qui me permettait, sans soif donc sans effort, d'arrêter de boire. Quelques tentations vers le cuit, mais de plus en plus rares (je remarque que manger cuit donne soif). Je jeûnais plus régulièrement et enchainais un Processus de 21 jours en Aout avec Domenico P. 
Malgré les retours de manivelles qui m'attendaient à la fin du Processus (15 jours de boulimisation), je repris le chemin, et la paix retrouvée, j'alterne à nouveau fin 2016 début 2017 des journées ou des semaines liquidariennes avec des prises alimentaires équivalant d'un à trois repas par semaine pour moins d'un kg de fruits et légumes crus par prise alimentaire (env. 3000 cal max/semaine, sans aucune boisson ou sans autre boisson qu'un doigt de café par jour pour divertir ma gourmandise). La faim a quasiment disparu, mais il arrive que des mémoires gourmandes se manifestent et je les accueille sans culpabilité - notamment lors des réunions en famille ou entre amis. 
Je gère l'évolution de ce mode alimentaire avec le plus de douceur et de conscience possible selon la formule donnée par Socrate (qu'on trouve chez Xénophon) : "Que l'appétit soit ton meilleur assaisonnement". Sans être pranique au sens strict du terme (au sens où l'est par exemple Alyna Rouelle que j'ai rencontrée en Octobre 2016 et dont j'épouse les conseils), je suis un "jeûneur intermittent perpétuel" à tendance isétienne (isétie mineure) et j'y trouve une grande joie et liberté. Je touche enfin à ce qui fut pour moi depuis toujours le sens et le fonds de la vie philosophique (même si ce que j'enseigne au lycée ou à Sciences Po est pour des raisons institutionnelles un tout petit peu différent) : la simplicité.  
Diététique signifie bien plus qu'un mode alimentaire. Ce terme vient d'un mot - diaitè - qui en Grèce ancienne désignait un régime d'existence. Pour moi, il est évident que, selon l'inspiration de la sagesse orphique (précurseure du véganisme en Méditerranée, à côté du pythagorisme), il évoque le régime d'existence philosophique, c'est-à-dire une jouissance de la liberté par un certain exercice/ascèse du corps. Cette diététique est le savoir qui donne à la vie sa saveur. La saveur particulière de cette manière de vivre est le savoir que promet la vie philosophique. En latin, ce n'est pas un hasard si c'est le même mot, sapere, qui signifie savoir et saveur. 
C'est un chemin de vie possible. C'est le mien. Je ne cherche à convertir personne, même si j'espère que la question de la non-violence/bienveillance que j'évoque régulièrement puisse trouver le chemin des coeurs. Je suis le simple témoin d'une méthode possible et qu'il ne s'agit pas d'imiter, l'essentiel n'étant pas de mettre en valeur une méthode qui peut manifestement servir l'ostentation, mais d'indiquer un but, la vie conforme à la Nature ou l'exercice de la vertu qui consiste simplement à vivre cet accord, la vie heureuse qui est en même temps une vie bienveillante.

Liens vidéos du même auteur sur ce sujet : 
Jeûne pranique, retour d'expérience : https://www.youtube.com/watch?v=048MiXrmaUA&t=468s
Qu'est-ce que le jeûne pranique? https://www.youtube.com/watch?v=1CFYJXlgO-A&t=24s
Nourriture pranique et mystification : https://www.youtube.com/watch?v=KlZX7ZkobGU&t=205s
Nourriture pranique, affichage de niveaux : https://www.youtube.com/watch?v=Kf3VSC032r8&t=170s
Nourriture pranique, un décès : https://www.youtube.com/watch?v=OjdJicZQt4w&t=40s
De quoi se nourrit-on quand on cesse de manger, https://www.youtube.com/watch?v=Kn1t9vExXz0