Théologie écologique

Théologie écologique

L'Ecologie est l'étude de la Nature prise comme un Tout dont les éléments sont interdépendants. L'une des tâches des théologiens actuels du Christianisme est de critiquer et de repenser la vision chrétienne de la place de l'Homme dans la Nature et sa responsabilité envers la Création. Cette tâche s'ordonne, si l'on veut, autour de 4 thèmes :

1. la domination de l'Homme sur la Nature (selon Gn I, 28): cette domination ne doit-elle pas être autre chose qu'une exploitation, finalement autoritaire et défavorable? La Bible ne semble jamais dire que la Création existe pour que l'Humanité puisse en disposer à sa fantaisie.

2.La Communauté de la Création: si les hommes sont au-dessus des autres êtres vivants, ils doivent partager la Terre avec les êtres dont ils ont la responsabilité. L'administration ou l'intendance de la Terre est limitée par cette exigence de cohabitation (Ex XXIII, 11; Lv XXV, 2-7; Mt VI, 25).

3. La Création est une réalité théocentrique : elle n'est pas destinée à satisfaire les appétits humains, mais à glorifier Dieu. Louange, adoration, célébration : telle est la fin de la Création (Ps 148; Ap V, 13).

4. Sur le plan sotériologique, toute la Création est promise au Salut, et non pas seulement l'Homme. L'espérance du Salut s'étend à toute la Création.

D'après ces idées, on voit que le projet d'une maîtrise scientifique et technique de la Nature n'a pas de racine directe ou profonde dans le texte biblique, même si F. Bacon (1561-1626) a pensé reconnaître dans la Genèse le projet d'une soumission de la Nature aux besoins de l'Homme. Le Moyen-Age chrétien présentait une version de la sagesse chrétienne très différente de celle de F. Bacon : dans le Cantique des Créatures, Saint François d'Assise dépeint l'harmonie de la Nature avec l'Homme. Plus tard, le XVIIe siècle anglais proposait la conception d'un homme intendant de la Nature - thèse qui a ses continuateurs dans le monde moderne (Wilkinson, Earthkeeping, 1980). D'autres enfin ont soutenu l'idée que l'Homme est le prêtre de la Création consacrant la Terre à la Gloire de Dieu (Gunton, Christ and Creation, 1992), ou enfin le serviteur de la Création, qui doit la délivrer de son oppression par l'Homme (Linzey, Animal Theology, 1994).

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