Schopenhauer et la mort

SCHOPENHAUER

« Nous sommes éternels... »

 

·       La question de la mort est la question philosophique par excellence. §1 . 

·       Pourquoi craignons-nous la mort?

1.     Parce que nous sommes des êtres pourvus de conscience. L’homme est cet animal pour qui la mort fait problème - précisément parce qu’il a cette originalité d’être pourvu d’une conscience. Etre conscient, c’est être conscient de sa mort. Cette conscience est le propre de l’homme. L’animal n’a que le pressentiment de sa mort. L’animal périt, seul l’homme meurt.

2.     Parce que notre être consiste dans le vouloir-vivre: nous sommes habités par un instinct qui nous pousse à conserver notre existence. Mieux , nous sommes cet instinct. Le vouloir-vivre est l’essence de toute chose: il est fuga mortis . Cette aversion de la mort est inscrite dans notre être. Elle est irrationnelle.

·       Avons-nous raison de craindre la mort?

Non. Cette peur est instinctive, irrationnelle. Elle contredit la connaissance. La connaissance nous enseigne que la vie est une erreur, que nous aurions mieux fait de ne pas exister.

Schopenhauer est pessimiste: la vie oscille sans fin entre la douleur et l’ennui. Car la vie est le vouloir-vivre: lorsque rien ne s’oppose à la satisfaction du vouloir-vivre, c’est l’ennui. Et lorsque quelquechose s’y oppose, c’est une souffrance.

·       Pourquoi n’avons-nous pas à craindre la mort?

Parce que la mort n’atteint pas notre être réel, c’est-à-dire le vouloir-vivre qui est indestructible et la matière qui en est l’expression ou l’objectivation. Elle n’atteint que notre corps , c’est-à-dire la forme que compose la matière et notre intellect - ou ce que nous appelons notre conscience - et qui est pour Schopenhauer, un épiphénomène du corps.

1.     Distinction entre le vouloir-vivre, la matière, le corps et l’intellect.

2.     Distinction entre l’être et l’apparence.

Chaque phénomène pris isolément est l’oeuvre d’une force universelle qui opère en mille phénomènes semblables. Nous n’avons pas de raison de prendre l’arrêt de la vie pour l’anéantissement  du principe vital. En réalité, le vouloir-vivre continue sa course. Il se perpétue éternellement. La matière est éternelle, comme le vouloir-vivre qu’elle exprime. Seule est périssable la forme corporelle dans laquelle le vouloir-vivre s’exprimait. La matière et les forces de la nature sont impérissables. L’énergie vitale n’est pas touchée par le changement des formes et des états. §13 : «  A ce titre donc, l’éternité de notre être pourrait déjà se démontrer avec certitude « . Nous subsistons avec le tout de la nature.

Schopenhauer modère l’aspect consolateur de sa Métaphysique de la mort:  Cette éternité, cette immortalité promise par le philosophe, n’a rien à voir avec une survie individuelle: l’intellect est détruit avec le corps.

·       Comment l’ensemble de la nature se comporte-t-elle à l’égard de la mort?

Elle la considère comme une plaisanterie. Car la mort ne peut atteindre le vouloir-vivre, ni même la matière dans laquelle il s’objective, mais seulement la forme dans laquelle cette matière s’agrège, et que nous appelons notre corps.

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