Perspectivisme : théorie de la connaissance

Le perspectivisme, c'est l'idée que ce que nous comprenons des choses ou des autres est essentiellement conditionné par la complexion de notre système cognitif (5 sens, système neurologique, etc.)d'une part, et les attentes ou les projections qui motivent notre désir de connaître d'autre part. 
Il implique que toute connaissance empirique ou rationnelle est matricielle (et qu'elle ne saisit donc pas les choses mêmes, dans leur essence), qu'elle n'est qu'une construction arbitraire - même si cette illusion peut avoir l'avantage d'être créatrice de sens pour les sujets qui la partagent, ouavoir une certaine efficacité pratique pour la maîtrise du réel. 
Connaître, c'est interpréter. 
Cela, c'est la définition du perspectivisme qu'on peut tirer de la lecture de Nietzsche (Fragments Posthumes). 
On peut y ajouter l'idée que ces effets de perspective - cette interprétation - n'est pas seulement la réception et le traitement d'un ensemble d'informations, mais qu'elle est elle-même une information qui modèle le réel lui-même. Bref, en interprétant le réel, le sujet ne change pas seulement la connaissance qu'il a du réel, mais le 20e siècle et le 21e siècle ont montré qu'il modifie aussi le réel lui-même. 
Du moins, un certain nombre d'informations tendent à le montrer : 
1. En physique, l'expérience des Fentes de Young ou l'on observe que la lumière modifie son comportement, ondulatoire dans un cas, corpusculaire dans l'autre, en fonction de l'intervention de l'observateur. L'acte de connaître modifie l'objet connu. 
2. En éthologie, on observe des chiens qui boitent sans raison physiologique après avoir passé une demi-journée à observer des chevaux boiteux, et se remettre à marcher normalement aussitôt après qu'on les a examiné ces chiens et qu'on leur a expliqué qu'il n'ont pas de raison de boiter! 
Je pense au chat d'Alyna Rouelle devenu pranique à son contact, et aux chiens qu'Olga Podorovskaya a converti au même comportement par une pédagogie et une démarche similaires. 

Le perspectivisme est finalement un autre nom (une explication) du Jeu de Maya. On ne peut sortir de ce jeu d'illusion par la connaissance scientifique, puisque les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.
Le perspectivisme a d'abord l'avantage de nous mettre en garde contre la fausse évidence de toute connaissance, fut-elle largement partagée ou scientifiquement démontrée. 

Cette réflexion sur le perspectivisme devait me mener dans les années 2010 à mes premières recherches et expériences sur le yoga du Rêve. 

Par ailleurs, le perspectivisme laisse ouverte la possibilité d'une connaissance inconditionnée d'un absolu, par l'intuition, mais silencieuse, car dès qu'on voudrait la dire, cette connaissance devrait s'exprimer par les moyens limités d'un langage. Le plus que puisse faire un langage, ce n'est pas de la dire, c'est de l'évoquer : et c'est la fonction de l'art en général pensé sur le concept de l'icône (qu'on peut définir comme la représentation limitée d'un illimité, une fenêtre ouverte sur l'infini).

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