La conscience diététique et ses raisons

La conscience diététique et ses raisons

1.Des raisons médicales stricto sensu : on comprend aisément que la Diététique puisse être efficace dans le traitement et la prévention de troubles physiques tels que les maladies cardio-vasculaires, l’hypertension artérielle, l’hyperlipidémie, etc. Mais on se doute moins que la Diététique soit aussi une psychologie et qu’elle traite un grand nombre de troubles psychiques.

a.En effet, à lire de près la description des fruits et des légumes dans la théorie des Aliments de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), on observera qu’un grand nombre d’entre eux ont un tropisme Cœur et que, le Cœur étant le Logis de l’esprit, ils ont souvent pour action de le « calmer » ; les viandes rouges échauffent le sang qui est « le véhicule de l’esprit ». Ces deux remarques peuvent-elles faire comprendre qu’une alimentation pauvre en viandes et riche en fruits et légumes a une action rafraîchissante, apaisante pour l'esprit.

b.Certains aliments, tels que la Menthe Poivrée, ont pour effet « d’ouvrir les orifices » de l’esprit, c’est-à-dire d’aiguiser les sens et d’enraciner l’individu dans le réel – ce qui peut être utile pour le traitement des tendances psychotiques.

c.On ne dit peut-être pas assez que la Diététique inclut l’art culinaire (toute la préparation des aliments), la manière de manger (par exemple le temps de mastication) et même une attention au climat affectif des repas qui exprime déjà un certain souci de soi, un certain niveau de sensibilité énergétique. Manger des sandwichs, manger trop souvent au restaurant, avaler sans mastiquer, manger seul, ou en parlant travail, etc. : à l’origine de nos maux, il y a bien souvent un style de vie, de mauvaises habitudes que la Diététique invite à identifier et à corriger. Plutôt que de recourir à l'allopathie qui dissimule les symptômes, qui peut servir à esquiver le questionnement dont chacun a besoin, au lieu d’une réponse pharmacologique, la Conscience Diététique analyse la logique du mal et invite les patients informés à faire des choix, parfois difficiles mais authentiques, qui les ramènent à ce Souci de Soi trop souvent sacrifié par les compromis de la vie. Ainsi bien des éléments relèvent l’acte diététique au rang d’une médecine de l’esprit.

2.Des raisons éthico-politiques : L’acte Diététique ne nourrit pas que des individus ; il entretient aussi une puissante industrie qui modèle nos comportements alimentaires. La Diététique est inséparable d’une analyse précise des stratégies commerciales ou politiques qui nous conditionnent ou nous aliènent. Qui a intérêt à me faire croire que je gagne du temps avec un four à micro-ondes ? Qu’est-ce que je perds à utiliser un tel outil ? Pourquoi veut-on me faire consommer du sucre blanc raffiné en me le vendant moins cher (grâce aux subventionnements de l’Etat) que le sucre de canne naturel pourtant plus économique, non toxique, et référencé comme un aliment sain ? Pourquoi les plus grandes industries de l’agro-alimentaires sont-elles des puissances sucrières : Mc Donald, Coca-Cola ? Comment et pourquoi les différents Pouvoirs, y compris les gouvernements, utilisent-ils le sucre raffiné, variation classique du très fameux panem et circemses latin : du « pain » et des jeux ? Mais les Romains n’étaient pas aussi redoutables, n’ayant pas inventé le sucre raffiné, dont la toxicité est sans comparaison avec celle des sucres naturels (qu’on trouve par exemple dans les fruits). On sait d’ailleurs que dans le régime alimentaire des armées romaines destinées à conquérir le monde d’alors, la consommation de sucres (sous forme de miels) était restreinte. La Diététique est une section de la Politique, qui permet de contrôler des individus ou des citoyens jusque dans leur intimité physique et morale. Insister sur cette question, comme on le lit dans une foule de publications actuelles qui, à travers la promotion de l’alimentation biologique par exemple, c’est revendiquer des exigences de qualité et dire en substance que nous devons faire attention à qui nous donnons votre argent, car nous lui concédons un pouvoir sur notre liberté.

3.Des raisons philosophiques et spirituelles : nos philosophes grecs insistaient sur la nécessité d’une vie simple et frugale. Le grand Epicure fondait sa philosophie sur le privilège des plaisirs naturels et nécessaires. Se nourrir est indispensable à l’entretien de la vie, mais l’ingestion de plats abondants n’est pas naturelle. Exceptionnellement un peu de fromage, c’était déjà pour lui « faire bombance » ! Epicure et de nombreux philosophes grecs avec lui nous alertaient déjà contre la démesure (hybris) ou les excès qui affectent l’esprit en alourdissant le corps. Ajoutons que ces excès sont d’autant plus nocifs qu’on abuse aujourd’hui d’aliments chimiqués, produits industriellement, dévitalisés. Du reste, comme nous l’explique la MTC, rien ne remplace le Jing (force nourricière) de l’aliment dévitalisé. Les grandes traditions spirituelles de l’occident grec et chrétien, comme celles de l’Inde ou même de certaines écoles taoïstes chinoises, invitent à la joie d’une nourriture simple, naturelle, frugale, sans viande et parfois même sans céréales, afin de favoriser l’élévation de l’esprit. On y trouve aussi une invitation aux jeûnes (à l’abstinence de toute nourriture solide) qui font intimement partie de la Diététique, assortis de mise en garde contre les tendances anorexiques ou les risques d’épuisement provoqués par des méthodes erronées, mais dont l’utilisation judicieuse doit purifier le corps, rétablir dans un corps détoxiné la libre circulation des énergies, éviter une mort prématurée, aiguiser les sens et éclaircir l’esprit, permettre un meilleur développement de l’intellect, mais aussi laisser diffuser dans une attitude d’ouverture, pleine d’attention et empreinte de sollicitude, l’influence de cet Infini auquel nous participons par l’esprit, comme un fragment éphémère et conscient. « Il y a des Dieux même dans la cuisine », disait Héraclite, et ceux qui aiment allier la Diététique à la Gastronomie, la santé au plaisir des saveurs et des Cènes, savent quelquefois goûter leur présence…

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