La conscience diététique

La conscience diététique

On comprendra sans peine que la maîtrise des Appétits puisse passer par une pratique diététique : notre manière de nous nourrir exprime directement et sans métaphore notre rapport au Désir. Une discipline diététique est le moyen de travailler tous les jours à nous corriger nous-mêmes, sans se payer de mots. Comportements impulsifs, psychorigides, monomanies, anorexie et boulimie ou simplement négligence complaisante : on pourrait allonger encore la liste des conduites qui montrent le degré d’attention à ce que nous mangeons, aux quantités et à la manière de manger, et par là, une certaine conscience de soi et des choses. Dans la Chine traditionnelle, on conseillait au vrai médecin de ne prescrire de remède qu’après toutes les tentatives diététiques. Manger bien pour bien se porter : à la fois préventive et curative, la Diététique est plus qu’un simple auxiliaire de la pharmacopée ou de l’acupuncture ; elle est par elle-même un moyen de prolonger la vie, de préserver ou de recouvrer la santé physique, mentale et spirituelle. Cela ne surprend plus et de nombreux auteurs occidentaux redécouvrent la sagesse de notre Hippocrate - qui voulait lui aussi « que l’aliment soit notre premier médicament ». La Diététique ne doit donc pas se comprendre en un sens médical restreint. Les raisons qui poussent de nombreux praticiens de santé et les sages vers les questions de Diététique sont de divers ordres :

1.Des raisons médicales, stricto sensu.

2.Des raisons éthico-politiques.

3.Des raisons philosophiques ou spirituelles

Sans doute, toutes ces considérations ne disent pas encore ni quoi ni quand ni comment se nourrir ; elles tentent simplement de dire le sens que me semble prendre la Diététique dans le contexte médical et politique d’aujourd’hui. De nombreuses raisons poussent aussi un public croissant vers les pratiques végétariennes. Le choix d’un régime frugal ou du végétarisme peut être considéré comme un argument thérapeutique (considérant la meilleure santé et la longévité accrue des végétariens et des jeûneurs), un argument économique (la viande coûte cher), un argument écologique (la viande animale implique une pollution importante des sols en azote, des bêtes elles-mêmes gavées d’hormones, de vaccins, d’antibiotiques et d’anxiolytiques pour être abattues, des épidémies dues aux farines animales…), et un argument éthique (les individus et les peuples peuvent se juger moralement au respect de la vie qu’ils expriment, à la manière dont ils traitent les animaux).

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