Fraternité écologique

Fraternité-écologique ou fraternité universelle

La fraternité universelle est une pratique écologique pour deux raisons: d'abord et fondamentalement parce qu'elle relie, et invite à repenser la relation à l'autre comme une relation à l'être, donc à corriger la dissymétrie des inimitiés ou des conditions sociales, comme le montre la simplicité des échanges fraternels autour des repas partagés et l'invitation à aimer ses ennemis. Les frères ne sont pas simplement des individus associés pour faire prospérer un intérêt économique commun. Ce qui relie les frères, c'est un fond d'humanité commune, et même plus largement encore, un fond d'être commun, car on peut également se sentir frère des bêtes, des fleurs et des pierres. Autrement dit, la fraternité écologique se fonde sur la solidarité (voir cet article), entendue comme lien d'interdépendance ontologique transcendant les identités individuelles, perçu par empathie, dans la conscience, comme principe de toutes les existences. Tous les êtres ne sont qu'un seul être.

C'est pourquoi la fraternité humaine est bien plus significative quand une inégalité de conditions sociales sépare les frères. Cela s'observe quotidiennement lorsque des frères partagent du temps et de l'attention. Paul ne brouillait-il pas les distinctions sociales dans l'Eglise primitive ? Peu importe qu'ils soient libres, ou esclaves, les frères chrétiens sont frères en Christ, libres par le Christ et esclaves du Christ; ce point est bien connu (Gal. 3, 38).

La deuxième raison est si simple qu'on a presque honte de l'énoncer : les frères partagent essentiellement du temps (bien plus que des idées, chacun conservant sa liberté de penser). Cène, agapes, etc. : par cette convivialité essentielle, les gestes de la fraternité spirituelle sont écologiques; ils ont une très faible empreinte écologique.

Bibliographie

Paul, Epître aux Galates, TOB, 2004.

Solidarité, voir l'article sur ce site.

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