Ecologie et euchologie

Ecologie et Euchologie

L’objectif de la méthode est une transformation spirituelle de l’humanité, qualitative et quantitative, capable d'accomplir ou de dépasser la crise. L'écologie, science écologique, écosophie, écophilosophie, selon les différents noms qu'on lui donne, n'est pas réductible à un programme politique proposant des recettes technologiques et des réponses institutionnelles (dont I. Illitch, A. Gorz, etc. ont montré la faillite) mais elle appelle à une transformation spirituelle, une "révolution intérieure" (Krishnamurti, Sri Aurobindo, Dalaï Lama) ou un "repentir" (O. Clément), c'est-à-dire un retournement, une métanoïa qui modifie notre pente par une science de l'attention/science de la méditation que nous appelons "euchologie" (du grec euchè qui signifie prière ou méditation). Méthode "révolutionnaire" paradoxale puisqu'elle consiste d'abord à ne rien faire pour se mettre à l'écoute de la sur-humanité ou de la post-humanité qui doit advenir.

Les méthodes spirituelles sont extrêmement nombreuses : ce sont en général des pratiques méditatives. Par "spiritualité" ici, il faut entendre : discipline de l'esprit - l'esprit ne désignant pas seulement l'intellect (dont nombres de spiritualités critiquent les errements) mais surtout l'intuition ou le coeur (pris comme siège de l'intuition et non des sentiments) capables de transmuter les énergies inaccomplies de nos appétits animaux en énergies proprement humaines, en lucidité. Le coeur, l'intuition, l'esprit (l'Esprit Saint diront même les chrétiens), la conscience diront plutôt les bouddhistes : par delà les variations terminologiques, entendons qu'il s'agit toujours de cultiver ce qui peut nous permettre de mûrir et de nous accomplir, vers plus de paix intérieure et de lumière, un pouvoir d'observation (sans jugement). Exercices de respiration, de visualisation, randonnées célestes, techniques gestuelles, prières, retraites en silence, veilles et jeûnes, etc. : l'euchologie est le nom que nous pourrions donner à cette science, science de toutes les techniques que les différentes traditions spirituelles ont proposé à l'Humanité pour mourir et renaître, pour ressusciter (anastasis) à un niveau d'existence plus accompli.

L’humanité pré-industrielle avait consacré l’essentiel de ses efforts à l’exploration de ces techniques dans leur différentes dimensions, physique, psychologique, diététique, respiratoire, éthique ou morale, etc. Christianisme, Islam, Judaïsme, Bouddhisme, Taoïsme, Hindouisme, Chamanismes, etc. : comment définir leur dénominateur commun ? Comment souligner la ressemblance au-delà des différences doctrinales théologiques ? Les uns affirment une transcendance (christianisme) que d’autres nient (taoïsme). Les uns soulignent l’identification du Moi particulier à un Soi universel (hindouisme), tandis que d’autres critiquent l’idée même d’un Moi ou d’un Soi comme une illusion (bouddhisme). Certains affirment un Dieu unique (Islam), d’autres le veulent pluriel ; d’autres enfin n’en parlent même pas (athéisme et indifférentisme religieux) ou ne savent qu'en dire (agnosticismes divers, confucéen par exemple). 

Sans doute un dénominateur commun est-il à chercher dans le sens d'une pratique de l'amour sage (car tout amour ne l'est pas, évidemment), du côté de ce qui fait l'humanité de l'humain et qui peut être considéré comme divin. 

Attention : Les précautions oratoires les plus grandes doivent entourer ces discours sur l'Absolu qui s'adressent à des oreilles dont les capacités de compréhension sont très relatives : nous les avons rassemblées sous le thème du perspectivisme.