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Sexe et spiritualité

Difficile de trouver un humour sur le sexe qui ne soit pas grivois, qui exprime autre chose que la domination masculine... encore plus difficile d'en trouver qui me permette de préparer ma conférence sur les spiritualités et le sexe... Mais celle-ci peut illustrer des analyses sur les rapports entre les monothéismes et le sexe : 

Savez-vous pourquoi une mère juive regarde toujours les films pornos jusqu'au bout? 
Réponse : Parce que jusqu'au bout, elle espère qu'ils vont se marier.

Ici s'exprime le fait que les monothéismes (dont le judaïsme est la racine commune) ont essayé de conjurer la crainte/fascination du sexe en le circonscrivant dans les limites d'une convention sociale, en l'enclavant dans la chambre conjuguale et en le justifiant par la reproduction. Tolérance prudente à laquelle l'histoire du catholicisme (malgré Vatican II qui reconnaît que la reproduction n'est plus la seule justification du sexe dans le mariage) et celle de l'Orthodoxie (qui a toujours permis le mariage des prêtres) ne font pas exception.
Dans l'histoire du monothéisme, l'Evangile de Philippe dit tout autre chose. Texte exceptionnel de la tradition chrétienne, mais exclu du Canon, il est seul à rendre compte du sexe comme célébration mystique de la vie, comme prière. "Ceux qui prient vraiment à Jérusalem, tu les trouveras dans le Saint des Saints, dans la chambre nuptiale"... Reste à expliquer pourquoi, et c'est encore de l'humour, car c'est une chose bien légère, comme doit l'être aussi la prière. Mais légèreté n'est pas frivolité! Dans l'Islam également, on méditera sur cette parole de Mahomet qui disait : « J’ai aimé de ce monde les femmes, les parfums et la prière ». La raison profonde est qu'une pratique authentique libère du lien/de la fascination de la chair en même temps qu'elle permet d'aimer le monde et le corps, célébré sans grivoiserie, comme oeuvre divine. Il y a en effet quelque chose de divin, non dans le plaisir pris, mais dans le plaisir donné...
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