DD : La tenaille et le syndrome de la grenouille

La Tenaille ou le syndrome de la grenouille

Le supplice paralysant et presqu'insensible de la tenaille s'applique par deux mâchoires dont l'une représente notre sens de la responsabilité (et peut-être même notre mauvaise conscience) tandis que l'autre incarne notre scepticisme. Ceux qui le subissent sont ceux qui pensent qu'il est vital d'agir rapidement, mais se noient en même temps dans l'océan du désarroi, tergiversant, différant le moment d'agir. Le citoyen lambda est convaincu de ne rien pouvoir faire et surestime bien souvent les pouvoirs des élus. Les élus savent qu'en démocratie, ils ont moins de pouvoir que l'opinion et qu'ils n'ont pas si souvent les moyens de "faire" l'opinion. Broyés entre les dents de la tenaille du scepticisme et de la responsabilité, gouvernants et gouvernés attendent les uns des autres l'initiative d'un changement efficace.

Ce syndrome est autrement illustré par le syndrome de la grenouille tel qu'il est décrit par Nicolas Hulot dans Le Syndrome du Titanic 2, ou par Philippe Jacques Dubois dans Le Syndrome de la Grenouille : "On raconte qu'une grenouille plongée soudainement dans l'eau bouillante essaiera vivement de s'extirper, tandis que, placée dans l'eau froide, elle ne bougera pas si la température augmente graduellement, pour finir ébouillantée..." Le syndrome de la grenouille est une métaphore pédagogique de l'anomie des démocraties libérales. Cette métaphore n'est assortie d'aucune analyse sociologique; elle est plutôt utilisée, dans certains discours catastrophistes, pour appeler à une prise de conscience.

Bibliographie

Hulot N., Le syndrome du Titanic 2, Calmann-Lévy, 2009.

Dubois Ph. J., Le syndrome de la grenouille, Delachaux et Niestlé, 2008.

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