DD : Erosion des biodiversités

Erosion des biodiversités

Sigmar Gabriel (2008, Ministre allemand de l'Environnement) ou Jacques Chirac (2005) disaient que « le taux d'extinction des espèces est cent à mille fois plus élevé que le taux d'extinction naturelle ».

La surpêche est un bon exemple des causes qui expliquent ce phénomène. La Commission de Bruxelles demande une réduction de 30% à 60% des prélèvements de certaines espèces de poisson (interdisant même totalement la pêche du cabillaud ou de l'anchois). 5O% des poissons pêchés sont rejetés morts. Les filets à mailles fines des navires-usines travaillant pour la fabrication de farines de poissons destinées aux bétails font une concurrence discutable à l'alimentation des hommes en poisson.

Mais les causes de la disparition des espèces ne se réduisent pas à la surpêche. La surexploitation du vivant n'est qu'une cause parmi d'autres. Citons également : la destruction des milieux naturels, notamment due à la déforestation ; l'invasion des espèces exotiques sur tous les continents; enfin : la pollution qui tue directement ou diminue la fécondité (exemple des alligators de Floride).

Pourquoi s'inquiéter des espèces qui disparaissent? Ian Mac Millan dit que « ce qui compte dans la sauvegarde des condors et de leurs congénères, ce n'est pas tant que nous avons besoin des condors, mais que nous avons besoin des qualités humaines nécessaires pour les sauver. Ce sont précisément celles-là mêmes qu'il faut pour nous sauver nous-mêmes ». Le problème de l'érosion des biodiversités est un problème moral. Il y a dans la sollicitude de l'homme envers la Nature une qualité essentielle à l'humanité de l'humain. Toutes les traditions spirituelles le rappellent : les chrétiens l'appelle agapè, amour, les confucéens chinois l'appellent shu, mansuétude, etc.

Quoiqu'il en soit de ces qualités, nous sommes entrés dans l'ère de la Sixième Extinction. La précédente eut lieu il y a 65 millions d'années; une autre eut lieu il y a 225 millions d'années, à la fin du Permien : 95% des espèces disparurent. Nul n'est capable de dire si celle que nous observons ne nous emportera pas avec elle. Ce n'est pas seulement l'humanité de l'homme qui est en question dans cette Crise, mais la survie-même de l'homme : « C'est peut-être notre tour », dit Jean-Marie Pelt.

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