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BioE: Naissance de la bioéthique

Naissance de la Bioéthique

La notion de Bioéthique est apparue dans les années 70 aux EU. Si en France, le Comité National Consultatif d’Ethique n’apparaît qu’en 1983, le terme de Bioethics naît aux EU sous la plume de Potter van Ransselaer en 1971. Elle renvoie d’abord à un ensemble de pratiques et de discours mettant en cause les avancées des techniques biomédicales, mais s’élargit aujourd’hui aux biotechnologies en général (impact des biotechnologies végétales ou des nanotechnologies sur le vivant). Cette notion exprime :

1. la tension croissante entre le développement technoscientifique et le questionnement éthique

2. les contradictions internes au développement des techno-sciences d’abord conçues pour améliorer les conditions matérielles de l’existence humaine et aboutissant parfois à un effet contraire.

Les questions d’éthique médicale sont vieilles comme Hippocrate. Elles trouvent leur formulation moderne dans le Code International d’Ethique Médicale de l’Association Médicale Mondiale, de 1949 ou Déclaration d’Helsinki de l’AMM, en 1964. Ce questionnement fait suite à l’attitude des médecins nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Globalement, cette éthique médicale est un humanisme progressiste – arrimé aux Droits de l’Homme – mais peu critique à l’égard du développement des techno-sciences.

Dans les années 60-70, les revendications sociales qui mettaient en cause l’autorité avaient abouti à la dénonciation du paternalisme des médecins et à une critique du développement technoscientifique : critique des médicaments (antibiotiques, etc.), des interventions (réanimation, greffes, etc.), du diagnostic (IRM, etc.) – à des fins autres que thérapeutiques (eugénisme, euthanasie). On met en cause le modèle technoscientifique qui domine le développement de la médecine à partir d’une exigence d’efficacité, de rendement, de maîtrise des processus, au détriment d’une réflexion sur le sens de l’humain. Se pose alors la question de savoir si tout ce qui est techniquement possible est humainement souhaitable.

Ces questions montrent que la bioéthique naît d'une crise de confiance de notre société à l'égard de la science, qu'on soupçonne de manquer de conscience et de ne plus répondre aux attentes de la société.

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