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Le premier chalutier à voiles automatisées bientôt à flot

posted Jun 27, 2011, 10:34 AM by Cesar Harada

http://www.liberennes.fr/libe/2009/04/le-premier-chal.html


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ECO-MER - Les navigateurs croisant au large de Saint-Malo pourraient bien se demander d’ici quelques semaines s’ils n’ont pas la berlue. C’est en effet le premier bateau de pêche à moteur muni d’une voilure et d’un gréément entièrement automatisés qui va, courant mai, faire ses essais dans les eaux de la Manche.

Le projet, mené par la société Avel-Vor Technologie, baptisé “Grand Largue”et labellisé par le pôle de compétitivité Mer-Bretagne, est dans les logiciels de cette petite société depuis de nombreux mois. Mais il a pris un sérieux coup d’accélérateur avec la dernière crise de la pêche et la flambée des prix du gazole. Et tous ceux qui regardaient cette affaire d'un oeil goguenard (les trois quarts des pêcheurs) ont aujourd'hui pour la plupart changé de bord.
“Il ne peut y avoir de pêche durable sans économie d’énergie, souligne Pierre-Yves Gloronnec, gérant d’Avel-Vor Technologie. Les voiles auxiliaires automatisées entre dans ce processus d’économie à côté d’autres systèmes”.
Le carburant peut en effet représenter jusqu’à un tiers du chiffre d’affaires d’un patron de chalutier et les futurs navires à voiles pourraient permettre d'en économiser 20%.
“Nous visons d’abord la pêche artisanale et dans un premiers temps les fileyeurs, ligneurs, palangriers et caseyeurs, souligne Pierre-Yves Gloronnec .Pour les chalutiers, qui présentent des problèmes de stabilité particuliers, celà viendra dans un second temps”.
Outre le défi technologique d’une voilure commandée par l’informatique et réagissant automatiquement aux caps choisis et aux vents, il a fallu imaginer un système viable économiquement.
“Nous avions l’exemple de thoniers à voiles réalisés à Lorient dans les années quatre-vingt et qui n’ont jamais été rentables, précise le responsable d’Avel Vor. Il fallait un prix d’achat compétitif et nous avons du concevoir un mât avec des matériaux standards qui soient à la fois robustes et pas trop chers pour un retour sur investissement qui n’excède pas deux à trois ans”.
Plusieurs bateaux sont en tout cas déjà sur les rangs pour bénéficier du système Grand Largue. Et pas seulement des bateaux de pêche. L’ancien remorqueur d’une association de promotion de l’éco-navigation basée en Corse est en cours d’équipement. Un bateau école d’un lycée maritime est également candidat aux côtés d’un catamaran de pêche et d’un palangrier à la Réunion. Après ses essais, le prototype d’Avel-Vor, un ancien chalutier de 16 mètres équipé de deux mâts et de 90 m2 de voilures, devrait quant à lui se présenter au public le 3 juin, à l’occasion du 22e défi des ports de pêche qui se tiendra à l’île de Groix, dans le Morbihan.
Pierre-Henri ALLAIN


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