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Le Pinard durant la Guerre 14-18


Dix millions de morts, le double de blessés : les années commémoratives du centenaire de « la Grande Guerre » ravivent la mémoire collective.

Dans les prochains temps, en France, en Europe et bien au-delà, de nombreuses manifestations, événements, expositions, reconstitutions, sorties littéraires, bande-dessinées, etc. sont déjà programmés pour retracer l’histoire de la 1ère Guerre Mondiale en France et dans le Monde.

Le cadre des conséquences de ce terrible et tragique épisode de l’humanité déborde largement celui d’un conflit militaire de très grande ampleur. La 1ère Guerre Mondiale a posé les bases de changements importants dans les sociétés modernes. Nouvelles frontières et nations naissantes, prises de consciences politiques et économiques, mutations des structures sociales et la redistribution des rôles économiques : un regard neuf est alors posé sur la réalité de l’après Guerre pour marquer le pas de la transition.










Un projet commémoratif oenoculturel


L’image et la fonction du vin dans notre société est riche de symboles. Il est un lien culturel et social entre les hommes, et sa place durant la guerre n’a rien d’anodin. La Republic of Wineland et l'Association Le Groupe des Vins (G-Vin), initiateurs du projet, ont souhaité raconter cette époque.
Ensemble et avec leurs partenaires actuels et à venir, ils mettent des images sur cette histoire parallèle, celle du “Pinard” durant le conflit. De 2014 à 2019, ils contribueront à sa “mise en scène” à travers leurs réalisations.

Le sujet s’inscrit dans la continuité des politiques mémorielles amorcées au niveau régional, national et international, d’une part. Mais ce projet est avant tout un symbole fort pour la Région Alsace et son histoire : il immortalise autant son passé mouvementé que l’amitié entre les Peuples, la naissance de l’Europe…

La représentation collective de l’image du vin traduit les valeurs et les sentiments fraternels que nous voulions donner à ce concept. Cette narration relève de l’oenoculture ; elle dépasse le cadre purement historique et s’intéresse plus intimement aux hommes et à leur quotidien.






Le vin dans la Guerre : une réalité historique


Pour ces hommes arrachés à leur terre, à leurs familles et à leurs amis, le vin était d’abord un soutien sans pareil ; dès octobre 1914 sa distribution devint officielle aux armées, stimulant rapidement une économie de guerre dotée de moyens logistiques colossaux. L’Inspection Générale du Ravitaillement était à pied d’œuvre, collectant, réquisitionnant, traitant, acheminant, par wagons-réservoirs ou par camions, des millions d’hectolitres sur tous les fronts. De l’Europe à Madagascar, de l’Afrique à l’Indochine, le vin alimentait les hommes.

Fortifiant et soutien du juste combat, aux dires des dirigeants politiques et militaires d’alors, “les conditions de vie et l’héroïsme des combattants justifiaient un tel effort”. Paradoxalement, si la surproduction chronique française semblait alors absorbée, l’ivresse et l’alcoolisme n’en étaient pas moins condamnés par la hiérarchie.
Le vin avait un rôle socialisant et fédérateur ; il était le compagnon des relations humaines. Il a été popularisé par les images et les chansons. Produit national, le vin était aussi pour le poilu un objet de mémoire et d’imaginaire, un réconfort salvateur qui lui rappelait tantôt le “chez soi”, tantôt la “bien-aimée”.

En arrière plan, il a été l’un des moteurs des grandes mutations sociologiques de l’après guerre. Travaux des champs et des vignes, les femmes prirent le relais des hommes durant le conflit, assumant ainsi de nouvelles responsabilités, ferments de leur émancipation à venir.