Les montagnards du Vietnam :

Surnommés "moï" qui veut dire en vietnamien « sauvages », sont issus des mauvais génies.

Ces groupes ethniques minoritaires du Centre du Vietnam, probablement issus d’Indonésie, Bornéo et iles de la Sonde, de la Malaisie pour certaines tribus, représentent près de 1 million d’individus. Ils ont leur organisation, leur croyance et se trouvent confrontés au plus grand défi de leur histoire : la modernité.

Peuples souvent méprisés, les « minorités ethniques » des provinces de Dalat, Buon ma thuot, Pleiku et Kontum sont issus de deux groupes linguistiques distincts, les Mon Khmer et les Malayo Polynésiens; ils sont de religion animiste et chrétienne mais pas du tout boudhiste.

Profondément attachés à la nature, à ses traditions et touchés par la spiritualité liée à la vie de la forêt, la culture montagnarde, aujourd'hui hérite encore des croyances dans les Yang, sorte de génies auxquels ils dédient parfois des cérémonies traditionnelles, malgré leur conversion au christianisme.

Peuple hospitalier, on se trouve rapidement autour de la jarre : boisson fermentée, alcoolisée et préparée pour les grandes occasions : mariage, inauguration des maisons, célébration des morts ou naissances. Les montagnards peuvent nous faire découvrir que nous ignorions sur la nature et l’homme. Une bonne part de vérité (mode de vie, écologie, sagesse..) est détenue par ces peuples que l'on traite de "primitifs".

Les longues années de guerre et des colonisations ont profondément perturbé leur vie. Les montagnards confrontés au monde en mouvement n’ont pas pu bénéficier  de la modernité et se retrouvent de plus en plus hors contexte économique. Ils commencent à sortir peu à peu de l’oubli grâce à des actions des organisations non gouvernementales et des programmes d’aide comme Unicef, Unesco etc.

Les aménagements de routes, la modernisation des cultures, l’irruption des échanges, l’argent et les multiples déplacements de la forêt vers les axes de communication vont faire d’eux des défavorisés.

Pratiquant autrefois la culture sur brulis, la chasse et la pêche selon leur besoin, ils doivent désormais apprendre à produire, vendre, planifier et économiser : une rupture avec le monde ancien des traditions. Le manque d’accès à l’éducation et parlant très peu la langue véhiculaire ‘le vietnamien’, ils sont condamnés à disparaitre du pays et prendront place dans les musées.

Carte du Vietnam

Au début des années 70, une vingtaine d'enfants montagnards issus de la province de Kontum, et à la demande Mgr Seitz,(évêque du MEP, Paris) sont accueillis en France. En 1975, le Vietnam se réunifie après plus de 30 ans de guerre, sous la tutelle de l'ex URSS. Donc il se ferme aux pays Occidentaux. Ces jeunes gens  ne peuvent plus retourner au pays. Les pluparts  se sont établis en France. Depuis vient l'écroulement du bloc de l'EST, plusieurs d’entre eux au travers d’initiatives personnelles ou d’associations ont cherché à aider leur famille et leur groupe ethnique.

Dès les années 1992, naissait l’association AMEV. Les initiatives de l’époque vont beaucoup se diversifier entre l’agriculture, la santé et l’éducation, et se heurtent aux difficultés administratives et logistiques alors en vigueur au Vietnam. Depuis la situation s’améliore et devient plus facile à travailler et amener les français bénévoles.

Voir le film documentaire réalisé par Franck Cuvellier en 2007 (www.Les montagnards oubliés), qui passe encore sur ARTE, KTO.

Aujourd’hui le Vietnam s'aligne sur les normes internationales et  favorise les échanges. Le tourisme se développe de plus en plus.

L’Amev poursuit comme elle peut ses aides dans cette "nouvelle zone économique", en fonction de l'argent récolté durant les 2 évènements.

KONTUM, qui veut dire « enfant du lac, mare », est utilisé comme nom de la province et de sa capitale.
D'où le nom des 2 évènements à Val thorens (73) en fin de saison.