Le programme TriÉlec

 

Le programme TriÉlec associe trois équipes de recherche spécialisées dans l'étude des élections, des opinions et de la communication politique. 

Pour l’analyse des élections de 2012, TriÉlec a conçu un ensemble articulé de projets de recherche pour mettre en relation l’analyse de la campagne électorale et des réactions des électeurs à cette campagne. Ce dispositif scientifique est inédit par son ampleur en France.




A LA UNE

Retrouvez dans l'onglet "Publications" les textes nouvellement parus ou déjà publiés sur le site.

  • Les résultats comparés des différentes vagues sont consultables ICI

La campagne du second tour a été dominée par la spirale de la négativité. F. Hollande et N. Sarkozy ont consacré une proportion croissante de leur communication à critiquer l’autre, plutôt qu’à mettre en valeur leur candidature et leurs projets. Comme au premier tour, N. Sarkozy, et surtout l’UMP, ont été nettement plus critiques. F. Hollande et le PS ont donné une place plus importante à la campagne électorale et à la mobilisation des électeurs...

D.Labbé et D. Monière
Viviane Le Hay

Au lendemain de la victoire de François Hollande, plusieurs interrogations se font jour notamment celle de l’adéquation entre la France des urnes et la France sociologique. Ainsi certains considèrent que la victoire de la gauche s’est faite à rebours des évolutions de long terme qui, elles, seraient favorables au camp perdant. « France de droite vote à gauche » a ainsi déclaré JM Lech le 7 mai sur France Inter. Mais de quelles logiques sociologiques parle-t-on ? 

Est-ce la fin du survote ouvrier pour la gauche ? C’est ce que pensait Terra Nova qui enjoignait aux socialistes de partir à la recherche d’une nouvelle coalition sociale. Le vieillissement de la population aurait-il un impact? Il a été régulièrement rappelé que Nicolas Sarkozy faisait ses meilleurs scores chez les seniors. Mais devient-on vraiment de droite avec l’âge ou la retraite ?

Il s’agit ici de faire le point sur les évolutions sociologiques de long terme du vote. La France a effectivement changé…

Vincent Tiberj

 

Durant la dernière quinzaine de la campagne pour le premier tour de l’élection présidentielle, F. Bayrou, F. Hollande, M. Le Pen, et leurs partis respectifs, ont augmenté l’intensité de leur communication alors que N. Sarkozy et l’UMP diminuaient la leur. Malgré une légère modération de F. Hollande, durant les quinze derniers jours, la fin de la campagne a été dominée par les attaques entre candidats et par l’agressivité. Aucun changement notable n’est observé dans les stratégies de communication adoptée par les candidats.

F. Bayrou et F. Hollande ont choisi de couvrir un plus grand nombre de thèmes que N. Sarkozy et M. Le Pen. M. Le Pen a axé sa campagne sur la France, les Français, le peuple, la nation et contre l’Europe. N. Sarkozy a adopté ces mêmes thèmes durant les deux derniers mois (après son discours de Villepinte). En dehors de ce choix premier, la campagne a été dominée par les thèmes économiques et financiers, l’éducation et l’immigration. A part l’Europe, la politique étrangère a été absente de cette campagne.

D. Monière et D. Labbé

Le score de Marine Le Pen, nettement supérieur à celui que lui prédisaient les derniers sondages, a créé la surprise au soir du 22 avril. Avec plus de 6,4 millions de voix elle frôle les  18% des suffrages exprimés, donnant au FN son meilleur résultat électoral depuis sa création. On peut y voir l’effet de la stratégie de « dédiabolisation » amorcée au Congrès de Tours (Janvier 2011) qui l’élit présidente. Elle vise à convaincre sur d’autres thématiques que celles de l’immigration et de l’insécurité, et à diversifier ses soutiens, du côté des électeurs de gauche, des femmes jusqu’ici moins portées que les hommes à voter pour son parti, des jeunes, d’un salariat moyen et supérieur peu enclin à donner  ses voix au FN.  Une enquête réalisée le jour même du scrutin amène à nuancer ce constat. L’électorat de la fille ne se distingue guère de celui du père, tant par son positionnement politique et idéologique que par son profil socioculturel.

Nonna Mayer

Au terme d’une campagne électorale, où les images des candidats ont évolué sensiblement, comment les électeurs percevaient-ils les différents candidats le jour du vote ? Comment ces perceptions s’articulent-elles avec les comportements électoraux ? Quelles informations celles-ci nous apportent-elles sur le duel du second tour ? L’enquête TNS Sofres - TriÉlec Jour du Vote T1 – avril 2012 a répliqué, le jour même du vote, le dispositif, utilisé à 4 reprises depuis fin octobre 2011, pour étudier l’évaluation de quatre traits d’image pour cinq candidats (J. L. Mélenchon, E. Joly, F. Hollande, F. Bayrou, N. Sarkozy, M. Le Pen) : les craintes, l’empathie et la proximité vis-à-vis des citoyens, la capacité à exercer la fonction présidentielle ainsi que le volontarisme politique associés aux différents candidats.

Sylvain Brouard

On sait que traditionnellement les catholiques votent beaucoup plus à droite que les personnes sans religion. On sait aussi que chez les individus qui se déclarent catholiques, l’orientation des votes change très nettement selon qu’ils sont intégrés ou pas à l’univers de valeurs catholiques. Cette intégration se mesure assez bien par l’intensité de l’assistance à la messe, comme les nombreux travaux de Guy Michelat et Michel Simon l’ont bien montré (par exemple Michelat, Simon, 1985 et Michelat, 2000). On sait aussi qu’alors que la sécularisation a beaucoup progressé, se manifestant notamment par une forte baisse du taux de catholiques et surtout de catholiques pratiquants, la relation est restée forte entre intégration à la religion catholique et vote à droite d’une part, irréligion et vote à gauche d’autre part. Parmi les variables explicatives des comportements électoraux, elle reste la plus prédictive, même si les études les plus récentes tendent à montrer un lent effritement ces dernières années. Que montrent les données du baromètre TriÉlec réalisé à plusieurs reprises pendant la campagne présidentielle de 2012 ? Elles ne mesurent pas les intentions de vote mais, plus globalement, l’orientation politique des individus et leur système de valeurs. Le degré d’intégration à un univers religieux ou irréligieux modifie-t-il toujours les attitudes politiques, économiques et sociales? 

Pierre Bréchon

Dans un contexte électoral fortement marqué par les presque 18% de M. Le Pen, la question des valeurs s’est vite imposée dans les débats d’après 1er tour, tant pour en appeler au rassemblement de la part des deux finalistes que pour caractériser les différents électorats. Ainsi N. Sarkozy, prenant l’initiative, veut fêter le Premier Mai « le vrai travail » et tente de replacer le droit de vote des étrangers au centre des débats. Mais au-delà de ces débats classiques « d’après-match », il est important de comprendre les logiques des choix électoraux en terme de valeurs mais aussi les dimensions qui structurent ceux-ci et à partir desquelles les électeurs se prononcent et se distinguent.

Pour certains analystes il existe une « vieille politique » en déclin : celle où gauche et droite se distinguaient essentiellement sur des valeurs socioéconomiques. Pour d’autres, la politique française serait désormais une « politique des deux axes » dans laquelle les grands partis auraient évolué pour désormais proposer un choix de valeurs à la fois socioéconomiques et culturelles. Les valeurs culturelles seraient alors devenues de plus en plus prégnantes, pesant sur l’ensemble des votes. Il s’agit donc ici de faire le point sur les logiques en valeurs des votes du 22 avril 2012. 

Vincent Tiberj
À la veille du premier tour de l'élection présidentielle 2012, il est intéressant d’étudier comment les Français se sont informés sur la politique pendant la campagne électorale ? Y a-t-il des différences entre les pratiques médiatiques des Français pendant la campagne présidentielle 2012 et celle de 2007 ? Décèle-t-on des évolutions majeures sur les cinq dernières années dans les pratiques médiatiques des Français ? Ce sont à ces questions que la dernière note pré-électorale du projet TriÉlec s'attache à répondre. L’enquête TNS Sofres – TriÉlec incluait en effet, depuis fin octobre 2011, plusieurs questions sur les pratiques médiatiques.
Sylvain Brouard


Les principaux candidats et leurs équipes ont privilégié la simplicité. A l’exception de M. Le Pen, ils ont adopté, dans leur discours et leurs entretiens, un vocabulaire peu diversifié et assez général, réservant le vocabulaire spécialisé aux communiqués. Tous se sont tenus aux thèmes qu’ils s’étaient fixés au départ, sans y apporter de grandes modifications en cours de campagne. F. Hollande est le seul à présenter des fluctuations stylistiques importantes, comme s’il avait eu du mal à trouver son style de communication ou comme si ses rédacteurs avaient changé à plusieurs reprises. Les autres font preuve d’une stabilité remarquable qui suggère que leur communication a été confiée à un très petit nombre de collaborateurs sous une direction unique.
D. Monière et D. Labbé

La question de la fiscalité occupe depuis le début de la campagne électorale présidentielle une place centrale. Dès les primaires socialistes, François Hollande annonça une grande réforme fiscale. Avant même l'annonce de sa candidature, Nicolas Sarkozy lança une réforme du financement de la protection sociale en transférant sur la TVA la part famille des cotisations patronales. Depuis lors, les différents candidats ont présenté différentes propositions sur la fiscalité en particulier en lien avec la relance de la croissance, la question des inégalités, la maîtrise des dépenses publiques et le désendettement. L’enquête TNS Sofres – TriÉlec de février 2012 incluait plusieurs questions sur cette thématique fiscale.

S. Brouard et V. Le Hay

La possession d’un patrimoine, aussi bien par son accumulation que par le type de biens détenus a joué un rôle non négligeable dans l’élection de N. Sarkozy à la Présidentielle de 2007. Détenir un nombre important d’actifs distincts, tout comme le fait de posséder un patrimoine à risque augmentaient les chances d’avoir voté en 2007 pour l’actuel Président sortant. Ce constat d’un effet propre de la dotation patrimoniale sur les préférences électorales et plus largement sur les attitudes politiques n’est pas nouveau, et avait déjà été mis en évidence dès les élections législatives de 1978, et redémontré pour 1978, 1988 et 2002. En cela donc, la détention de patrimoine est considérée comme une variable lourde du vote, et, à la différence de la classe sociale par exemple, son influence semble ne pas avoir décru dans les années 2000.

Qu’en sera-t-il en 2012 ?...

Viviane Le Hay



RÉSULTATS DE TRIÉLEC - les nouveautés

Bernard Denni (7 avril 2012)

Sylvain Brouard (5 avril 2012)

Analyse lexicométrique - 7ème épisode - Attentats, un tournant dans la campagne ?
D. Monière et D. Labbé (4 avril 2012)

Analyse lexicométrique - 6ème épisode - L'effet Villepinte
D. Monière et D. Labbé ( mars 2012)

Sylvain Brouard, Florent Gougou, Isabelle Guinaudeau, Simon Persico (11 mars 2012)

Analyse lexicométrique - 5ème épisode -  Faire campagne contre les autres ? du 19 février au 3 mars 2012
D. Monière et D. Labbé (7 mars 2012)


Analyse lexicométrique - 4ème épisode - Portraits croisés des principaux candidats du 1er janvier au 25 février
D. Monière et D. Labbé (1er mars 2012)

Analyse lexicométrique  - 3ème épisode - L'entrée en scène du Président sortant 
Denis Monière et Dominique Labbé (28 février 2012)

Analyse lexicométrique de la pré-campagne - 2ème épisode - Des mots, des expressions et une présentation de soi pour convaincre
Denis Monière et Dominique Labbé (21 février 2012)

Denis Monière et Dominique Labbé (17 février 2012)

Résultats du sondage TNS-Sofres pour TriÉlec 2012 - vague 4

Vincent Tiberj (14 février 2012)

Sylvain Brouard (14 février 2012)

Sylvain Brouard (14 février 2012)
Renaud Dehousse et Angela Tacea (24 janvier 2012)

Vote et précarité sociale en 2012 
Léa Morabito et Manon Réguer-Petit (13 janvier 2012)




LES MEMBRES

Les trois équipes de recherche appartiennent aux laboratoires suivants : 
  • Centre Emile Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS, Université de Bordeaux
  • Centre d’Etudes Européennes, Sciences Po Paris
  • PACTE, Sciences Po Grenoble, CNRS, Université de Grenoble.
Ces trois centres sont associés à la Fondation Nationale des Sciences Politiques.



LES OBJECTIFS
  • Favoriser l’innovation, théorique et méthodologique, dans la recherche électorale, en s’appuyant sur la complémentarité des approches et des dispositifs empiriques.
  • Développer la comparaison des élections, dans le temps et l’espace, à partir de données d’enquêtes par sondages.
  • Mettre à la disposition de la communauté scientifique des outils d’analyse, les apports méthodologiques et les données originales produites au sein du réseau.
  • A plus long terme, participer à la mise en place du projet Enquêtes Nationales Électorales Françaises (ENEF) sur le modèle des American National Election Studies (ANES).


PROJETS ET ANALYSES
    
en savoir plus...



REVUE DE PRESSE

TF1 - Ségolène JONQUOY  (24 avril 2012)
 

La chasse aux abstentionnistes est en ce printemps électoral particulièrement courue...
Les Echos (13 avril 2012)

La 5ème vague de l'enquête préélectorale TNS Sofres pour TriElec a été réalisée les 29 et 30 mars 2012
Communiqué de presse TNS Sofres  (4 avril 2012)

L'analyse du vocabulaire employé par les candidats ou par leur parti renseigne sur le climat de la campagne, qui s'avère très hargneuse. Une étude montre que le dénigrement de l'adversaire tient lieu de promesses et de vision d'avenir. Seul François Bayrou échappe à la tendance.
Le Temps (27 mars 2012)

C'est à cette analyse que sont parvenus les chercheurs du programme "TriElec" qui associe trois équipes de recherche spécialisées dans l'étude des élections ...
La Tribune.fr (19 mars 2012)

A l’occasion de la publication des résultats de la 4ème vague de l’enquête préélectorale 2012 réalisée par TNS Sofres les 2 et 3 février derniers pour TriÉlec, les chercheurs de ce programme font le point sur plusieurs enjeux d’opinions majeurs.
Communiqué de presse (23 février 2012)

Quel est le contexte politique à 70 jours de l'élection présidentielle ?
Communiqué de presse TNS Sofres (13 février 2012)

Le réseau Tri‐Elec : comprendre et analyser les transformations de la démocratie électorale française
Article à lire dans la lettre de l'Institut National SHS (n° 16 - mars 2012)



LIENS UTILES

Le site du Centre d'études européennes, pages dédiées

Le site de SciencesPo Paris