Bienvenue sur le site d'Ado Chevreul, le journal du collège !

 
Chers lecteurs,

la rédaction d'Ado Chevreul vous souhaite une excellente année 2014 ! 

Avant la parution du n° 1 du journal en janvier, nous vous proposons un n°0 pour vous faire patienter. Nous n'avons pas longtemps hésité sur le choix de l'article, qui évoque un homme dont la mort a touché le monde entier début décembre. Il nous a paru évident de commencer l'année 2014 et d'ouvrir ce petit journal en lui rendant hommage.

Fatou Merci et Pauline Lecointe

Mandela, «de ces hommes éternels qui ne meurent jamais»




Avec Martin Luther King, le héros de la lutte contre l'apartheid faisait partie de ces hommes entièrement dévoués à un combat, qui leur a survécu.


Il est des hommes qui marquent le temps de leur empreinte. Des hommes qui sont éternels et ne meurent jamais. Nelson Mandela est de ceux-là. Quand on évoque la lutte pour la cause noire sur la planète, deux noms viennent à l’esprit : Martin Luther King et Nelson Mandela. Ils sont pour toujours les symboles d’une vie tout entière dédiée à la réalisation d’un monde meilleur et plus égalitaire.

L’œuvre de Gandhi ne les laissant pas indifférents, ils s'en inspirent et deviennent des adeptes de la non violence. Ils revendiquent l'égalité des droits, l'amélioration des conditions de vie des Noirs et un monde sans discrimination, inspirant à leur tour plusieurs générations à travers le monde entier.

Aujourd'hui, ce combat reste d'actualité mais doit être envisagé de façon différente.

Amin Maalouf, l'écrivain français d'origine libanaise et membre de l'Académie Française, élargit le débat au delà des seules frontières de la discrimination raciale, en abordant le thème de l'identité. Les sociétés devenant de plus en plus multiculturelles, la notion d'identité ne se résume plus à la couleur de peau mais au sentiment d'appartenance, ce qui complexifie les normes d'antan.

Au fil de son essai Les identités meurtrières (1998), Amin Maalouf s'interroge sur la notion d'identité, sur les passions qu'elle suscite. Pourquoi faut-il qu'à l'aube du XXIe siècle l'affirmation de soi s'accompagne si souvent de la négation d'autrui ? Nos sociétés seront-elles indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour la seule raison que les êtres qui s'y côtoient n'ont pas tous la même religion, la même couleur de peau , la même culture d'origine ?

« Depuis que j'ai quitté le Liban pour m'installer en France, explique Amin Maalouf, que de fois m'a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais " plutôt français " ou " plutôt libanais ". Je réponds invariablement : " L'un et l'autre ! " Non par quelque souci d'équilibre ou d'équité, mais parce qu'en répondant différemment, je mentirais. Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c'est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C'est cela mon identité... »

Soyons donc fiers de nos identités multiples et de nos différences et acceptons celles des autres afin que le rêve de Martin Luther King et Nelson Mandela devienne réalité.



Fatou Merci



Article en partie tiré de l'article de Fabrice Rousselot, paru dans Libération le 6 décembre 2013.