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Inspirations

PEINTURE

 

"Nous naissons avec la sensibilité d'une époque de civilisation.

Nous ne sommes pas maîtres de notre production, elle nous est imposée".

Matisse


Autodidacte, depuis de nombreuses années, je poursuis mon chemin  dans le silence ayant pour compagnons des peintres qui m'ont inspiré, m'ont guidé sur ce chemin de solitude.

 

Antonio GUANSE PEINTRE

Il est né le 01 janvier 1926 à Tortora, dans la province de Tarragone en Espagne. Sa puissance suggestive on la retrouve dans une écriture parfois primitive et parfois hyper civilisée. Ses tableaux donnent à méditer. Son travail : "une image simplifiée qui tend vers l'essentiel". L'homme ou la femme isolé ou accouplé reste toujours solitaire et vulnérable. Dans ses toiles apparaissent des dialogues dans un silence souvent oppressant. Ses tableaux sont réalisés dans un grand dépouillement. Les fonds sont neutres. Sa palette, bien que réduite, fait chanter les couleurs.

"Sa démarche n'est pas de celle qui rassurent. La virulence thématique des figures, presque uniquement des figures, sont traitées très souvent en gros plans, à la façon d'un zoom cinématographique".

Les toiles, comme "En vacances - Dehors (1974) - Le ventre (1977) " ont influencé ma peinture dans le fait d'essayer d'aller vers l'essentiel et de simplifier le dialogue.


       

Fabienne VERDIER  PEINTRE

"Son travail est d'ordre spirituel".

"Ce n'est pas l'arbre que j'essaie de reproduire, mais le langage des arbres, leur vie, leur ossature, les énergies qui les parcourent, la montée de sève vers le ciel".

Quand Fabienne Verdier commence une œuvre, sa première préoccupation c'est le vide qu'évoque la toile blanche. Elle prend le temps de le penser, de l'inventer. Le vide dit-elle "c'est l'espace de tous les possibles". Elle travaille ses fonds en de multiples couches et sous couches. Fabienne Verdier a le génie des fonds comme elle a le génie du trait.

Son maître Huang lui enseignait " qu'il s'agissait de suggérer sans jamais montrer les choses". " le secret d'une œuvre c'est la suggestion".

                                                                     

François CHENG  POETE/ECRIVAIN

Son livre sur le vide et le plein dans le langage pictural chinois a eu de fortes résonnances sur mon travail. "Trop d'éléments dans un tableau, c'est le danger de l'encombrement. Trop peu, c'est celui du relâchement". " Les vides ont pour fonction de suggérer un espace non mesurable". " La randonnée du spectateur à travers le paysage devient alors une randonnée spirituelle".

                                                                             
 

Cette démarche d'aborder, de penser la peinture, est pour moi une véritable révélation. Et modestement, j'essaye d'en capter la lumière. 

Dans ma peinture, j'essaye de provoquer une émotion, un sentiment, un trouble, un questionnement.

Je me rappelle  cette femme qui me disait lors d'une exposition: "votre toile, l'attente, est terrifiante. Cette femme qui attend c'est effrayant".

Je lui répondais : c'est peut-être l'homme qui attend. Ou peut-être l'homme et la femme qui s'attendent.

Cette femme parut encore plus troublée. Quelques jours plus tard elle se représenta à l'exposition : "votre toile m'a perturbée. Mais pour moi, c'est bien la femme qui attend".

S'engager vers le mystérieux de la pensée est une aventure fantastique. Et arriver à la cristalliser en quelques éléments posés sur une toile est magique.

La vérité ethnographique d'un paysage, d'une scène quotidienne n'est pas dans ma démarche, dans ma recherche. Peu de décors, je le réduis à l'essentiel afin d'éviter toute distraction. La réalité d'un paysage, d'un nu est pour moi, une composition mélodique.

Trois passions reviennent sans cesse : la forêt, la montagne, la femme. Dans la forêt, il y a toujours une autre forêt. Dans la montagne, il y a toujours une autre montagne. Et dans la femme, il y a toujours une autre femme. Et quand je les peins, j'essaye de percevoir l'infinie profondeur de leur intériorité.

Je ne peins jamais de visage. Le visage est trop personnel. Il détourne celui qui regarde de l'essentiel. Quant à la montagne, j'aime la réduire à des lignes de forces, à une composition de masses.

Depuis plusieurs années, j'essaye de travailler la lumière non pas d'une façon naturelle mais picturale.

J'ai un grand intérêt pour le jeu graphique des arbres. Leurs fûts rythment mes tableaux comme des barres de mesure dans la musique. Entre les troncs ce que je cherche ce sont des espaces de silence. La forêt, l'arbre, c'est à la fois un monde présent et imaginaire. Car il est impossible à travers l'arbre de reconnaître la forêt ou un lieu précis.

Cette façon d'aborder, de penser la peinture, est pour moi une véritable révélation. Et modestement, j'essaye d'en capter la lumière. 


Mes premiers collages datent de l’armée. Humoristiques et acides, ils parlaient de la vie des soldats et des hommes politiques.

Bien plus tard, je fus fortement impressionné par le travail de création de mon frère. Le langage de ses collages, d’une certaine tristesse majestueuse, me rendait silencieux. Ce silence de plusieurs années m’a permis d’écouter et de laisser cet espace vide.

Puis, j’essayais à nouveau mais tout ce que j’entreprenais était aussitôt détruit. J’étais encore trop impatient de produire.

Ce n’est qu’en 2012 que je récidivais. Je savais que les collages de mon frère avaient travaillé en silence, au fil  des années, et avaient préparé le terrain. Il fallait maintenant un déclic.

Il en est arrivé deux.

Le premier, je venais de réaliser un assemblage de noyaux de pêches sur fond noir pour le réaliser à l’huile. Ma compagne m’interpella « pourquoi le dessiner pour en faire une peinture alors que le collage est superbe ? ».

Le deuxième déclic fut l’exposition du peintre et sculpteur Mauriennais Inis, au cloître de Saint-Jean-de-Maurienne, en septembre 2012. Son travail m’a troublé. Ses collages, amalgame de formes et de matières aux reflets métallisés, m’ont véritablement bouleversé et transporté.




SCULPTURE


La sculpture entra dans ma vie par accident. Pendant des années j'ai regardé et admiré un ami, orfèvre de ses doigts, travailler le bois au cutter et l'os au burin.

Et un jour d'été, j'ai pris le cutter. Et je me suis entaillé gravement un doigt pour avoir osé faire sortir d'une racine de bois, un diable qui a fini aussitôt dans un feu bien nourri, afin de conjurer le mauvais sort qui venait de s'abattre sur moi.


J'ai repris le cutter, et au cours de mes nombreuses randonnées j'ai commencé par sculpter des bâtons de marche.


L'histoire des porte-plumes est celle d'une rencontre sur un chemin de randonnée. Ce jour-là mon regard fut arrêté par un drôle de bout de bois en travers de mon chemin. Dès que je l'ai eu en main, une image m'est apparue : le crayon perdu du poète.


Et depuis je cherche comme l'archéologue afin de mettre à jour les crayons oubliés, les porte-plumes fossiles, bien avant que l'écriture informatique nous envahisse.

Car l'écriture avec un crayon, avec un porte-plume porte en soi l'âme de celui qui écrit.

Je les ai voulus comme une véritable projection de l'autre. Et derrière l'objet, trouver l'homme ou la femme et sa part de mystère.

Et c'est ainsi qu'armé de mon seul cutter, sur les chemins de vagabondage, je laisse faire le hasard.

Le travail avec les sachets de thé vient d'une rencontre dans une galerie d'Evian en 2009. Le travail de Brigitte Ritschard présenté à cette exposition était d'une exceptionnelle beauté, d'une exceptionnelle légèreté.J'ai été fasciné par les robes, par les bustes d'une émouvante transparence. Brigitte Ritschard est "une alchimiste du rêve", jouant avec l'air, avec le vent, dans un style inimitable. Tellement inimitable qu'à l'inverse les sachets de thé dans mes mains deviennent lourds. La peau devient parchemin, le corps devient torturé. Le sachet de thé devient à mon insu, empreinte indélébile.

Les autres sculptures ne relèvent pas consciemment d'une démarche toujours réfléchie, mais d'une éruption volcanique de l'inconscient.


 

ECRITS


Mon premier poème, je l'ai écrit à 8 ans pour une belle de mon âge. Mais cette merveille n'a pas apprécié du tout ce billet doux. Ma carrière de poète s'arrêta là brusquement...

A l'âge de 12 ans, j'ai commencé par écrire sous la dictée d'un oncle qui déclamait de la poésie à longueur de journée. Et puis, subitement, le poète est parti au paradis des gens de lettres et sa poésie avec lui.

C'est à 14 ans que j'ai réellement pris la plume pour ne jamais plus la quitter.

Et c'est ainsi que j'ai commencé à écrire mes premières pièces de théâtre, mes premiers recueils de poésie.