Le pommier de Sodome

publié le 1 févr. 2019 à 03:03 par Yves Guettet
Nom scientifique : Calotropis procera

Famille : des Asclépiadacées

Remarque : Cette famille n'existe plus dans la flore française. Elle a été versée dans la famille des Apocynacées. La famille des Asclépiadacées (en France) contenait 2 genres : Asclepias comportant 1 espèce : A. syriaca, l'asclépiade de Syrie qui est une plante cultivée, sub-spontanée ou (faiblement) naturalisée et Vincetoxicum comprenant 1 espèce : V. hirundinaria, le dompte-venin.

Un peu d'exotisme pour cette chronique qui vous emmène en ce mois de février en Mauritanie pour y rencontrer cette plante d'origine saharienne (voir plus de détails dans Répartition).Elle est très fréquente dans tout le Sahara mauritanien, aussi bien sous la forme de jeunes plants, d'arbustes de 2 mètres de hauteur ou de vieux spécimens atteignant 4 à 5 mètres, fleuris ou non. 

Port
Dressé pour cet arbuste ou petit arbre, rameux dès la base (sauf pour les jeunes plants) et non épineux. Il présente des feuilles persistantes, non composées, de 10 à 20 cm de largeur. Obovales, avec une pointe à l'extrémité, elles sont opposées sur la tige. Au toucher, elles apparaissent lisses et coriaces ; d'un vert terne sur le dessus et plus grisâtre sur le dessous dû à la présence de poils. Les fleurs, en cyme compact, comptent 5 pétales et sont odorantes. Leur couleur varie du rose, plus ou moins foncé au vert clair (plus rare). Le fruit en forme de pomme ovoïde, vert, jaunâtre à maturité, contient de nombreuses graines noirâtres. Elles sont pourvues  à leur extrémité de soies blanches permettant leur dissémination. L'écorce forme un bois à l'aspect de liège chez les vieux sujets.

Lieux :
Le pommier de Sodome se rencontre sur les terres sableuses, les oueds (lit asséché d'une rivière en dehors de la saison des pluies), les zones où l'eau est présente à peu de profondeur. La plante colonise les terrains où la végétation arborée a disparu. Craignant le froid, elle ne dépasse guère les 1500 mètres d'altitude dans le Sahara algérien.

Répartition :
Espèce saharienne, principalement dans le Sahara central et méridional, plus rare dans le Sahara septentrional. Son aire de répartition va jusque dans la péninsule arabique, l'Afrique noire (Sénégal) mais aussi en Asie (Inde, Pakistan), en Amérique du Sud et dans les Caraïbes.

Floraison :
Les espèces sahariennes n'ont pas à proprement parler de période marquée pour leur floraison. Si la saison des pluies concentre la majorité des floraisons, la moindre averse ("un peu importante") peut faire fleurir certaines espèces qui accomplissent alors leur cycle reproductif en quelques jours. Ainsi pour cette plante, je l'ai vu fleurie, en Mauritanie, à la mi-novembre (en 2005) et début janvier en 2019.

Usages :
Malgré sa grande toxicité, due au latex vénéneux et très corrosif qu'elle sécrète, elle est très anciennement utilisée, même si certains usages ont maintenant disparu.
Le bois très léger, malgré sa faible résistance, servait à confectionner des piquets pour les tentes des nomades ou pour le parcage des animaux. Il est évité par les animaux, sauf les chèvres qui en mangent certaines parties.
    Pharmaceutique
La plante a été utilisée pour soigner les plaies des animaux ou des hommes ou la syphilis. Cette médication, d'après certains observateurs, pouvait soit vous guérir soit vous faire passer de vie à trépas. Sa toxicité aurait été utilisée dans la confection de philtres magiques.

Bibliographie :
  1. A.C. BENCHELAH, H. BOUZIANE, M. MAKA (2006) Arbres et arbustes du Sahara. Ed. Ibis Press Paris, 239 p.
  2. A. BENABID (2000) Flore et écosystème du Maroc. Ed; Ibis Press Paris, 359 p.
  3. P. OZIENDA (2004) Flore et végétation du Sahara. 3ème édition, CNRS éditions Paris, 666 p.
   
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