LE NOISETIER

publié le 27 févr. 2015 à 09:45 par Yves Guettet   [ mis à jour : 1 mars 2015 à 01:35 ]
Nom scientifique : Corylus avellana
Famille : Bétulacées
Cet arbuste est un hôte familier de nos bois et forêts se rencontrant communément de la plaine jusqu'à 1700 mètres d'altitude, dans toute la France. Le noisetier est assez indifférent à la nature du sol, ce qui explique son abondance. Il apprécie néanmoins les sols un peu humides. Sa présence à l'ère tertiaire est attestée par de nombreux fossiles de feuilles. La consommation des noisettes est fort ancienne. On en a retrouvé dans des tombes datant du néolithique.
Son nom latin provient de la racine grecque corys signifiant casque. En effet, la noisette enchâssée dans un involucre vert évoque une tête casquée.
Port : Arbuste monoïque (les deux sexes sur le même végétal) à feuilles caduques atteignant 5 mètres de hauteur. Nombreux rameaux érigés formant une souche à écorce lisse de couleur gris brun. Les feuilles, pétiolées, ovoïdes et acuminées (pointues) sont doublement dentées. Les chatons mâles pendants par groupe de 2 à 4 (cf photo), fleurissent de février à avril (plus précocément dans les jardins abrités de la ville de Bourg-en-Bresse). Les fleurs femelles ressemblant à des bourgeons ne laissent apparaître qu'un pistil rouge évoquant une minuscule anémone de mer rouge (cf photo). Le fruit : la noisette a une enveloppe ligneuse contenue dans une bractée verte découpée en lanières profondes.
Récolte : Les noisettes se récoltent soit vertes en été soit à maturité en septembre. Les rameaux, selon leurs usages, sont coupés avant la montée de la sève ou en toutes saisons pour s'en faire notamment un bâton.
chaton mâle
fleur femelle
 
 
 
Usages :
Les racines servent en marquèterie pour leurs motifs veinés. Le vannier utilise la flexibilité de ses rameaux pour ses diverses confections. Il utilise aussi bien de jeunes tiges entières que des rameaux plus âgés qu'il découpe en lanières dans l'épaisseur. Les sourciers pour leur usage confectionnent leurs baguettes, dites de coudrier (ancien nom du noisetier), dans des rameaux fourchus. 
 
Culinaire : Les noisettes se consomment crues ou cuites, grillées ou bien encore réduites en purée entrant dans de nombreuses préparations. Elles sont très riches en corps gras : 60 % mais aussi en protéines : près de 20 %, vitamines B, C, E et acide folique. Ainsi qu'en minéraux : potassium, phosphore, calcium et fer. Elles sont de fait très nutritives et sont également plus digestes que les noix. On en tire une huile très savoureuse mais qui rancit rapidement.
 
Médicinal : Les feuilles du noisetier peuvent être utilisées comme tonique veineux. L'écorce est réputée fébrifuge et anticoagulante. La noisette aurait une action antitussive. Sa richesse en potassium et phosphore contre-indique sa consommation en trop grande quantité par les patients insuffisants rénaux.
 
Croyance : La noisette avait autrefois des vertus médicinales, plus reconnues de nos jours. Au rayon des vertus "folkloriques" son usage pour traiter l'impuissance, faire repousser les cheveux en mélangeant la graine écrasée avec de la graisse d'ours ou encore traiter les coliques néphrétiques. On est là dans la théorie des signatures en vogue au moyen-âge où tout végétal ressemblant à un organe humain devait  nécessairement être efficace à le soigner.
 
Tradition : Par usage, au troisième jour de ses noces, la jeune mariée distribuait des noisettes pour signifier que son mariage avait bel et bien été consommé.

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