Le Houblon

publié le 12 nov. 2017 à 08:00 par Yves Guettet   [ mis à jour le·15 oct. 2018 à 08:19 par Asso Floreain ]
Nom scientifique : Humulus lupulus
Remarque : dans le Languedoc, en de rares endroits, on peut trouver l'espèce Humuus japonicus qui s'y est naturalisée. On la distingue de notre plante indigène, notamment, par la forme des feuilles présentant un nombre de folioles plus important.

Famille : des Cannabacées

Qui ne connait pas au moins de nom cette plante, les buveurs de bière l'ont sans doute découvert sur la composition de leur breuvage ambré. Cette liane, (non parasite), aux feuilles ressemblant à celles de la vigne, dioïque (pieds mâle et femelle séparés) porte des fruits très caractéristiques, ressemblant à nul autre. Si les brasseurs de bière l'utilisent depuis le XIII ème siècle, des vertus médicinales lui ont été reconnues à cette même époque (voir paragraphe Usages). Le houblon serait originaire du Caucase.

Port :
Comme toutes les lianes, cette vivace aime se trouver un support pour y grimper. Son développement peut être important, pouvant atteindre 6 mètres de longueur. Les feuilles inférieures portent de 3 à 5 folioles, les supérieures, aucun à 3. Elles sont toutes dentées. Les fleurs de petite taille ont un aspect différent ; les femelles en forme de cône portent une bractée ovale à l'extrémité pointue. Les fleurs mâles sont rassemblés en panicule. Les fruits, appelés cônes du fait de leur forme, sont pendants et formés de pièces ressemblant à des écailles (botaniquement ce sont des akènes) concentriques. A leur surface des glandes secrètent une substance jaunâtre un peu résineuse (pouvant s'avérer allergénique pour des personnes sensibles) : la lupuline.



Habitat :
On trouve cette plante préférentiellement dans des lieux frais à humides comme les bordures de forêts, les rives de cours d'eau ou dans des zones marécageuses.

Floraison :
De (mai) à juin à septembre.

Lieux :
Plante très commune dans tout le département de l'Ain sauf ses parties les plus montagneuses mais ne dépassant guère l'altitude de 1000 mètres environ.

Usage
    Médicinal :
En phytothérapie les cônes de houblon séchés présentent selon la quantité utilisée (en tisane) un effet totalement opposé : tonique à faible dose et calmante à plus forte dose. Cet effet calmant peut être aussi réalisé en plaçant un sachet de cônes à la tête de son lit. Selon les ouvrages de médecine par les plantes, on peut trouver d'autres actions : vermifuge, antiseptique, adoucissante. Il est utilisé également pour traiter les bouffées de chaleur chez les femmes ménopausées. Un ouvrage signale sa haute teneur en œstrogènes d'où il découle que pour éviter soit des déclenchements de règles accompagnés de céphalées ou chez l'homme une œstrogénie, il ne faut pas trop en consommer.  On trouve dans le commerce des oreillers contenant des fleurs de houblon permettant un meilleur endormissement en agissant sur le stress et l'anxiété.
    Culinaire : 
Les brasseurs l'utilisent comme stabilisant pour leurs bières (lui conférant aussi son amertume) depuis le XIIIème siècle. Les jeunes pousses printanières sont mangeables crues ou cuites mais là encore attention à leur effet diurétique et laxatif.
Artisanal :
Les lianes séchées sont utilisables en vannerie.

Folklore : 

Le houblon est réputé anaphrodisiaque. Pour contrecarrer cet effet, les anglais grands buveurs de bière inventèrent le ginger-ale : mélange de bière blonde sans houblon et de gingembre (qui est censé avoir des vertus aphrodisiaques), qui était bu après leur consommation de bière.

Origine du nom : 
Son nom commun vient d'un mot hollandais désignant le cône de la plante. Humulus était son nom latin au Moyen Age, provenant peut être du mot latin humus signifiant terre car la plante aime les sols propices à sa pousse. Lupulus est un mot latin signifiant petit loup, qui évoque sa faculté de grimper dans les arbres et les "emprisonner" dans ses tiges.

Bibliographie : 
  • M.C.PAUME Sauvages et comestibles, éd. Edisud
  • C. BOISVERT Plantes et remèdes naturels, éd. de La Martinière
  • F. COUPLAN, E. STYNER Guide des plantes sauvages et comestibles, éd. Delachaux et Niestlé
  • F. COUPLAN Les plantes et leur nom, éd. Quae.
  • Hormis l'ouvrage de C. Boisvert dont je ne sais pas s'il a été réédité, les autres le seront régulièrement d'où l'absence d'année de parution.



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