Le gui blanc

publié le 12 févr. 2018 à 07:24 par Yves Guettet   [ mis à jour le·21 nov. 2018 à 07:42 par Asso Floreain ]
Nom scientifique : Viscum album

Famille : Santalacées (ex Loranthacées)

Le genre Viscum se compose de plusieurs sous-espèces dépendant du type d'arbre parasité :
  • V. album subsp. album sur les feuillus
  • V. album subsp. abietis sur les sapins
  • V. album subsp. austriacum sur les pins (source Flora Gallica)
Qui ne connait pas le gui (ou les guis), traditionnellement cueilli à Noël ? Cette plante, parasite des arbres, forment des boules, parfois assez volumineuses, sur les branches et se voient de loin. Certaines espèces comme les peupliers en sont souvent "truffés". Les lecteurs d'Astérix le gaulois connaissent cette plante et sa cueillette par les druides, à l'aide d'une serpette en or. Le gui était cueilli sur un chêne, ce qui est très rare puisque cette espèce est habituellement réfractaire au gui. Comme on l'a vu précédemment, si le gui parasite principalement les feuillus : les arbres de la famille des rosacées notamment pommiers et cerisiers, les saules, bouleaux, tilleuls... dans la France entière ; il s'attaque aussi aux sapins et pins, ce qui est sans doute moins connu. Pour être allé récemment à Vallouise dans  le département des Hautes Alpes, on peut y voir de nombreux pins infestés de gui, dont les plants se distinguent du feuillage du pin par sa couleur verte plus claire.
Port
Souvent en forme de boule, pouvant atteindre 1 mètre de diamètre, cette plante dioïque, un peu ligneuse est très ramifiée. Chaque rameau se termine par des fleurs groupées, sessiles, par 3 à 5. Elles sont verdâtres, de seulement quelques millimètres de hauteur et insignifiantes (comme souvent les fleurs des arbres). Les feuilles, opposées, portent une nervation bien marquée. Coriaces, leur extrémité est un peu spatulée. Elles sont persistantes. Les fruits : des baies de couleur blanche, translucides sont rondes et mesurent moins d'1 cm de diamètre. Elles sont très gluantes mais très appétissantes pour les oiseaux ; tout comme les fruits du lierre (qui contrairement à la croyance générale n'est pas un parasite) sont une source de nourriture hivernale pour les oiseaux. Les baies sont portées par les plantes femelles. Elles apparaissent de septembre à janvier. La plante est un hémiparasite, comme les autres genres de la famille des Santalacées, car elle a une synthèse chlorophyllienne lui permettant de fabriquer les molécules nécessaires à son développement. Ses racines se transforment en suçoirs qui s'enfoncent à travers le bois et absorbent de l'eau et des sels minéraux qui lui font défaut.
Certains arbres sont réfractaires à la plante, les chênes en particulier, même si cette règle n'est pas absolue. Le gui est disséminé par les oiseaux, les grives en particulier. Les volatiles qui dégustent la baie gluante, se colle le bec avec la graine collante. Pour s'en débarrasser, les oiseaux se frottent le bec sur les branches du même arbre ou d'un autre et propagent ainsi le gui.
Origine du nom
Gui vient du mot latin viscum (qui a donné visqueux et viscosité en français), qui donne son nom scientifique à la plante. Le mot glu est dérivé du même mot latin. Il désigne la colle utilisée pour attraper les oiseaux et fabriquée à partir des graines.

Usage
    Thérapeutique
Le gui est une plante toxique dans toutes ses parties : feuilles ou baies. Elle contient des molécules cytotoxiques, cardiotoxiques, neurotoxiques. L'absorption de quelques baies peut rendre gravement malade un enfant avec des vomissements, une hypotension (entre autres signes). Une absorption plus massive (supérieure à 15 baies) peut conduire au décès par atteintes neurologiques et cardiaques. L'infusion à fortes doses de feuilles de gui peut conduire au même résultat. Néanmoins la cueillette des feuilles de gui perdure pour ses actions diurétique et hypotensive, mais l'avis d'un médecin reste conseillé avant cet usage (contres indications médicales existantes à connaitre). Par le passé, le gui a été très utilisé pour soigner de multiples maladies : épilepsie, asthme, les néphrites chroniques... son action antitumorale est très anciennement connue et semble avérée.

Lieux 
  1. V. album subsp. album : toute la France continentale, très rare en Corse, de 0 à 1200 mètres d'altitude
  2. V. album subsp. abietis : Vosges, Jura, Alpes, Massif Central, Pyrénées, Corse de 600 à 1600 mètres
  3. V. album subsp. austriacum : Alsace, Alpes du sud, Corse (rare), Massif Central (au sens large), liste non exhaustive, de 200 à 1600 mètres 
Des différences génétiques ont permis de nommer ces trois sous-espèces qui, morphologiquement, sont quasi indéterminables. Si peuvent être observées de légères différences dans la forme des feuilles ou dans la variation de la couleur des baies ou de sa forme, celles-ci sont trop inconstantes pour être généralisées à types de caractères discriminants (source Flora Gallica).

Floraison 
De mars à mai

Bibliographie
  1. F. COUPLAN (2012) Les plantes et leurs noms. Ed. Quae, 224 p.
  2. F. COUPLAN Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques. Ed. Delachaux et Niestlé, 415 p.
  3. J. M. TISON et B. de FOUCAULT (2014) Flora Gallica. Ed. Biotope, 1195 p.
  4. M. C. PAUME Sauvages et toxiques. Ed. Edisud, 255 p.
Remarque : pour les ouvrages n° 2 et 4, des éditions plus récentes que les miennes sont à disposition en librairie, ses ouvrages rencontrant un succès bien mérité.
Comments