La plante du mois : l'Hellébore fétide

publié le 1 janv. 2015 à 14:05 par Yves Guettet   [ mis à jour : 27 févr. 2015 à 08:42 ]
Pour inaugurer cette nouvelle rubrique, j'ai choisi cette plante, somme toute assez banale. Mais si elle n'est pas bien connue du grand public elle a la particularité de ne pas passer inaperçue à cette époque de l'année. En effet, parmi une végétation d'arbustes démunie de feuilles (ou conservant des feuilles sèches de l'année), l'Hellébore se distingue par sa taille de 30 à 70 centimètres et sa couleur presqu'uniformément verte. Ses fleurs s'épanouissent de décembre à janvier principalement.
Découvrons la plus en détails.
 
Nom commun : Hellébore, Ellébore ou Griffon du diable (nom qui fait référence aux racines noires et griffues)
Etymologie : hellébore est tiré de 2 racines grecques : helein qui tue et bore nourriture
Nom scientifique : Heleborus foetidus
Famille : des Renonculacées
Particularités : Plante se rencontrant habituellement sur terrains calcaires plus rarement acides, en lisières de sous-bois d'hêtres ou de pins mais également de landes à buis où elle pousse de décembre à mai. Par son odeur fétide, elle attire les insectes pollinisateurs. On obtient cette même odeur désagréable en froissant les feuilles avec les doigts. Les graines sont dispersées par les fourmis qui sont attirées par son côté charnu.
Port : Cette vivace présente des feuilles uniquement sur le bas de la tige. Les feuilles sont toutes issues de la tige, portées par un pétiole cannelé de couleur rougeâtre. Celles-ci composées, palmées et formées de 5 (ou plus) segments (folioles) lancéolés et dentés. L'inflorescence s'étage sur le haut de la tige, sous la forme de fleurs pédonculées en forme de clochettes tombantes à bords rougeâtres, sans pétales.
Histoire : Dans la fable "Le lièvre et la tortue" La Fontaine écrit : "Ma commère, il vous faut purger avec quatre grains d'ellébore". A l'époque, cela signifiait vous êtes folle. Cette historiette illustre une très ancienne utilisation de la plante pour traiter les maladies mentales (folie, mélancolie...) mais aussi l'épilepsie, les affections cutanées voire les poux. On lui reconnaissait aussi des vertus diurétiques, vermifuges ou emménagogues.
Dans un passé plus récent, il était d'usage dans certaines régions françaises, dans les campagnes, de soigner les fièvres du bétail, en créant un abcès de fixation (un séton). Pour ce faire, on introduisait sous la peau de l'animal  un morceau de la plante que l'on faisait ressortir, quelques centimètres plus loin, à la façon d'une mèche. La guérison était obtenue en quelques jours.
Toxicité : L'hellébore est une plante extrêmement toxique par tous ses composants mais en premier lieu les racines. Cette toxicité est cardiaque et cérébrale : 70 g de racines séchées suffisent à tuer un bœuf. Autres actions : émétique et purgative. Les feuilles et le suc de la plante contiennent un composé irritant pour la peau.
PLANTE A OUBLIER BIEN VITE POUR SON USAGE PHARMACEUTIQUE.
 
La rose de Noël ou Hellébore noire est tout aussi toxique.
On peut rencontrer d'autres Hellébores en France : l'Hellébore vert est une espèce de montagne et l'Hellébore de Corse.
 
Sources :
  • Collectif (1987) Guide des plantes sauvages. Sélection du Reader's Digest. Cet ouvrage très complet est réédité régulièrement.
  • PAUME M.C. (2009, réédition complétée en 2014). Sauvages et toxiques. Edisud éditeur. Un des meilleurs ouvrages sur les plantes toxiques, simple et précis.
  • TISON J.M. et DE FOUCAUT B. (2014) Flora Gallica. Biotope éditions. La dernière flore de France, actualisée, pour amateurs affutés en botanique.
 
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