La plante du mois de Février : LE GENEVRIER COMMUN

publié le 22 janv. 2015 à 15:08 par Yves Guettet   [ mis à jour : 27 févr. 2015 à 08:39 ]
Nom scientifique :
Juniperus communis
Famille : des Cupressacées
Particularités : Cet arbuste est très présent dans les landes calcaires du Revermont où il envahit petit à petit les prés communaux qui ne sont plus pâturés en compagnie du buis, de l'épine noire où encore des résineux. De croissance très lente il peut atteindre l'âge de 400 ans. 
Port : Plus ou moins élancé selon les conditions du milieu, arbustif, il peut atteindre une hauteur de 3 mètres. Il peut aussi  présenter un port prostré. On le rencontre à l'étage collinéen ou montagnard sur calcaire. C'est une plante dioïque (plants mâle et femelle séparés).Ses rameaux à l'écorce brune sont crevassés et porte des aiguilles fortement piquantes. Disposées par trois à l'opposé de l'axe du rameau, elles portent une raie blanche sur la face supérieure. Les fruits ont un cycle de 3 ans, d'abord verts, ils prennent une teinte noirâtre au troisième automne. Ce sont des fausses baies comportant 3 noyaux.
Usages : Le genévrier a un bois à grain très fin, rougeâtre. Il est utilisé en marqueterie.
Récolte : Les fruits sont récoltés à l'automne après les premières gelées afin qu'ils soient blets. Ils sont trop astringents pour être consommés crus.
Culinaire : Les fruits du genévrier sont utilisés couramment pour parfumer la choucroute, le gibier ou le mouton. Ils entrent dans la composition du gin.
Médicinal : Le genévrier est réputé pour ses vertus digestives ou apéritives à petites doses (quelques graines). Il diminue les flatulences. C'est aussi un diurétique puissant. A doses plus fortes : on l'utilise comme antiseptique des voies urinaires ou pour son action fébrifuge. A doses fortes : très irritant pour les voies urinaires, il peut provoquer des hématuries. L'utilisation de jeunes rameaux à la place des fruits a les mêmesvertus thérapeutiques.
Histoire : Dans les Hautes-Alpes , il était d'usage de brûler des branches de genévrier sur le poêle pour lutter contre l'asthme, la toux ou le rhume. Au Moyen-Age, ce moyen permettait de désinfecter l'air ambiant et se prémunir des maladies épidémiques dont la peste. 
Croyance : En Europe : Allemagne, Italie notamment, brûler des branches de genévrier permettait de chasser les mauvais esprits.
 
Autre espèces de genévriers :
-le genévrier nain : c'est une sous-espèce du genévrier commun. On le rencontre à l'étage montagnard en limite supérieure d'aire. Son port prostré et ses feuilles un peu arquées le distinguent du genévrier commun.
-le genévrier oxycèdre : se rencontre dans le sud de la France. Il diffère du genévrier commun par ses feuilles portant 2 raies blanches et ses fruits rougeâtres : les cades utilisés en cosmétologie.
-le genévrier de Phénicie : méditerranéen comme le précédent mais de feuilles totalement différentes des deux espèces précédentes. Il est très toxique dans tous ses composants.
-le genévrier thurifère : rare en France (très belle station à Saint-Crépin dans les Hautes-Alpes), espèce de montagne aimant la chaleur (très présent dans le Haut Atlas marocain), il a un bois très aromatique (servait à la production d'encens) qui lui vaut son nom. Sa longévité est estimée à plus de 1000 ans.
 
Sources :
- TISON J.M. et DE FOUCAULT B. (2014) Flora Gallica, Biotope éditions
- PAUME M. C. (2009) Sauvages et toxiques, édisud.
 
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