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Mont Blanc Sky Race : 26-06-2019

publié le 28 juin 2019 à 14:00 par Manu Barbier
L
e Mont Blanc...pour certain, c'est une crème dessert, pour d'autre, des stylos de luxes ou alors un Ultra Trail pour d'autre...mais c'est surtout le sommet de la Savoie et des Alpes.;-)

Déjà deux tentatives ratées, la première en Juin 2000 avec Christophe à la façon Polak avec des sacs de 20 kg sur le dos, l'envie d'un bivouac à Vallot mais aucun entrainement....On réussira à avoir une place au Gouter après avoir rebroussé chemin un peu plus haut et Christophe ira seul au sommet le lendemain car je fus malade toute la nuit. Ma seul récompense ce jour là, pouvoir observer Pierre Tardivel skier la Nord de Bionnassay et discuter avec lui dans le tramway nous ramenant dans la vallée.

La deuxième avec Isa en Juin 2001et là, c'est la tempête qui nous avait fait rebrousser chemin juste sous l'arête des Bosses quand on a vue les 4 balèzes gars de l'Est à moitié couché pour lutter contre les rafales de vent...Je m'étais dit que je ne reviendrai pas...

Les années on passées et l'envie d'aller fouler la cime est revenue ces dernières saisons, mais pour y monter d'une traite et redescendre direct.

Les copains l'ont fait à skis ou à pied et je n'étais pas dispo à chaque fois.

Mardi 25 Juin, je me sent bien et je n'ai pas de courbatures de la course de dimanche et cette idée de mettre à profit mon acclimatation du week-end me trotte dans la tête...Je décide de préparer le sac et je verrais au réveil.

1h30, la radio ce met en route, j'hésite 5' puis je me sent en forme malgré les 3 heures de sommeil...Allez, je me lève. Un thermos de Yogi tea et quelques biscuits pour le petit dèj sur le parking du Crozat au dessus de Bionnassay que je rejoins en moins de 2 heures.
4h10, c'est partie. Je suis super bien et ça avance. Je rejoins vite le col de la Vosaz puis Bellevue, il fait déjà jour. De là, chut, il faut pas le dire, je suis les rails du petit train jusqu'au Nid d'Aigle.

Un peu au dessus, je troc mes baskets contre mes chaussures d'alpi et cache les premières sous un rocher. Le sac c'est allégé , ça fait du bien.

Malgré l'absence d'un bon regel, la trace pour traverser le glacier de Tête Rousse n'enfonce pas trop et j'arrive vite à "the couloir"....

Top chrono, traversé en 20 secondes en courant malgré la goulotte un peu gelé au milieu.

J'enlève les crampons et me fait même plaisir dans toute la montée en mettant un point d'honneur à ne pas toucher les câbles.

Les quelques cordées ayant passé la nuit au refuge du Gouter avant la redescente sont bien sympathique et plusieurs échanges quelques mots au passage.

J'arrive à l'ancien refuge en super forme et en moins de 4h après mon départ. Il me reste 1000 m a monter et je sais qu'aujourd'hui est le bon jour.

Une cordée avec un guide fait une pose, on discute et il dit à ses clients que ce serait bien de faire des images de moi avec leurs drone quand je repars "comme un avions"...je dit ok et repart à balle dans la petite pente menant à l’arête puis, j’allonge le pas sur le plat, le drone me suis toujours...."AU putain, j'vais exploser".

J'avais prévu une pose et manger un petit sandwich...tans pis si il me suis encore, je m’arrête. ;-)

Une dizaine de minute de pose le temps de manger, mettre les crampons et la casquette au lieu du casque et je repars.

Je suis toujours bien et pour doubler les cordées qui monte au Dôme du Gouter je tire droit dans la pente au lieu de suivre la trace version ski alpi qui serpente mais est vraiment trop plate à mon gout...

Passé le Dôme je trottine dans la traversée du col en direction de Vallot puis reprend un rythme raisonnable pour arriver à l'abri.

Je suis à 4362 m d'altitude et je n'est toujours pas mis mes gants, il fait bon mais je les enfiles quand même pour attaquer l'arrête des bosses.

Mon allure commence à baisser sévèrement mais je m'y attendait, je ralenti donc encore un peu, le but étant de faire une courte pose à 4500m puis et dernière à 4650 et tenir jusqu'au sommet.

L’arrête se couche, je contrôle la montre, c'est tout bon j'arrive au sommet, je déboule sur le dôme sommital d'un bon pas, salut les quelques ascensionnistes, je regarde ma montre....6h15 depuis le parking, houa, ça c'est vraiment bien passé. :-)

1/4 d'heure à flâner, il fait bon, les voyants sont au vert, je vais faire une bonne descente.

En trottinant presque toute l’arrête j'arrive rapidement à Vallot ou je tombe la veste coupe vent pou rester juste en sous vêtement manche longue, les gants sont rangés aussi.

Par contre le petit mal de tête ressenti là haut c'est intensifié et ça commence vraiment à me raisonner dans la tronche à chaque fois que je pose le talon sur la trace encore bien dure...Je passe donc à côté.

La petite remontée du col du Dôme est un calvaire, je suis scotché, je n'avance plus et j'ai une migraine qui s'installe...heureusement j'arrive à descendre encore correctement jusqu'à l'ancien refuge du Gouter.

J'enlève les crampons, met le casque et descend à fond ,cette fois en me laissant glisser le long des câbles....Mais au milieu de l’arrête...plus de jus, les jambes en cotons, obligé de m'assoir...Je fini la descente jusqu'au couloir vraiment pas très bien.


Malgré le coup de mou je traverse une nouvelle fois en courant puis me laisse glisser au refuge de tête Rousse au je fais le pleins d'eau et bois un coca. Je me fous bien de payer une bouteille d'eau 6 euros, il faut que je me réhydrate. Je suis surement en train de faire une hypo mais je ne m'en rend pas conte et ne prend pas le temps de manger un bout...Un petit sandwich "Dona" pour les quelques 6h d'ascension ce n'est surement pas assez. ;-)

Je suis content de retrouver mes baskets un peu plus bas mais il reste encore un bout jusqu’au parking.

A la gare du nid d'Aigle je décide de prendre le sentier classique beaucoup plus long mais je n'est pas envie de me speeder pour éviter le train et devoir me cacher en prenant les rails...

La chaleur est de plus en plus oppressante, heureusement que la vue sur la face et le glacier de Bionnassay est magique car je ne peu toujours pas courir et mon mal de crane ne passe pas...

J'arrive enfin au parking, je suis tellement cuit que je calcul mon temps n'importe comment : il est 4 heure de l'aprem, je suis parti à 4 heure du mat, ça fait 10 heures dans la montagne....En fait je suis descendu super vite.....Je me rendrai compte seulement à la maison en vidant ma montre que c'est 12heures de ballade et donc 5h30 pour redescendre.... ;-)

Plus qu'à rentrer à la maison, préparer à manger pour les enfants qui arrivent émerveillés des photos reçu au cour de la journée et qui sont super fières de leur Papounet. Houa, voilà une récompense à la quelle je ne m'attendais pas :-)

Une très belle aventure à renouveler à ski la saison prochaine.


Le matos emporté :






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