Ce qu'est l'ADDA

L'ADDA est une épicerie et une cuisine de produits locaux et de saison, préférentiellement issus de l'agriculture dite « biologique »

En compléments d'autres types d'organisation (AMAP, GASE, centrale d'achat), l'ADDA propose des produits essentiellement issus de producteurs locaux, en fonction des saisons (pour les végétaux) et des besoins ou commandes (légumes secs, miel, produits animaux...). Elle propose des « paniers bio locaux de saison », dont les surplus et quelques autres produits viennent alimenter une épicerie.

Les circuits courts représentent environ 80 % des produits proposés et 20 % en « long » (chocolat, savons, produits ménagers...).

Il est donc important de bien faire le lien entre l'adaptation au changement climatique et le fonctionnement du lieu de vente. Et donc se poser des questions sur la provenance des produits non locaux, sur la part de la viande (même récupérée), et accepter que lors des demi-saisons de production, les offres soient moins riches (avril-mai et octobre-novembre).

Les ventes de l'épicerie sont une partie « payante » de l'activité de ADDA. Elles donnent, avec les adhésions, une autonomie financière à l'association. Toutes les autres activités sont gratuites.

L'ADDA dispose d'un lieu, le Local, qui permet aux personnes de se rencontrer pour agir

Le Local est intrinsèque à l'ADDA. Contrairement aux AMAP ou aux GASE qui ne disposent pas, ou rarement, de lieux propres fonctionnant en dehors des moments de livraison, l'ancrage concret et spécifique de l'ADDA dans un lieu propre et, donc, dans un quartier, assure une cohésion sociale de proximité. On rencontre d'autres adhérentes et adhérents dans son quartier, on noue des contacts avec les associations locales, on évite, si possible, le recrutement des adhérents qui habitent ou travaillent trop loin, on travaille dans la continuité les relations locales (commerçants, services institutionnels, voisinage).

L'ADDA expérimente et entortille toujours actions et réflexions

Agir pour comprendre, comprendre puis agir, les deux sont intimement liés au sein des actions mises en œuvre par l'ADDA. Des erreurs sont commises, analysées, et corrigées. Des actions sont lancées, maintenues ou abandonnées. Des informations sont analysées, partagées pour être comprises, puis mises en regard des actions et confrontées au monde réel.

L'ADDA est ouverte sur le monde qui l'entoure

La curiosité de l'ADDA envers son environnement proche ou plus lointain est immense. Elle se tourne vers les réseaux et groupes constitués, formels (Écopôle...) ou informels (Alternatiba...). Elle répond toujours aux sollicitations, les acceptant ou les refusant, après réflexions, mais en fournissant une réponse motivée. Elle choie les producteurs avec qui elle travaille et participe volontiers avec d'autres acteurs à des actions locales efficaces et utiles ou à des échanges d'informations validées. Elle témoigne de ce qu'elle est.

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Ce que n'est pas l'ADDA AujourD'hui restaurons DemAin :

    • Une épicerie « solidaire ». Si le 'gratuit' attire (mais un repas gratuit, cela n'existe pas), si la récupération est faite, si l'échange est dynamique, la vocation première de l'ADDA n'est pas la solidarité. La solidarité est inscrite dans le fonctionnement, mais pas plus qu'autre chose.
    • Une base militante. Hors de l'adaptation au changement climatique, le prosélytisme n'est pas de mise, dans aucun domaine que ce soit.
    • Un prestataire de repas collectifs. D'abord pour ne pas faire de concurrence aux personnes qui vivent de la restauration, et même s'il y a une forte demande dans la métropole, l'ADDA n'est pas vraiment structurée pour cela. Quelques actions, emblématiques et toujours en partenariat, peuvent avoir lieu, à condition qu'aucun professionnel n'en soit gêné.
    • Un libre service. Le travail à fournir pour faire tourner l'ADDA est de l'ordre de 4 à 5000 heures par an. Les paniers et l'épicerie drainent à eux-seuls les trois quarts de ce temps, et 500 heures sont nécessaires pour la gestion, depuis les commandes jusqu'à la comptabilité, en passant par les contacts courants, institutionnels, amicaux, partenariats divers, pilotage, etc.

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Ce qu'il faut (peut-être) retenir

L'histoire récente de l'ADDA, notamment le déménagement (plus de cuisine, manque de bénévoles), et le relatif essoufflement de l'actuel « modèle associatif » jusqu'alors utilisé (conseil d'administration, etc.), obligent à se poser des questions de fond sur la manière dont l'ADDA peut continuer.

Des questions :

Est-il possible de partager les responsabilités, le pouvoir, les décisions, l'autorité ?

Est-il possible de demander à des bénévoles-adhérent-e-s de fournir 5000h de travail par an ?

Et à combien d'entre elles et eux ?

Est-il possible d'être formé-e-s aux multiples tâches nécessaires à l'ADDA ?

Est-il possible de rester cohérent-e-s avec nos valeurs ?

Des pistes de réponses :

    • Sociocratie, cercles de pilotage, comité des sages, décisions par consensus ou consentement, tout cela existe. Peut-on les adapter à l'ADDA ?
    • 250 adhérent-e-s pour 5000 h, cela fait 20 heures par adhérent-e-s par an. Est-ce jouable ?
        • Et doit-on trouver des bénévoles 'expert-e-s', plus investi-e-s pour certaines tâches ? Comme (en vrac et non exhaustif) les contacts, la cuisine, la comptabilité, la validation des informations, la bienveillance inter-personnelle, la couture, l'hygiène du Local, les ruches ...
    • Partage des compétences, programmes de formations, transmission des connaissances et des valeurs.
    • La contrainte climatique, c'est d'abord diviser par 4 nos émissions individuelles. C'est un immense effort si on est seul-e, mais collectivement, on peut s'aider pour en faire une part. Mais encore faut-il le vouloir, et encore faut-il être capable de refuser les fausses solutions, qu'elles soient 'technologiques' ou 'ésotériques'.

Retrouvons-nous en assemblée générale à la Salle Marion Cahour pour décortiquer tout cela !

Le jeudi 11 juin 2015 à 18 h