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Rencontre avec Patrice Raydelet

Passionné par les Carnivores, Patrice Raydelet nous présente son nouvel ouvrage sur le Chat forestier d'Europe, édité chez les éditions Delachaux et Niestlé. 


 
" L’extrême discrétion du félin et son caractère farouche ont longtemps laissé planer le mystère autour de sa vie. Et les hommes se faisaient un devoir de dépeindre ce petit chat comme un corpulent criminel. Certains lui ont attribué le poids du lynx, d’autres en on fait un fauve irascible et dangereux, et pour tous il était le
saigneur des forêts. Quel beau titre de noblesse, s’il n’y avait cette orthographe ! Car les prédateurs sont jugés néfastes au bon fonctionnement d’un écosystème que l’on considère équilibré lorsque les nuisibles n’y ont plus leur place. Une telle réputation e liée à la récurrence des déclarations sulfureuses, mais également à la difficulté d’observer l’animal sur le terrain… D’après Hainard, la première photographie de chat sauvage date de 1957. Pour l’anecdote, en 1909 déjà, Dugmore réalisait des images de lions en Afrique…

La Lorraine est le berceau des études consacrées au chat forestier de France. L’initiateur de ces travaux inédits est le professeur Condé, qui au début des années 1960 entreprend de déterminer les dépouilles conservées au musée de Zoologie de Nancy. La création d’un élevage lui permettra ensuite d’obtenir plus d’une centaine de chatons et de mieux appréhender le cycle reproducteur de l’espèce. En compagnie de Schauenberg, autre précurseur des études sur le félin, Condé va contribuer à revaloriser l’image du chat forestier en diffusant des connaissances nouvelles et en infirmant les exagérations morphologiques et comportementales émanant de chasseurs et de piégeurs. Cette perception objective du prédateur va modifier son image, faire reconnaître sa valeur patrimoniale et aboutir à sa protection.

Ainsi, de nouvelles études seront initiées avec des moyens d’investigation plus modernes comme le radio-pistage. En Lorraine, toujours, au début des années 1980 par Artois, Stahl et Léger notamment et par Corbett en Ecosse, à la fin des années 1990, nos connaissances sur l’éco-éthologie de l’espèce reposeront sur ces seuls suivis lorrains et écossais. Depuis, d’autres opérations de ce type se sont déroulées en Italie, en Suisse, en Allemagne et au Luxembourg.

Depuis le début des années 2000 et grâce à l’apport de la biologie moléculaire, des travaux menés par des équipes françaises et internationales ont notamment permis de faire de nouvelles découvertes dans les domaines de la phylogénèse et l’hybridation.

L’état de nos connaissances s’est singulièrement amélioré depuis une quarantaine d’années. Mais les recherches doivent se poursuivre et s’accompagner de campagnes d’information sur le rôle indispensable qu’occupe ce petit prédateur dans son écosystème. L’ancien chat dit sauvage s’est mué en forestier dans le langage. Pour mieux coller au silvestris de l’étymologie latine de son appellation. Mais seul le nom a changé. Les mœurs restent sauvages… dans le bon sens du terme. " 

                                                                                                                                                                                                                                                                Extrait de l’ « Invitation au parcours »   


À découvrir également, son ouvrage sur le Lynx boréal








Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site internet des éditions Delachaux et Niestlé : http://www.delachauxetniestle.com/


À consulter également, le catalogue (https://asp.zone-secure.net/v2/index.jsp?id=19/44/2758&lng=fr) et la lettre d'information (https://asp.zone-secure.net/v2/index.jsp?id=19/44/3598&lng=frde Delachaux et Niestlé. Bonne lecture !