Chroniques d'un raté Affaire d’honneur tenue à bout de bras!
J’étais à la plage avec ma fiancée. Nous marchions bras dessus bras dessous. Le temps était magnifique et la mer bleu azur. Tout allait à merveille dans le meilleur des mondes.Soudain, les bras m’en tombent, un quidam venait de faire, sans vergogne, une œillade à ma dulcinée! Ce malotru était ce qu’on appelle un gros bras mais il fallait davantage de raisons pour m’empêcher de réagir. D’une voix ferme je l’ai interpellé et je lui ai fait ce que je croyais être une belle leçon de civilité. En guise de réponse, ce goujat m’a fait un bras d’honneur, puis m’a tourné les talons comme si de rien n’était. Vous pensez bien que je ne suis pas resté les bras croisés : je suis allé illico déposer une plainte au poste de police le plus proche. Cet affront qui m’est resté sur le bras doit être lavé au plus vite.Les policiers –que dis-je? ces bras cassés se sont contentés de recueillir ma déposition sans donner suite à l’affaire. Je n’ai pas baissé les bras pour autant. Je suis allé me plaindre auprès d’un ami d’enfance. C’était quelqu’un qui avait le bras long. On disait de lui qu’il avait ses entrées chez le ministre en personne. Je ne me suis pas trompé de personne. Bien que nous ne nous soyons pas vus depuis belle lurette, il m’a accueilli à bras ouverts, m’a tendu les bras et m’a promis de prendre mon problème à bras-le-corps.Quelques jours plus tard, je me suis retrouvé, au poste, face au malappris. Il était menotté aux poignets et enchaîné aux chevilles. Profitant de l’absence momentanée de l’officier, je lui ai tapé dessus à bras raccourcis. Comme c’est apaisant de donner des coups à tour de bras tout en ayant la certitude de ne pas en recevoir.Mohamed Néjib TAYEB
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