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La crise capitaliste actuelle

Drapeau Rouge n°4 - Janvier/Février  2009

Crise du système bancaire,

ou crise du capital dans son ensemble ?

 

            Les analyses les plus différentes pullulent au sujet de la crise que connaît aujourd’hui l’économie mondiale. Mais la majorité ont ce point en commun qu’elles pointent la « crise des subprimes » comme l’élément déclencheur d’un phénomène qui aurait pour seule cause un fonctionnement contestable du « secteur financier ».

 

            Ce fonctionnement anormal, ayant « trahi » l’esprit du capitalisme et de l’économie de marché, selon Sarkozy par exemple, expliquerait à lui seul la crise. Et c’est lui qui serait responsable de ses incidences sur l’ « économie réelle », c’est-à-dire sur l’activité productive, le niveau de vie de la population, etc.

 

            Seule seraient en cause la spéculation, et la moralité douteuse d’une partie des dirigeants, dirigeants qu’il suffirait, au mieux, de remplacer. Les discours populistes sur les « parachutes dorés » sont un exemple frappant de cette hypocrisie.

 

            En fait, c’est tout simplement l’inverse qui s’est produit. C’est les conditions capitalistes de production et de concurrence elles-mêmes qui ont entraîné la configuration actuelle de distribution de l’argent et des marchandises, du système financier, de spéculation, du crédit et de moralité douteuse de tous les dirigeants capitalistes.

 

            Et il ne s’agit ni d’une nouveauté fondamentale du point de vue du mécanisme, ni d’un hasard. Deux contradictions fondamentales du système amènent l’accumulation du capital, ou « la croissance », à s’interrompre après chaque phase d’expansion. Il en résulte une crise, qui, latente, finie par éclater au grand jour. C’est ce qu’il se passe aujourd’hui.

 

            Nous allons examiner ces deux tendances, la baisse tendancielle du taux de profit, et le rétrécissement des marchés, la surproduction, comme manifestations de la crise. C’est le capital lui-même qui fixe ses propres limites objectives. Nous verrons par quelles solutions ces tendances ont jusqu’ici été contrées. Nous reviendrons ensuite sur certains des traits de la situation actuelle.

 

La baisse du taux de profit

            Le taux moyen de profit, c’est-à-dire le rapport entre la somme que l’investisseur capitaliste doit avancer, et celle qu’il peut espérer retirer de son investissement une fois les marchandises produites et vendues, baisse au fur et à mesure que le capital s’accumule. En effet, plus la production de marchandises nécessite des investissements coûteux en maintenance et en moyens de production, plus il est nécessaire au capitaliste de disposer de sommes énormes - en termes marxistes, plus la composition organique du capital est élevée.

 

            Et, s’il peut espérer voir son profit absolu croître, son profit relatif baissera au fur et à mesure que la concurrence ou le « coût » du travail l’obligera à remplacer des salariés par des machines, du capital variable par du capital constant.

 

            Cette tendance peut être contenue tant qu’il y a expansion de la production et des marchés, entraînant  une hausse de la masse de la plus-value. Elle est combattue par une exploitation redoublée des salariés, soit en augmentant la durée du travail, soit en baissant les salaires réels. Et, enfin, elle est ralentie par les gains de productivité qui améliorent le système productif, mais ici, le remède contient en lui-même le mal, car, s’il augmente le taux d’exploitation, il augmente également les dépenses en capital constant, et peut donc alimenter in fine la tendance à la baisse de ce taux de profit.

 

            Nous pouvons repérer ici l’une des causes fondamentales de l’hypertrophie du secteur bancaire et de la bourse, en même temps que de la faillite de bons nombres de capitalistes moyens, voir d’économies nationales entières.

 

            Par le système du crédit et de la vente des actions, les entreprises tentent de faire face aux dépenses redoublées qu’exige cette fuite en avant, en se procurant de l’argent en quantité toujours plus grandes. Banquiers et actionnaires spéculent sur une marchandise qui n’est pas encore créée, mais dont ils espèrent qu’elle réalisera sa valeur escomptée en se vendant, une fois produite.

 

            Dans ce processus, les entreprises dont le développement est trop lent, et le degré de concentration trop faible, sont éliminées, soit qu’elles n’obtiennent pas, soit qu’elles ne peuvent rembourser le crédit, soit simplement du fait de la concurrence. Pour faire face, le capital doit donc se concentrer à une échelle toujours plus grande, les entreprises fusionner, et l’échelle du marché sur lequel elles opèrent s’agrandir.

 

            Mais ce système du crédit en lui-même n’a pas permis, au cours du développement, de protéger l’accumulation du capital d’une brusque interruption. Il a fallu, chaque fois que c’était nécessaire, injecter l’argent public soit dans la finance, soit dans la production et la production de services et d’infrastructures utiles aux capitalistes, et, lorsque c’était nécessaire, aux travailleurs, pour permettre à l’édifice de rester sur pied. L’investissement étatique, loin d’être un contrepoids à leur toute puissance, a donc au contraire profité aux capitalistes privés, et aux financiers auprès desquels l’Etat s’est endetté.

 

            Et l’industrie d’armement, les différents complexes « militaro-industriels » nationaux, n’ont pas été les plus petits bénéficiaires de l’investissement public, à la fois garants d’une hypothétique relance, et de la possibilité, pour les capitalismes nationaux, de maintenir des troupes à l’étranger pour se tailler des marchés et des sources d’approvisionnement fusils aux poings.

 

            Le phénomène de l’impérialisme, fusion du capital industriel et du capital bancaire en grands ensembles nationaux appuyés sur l’état pour se partager le monde, a été précisément une réponse à cette tendance du taux de profit à baisser, une organisation systématique des contre-feux à ses effets d’effondrement, par la guerre permanente menée contre les travailleurs et les populations. Système qui a déjà mené le monde à deux boucheries sanglantes généralisées.

 

Rétrécissement et saturation des marchés

            Le profit n’est que la valeur monétaire de la plus-value qui est arrachée au travailleur pendant la production, ne se réalisant néanmoins que pour autant que la marchandise est vendue. Il s’ensuit que plus les salaires sont élevés, plus les profits capitalistes sont bas.

 

            Tant est si bien que plus le taux de profit tend à baisser, plus les capitalistes sont contraints, pour enrayer cette tendance, à baisser les salaires, ou, ce qui revient au même, à augmenter le durée de travail sans augmenter sa rémunération. Mais, plus les salaires baissent, plus diminuent les capacités de consommation des classes productives, et donc la demande solvable sans laquelle les marchandises ne peuvent pas se transformer en argent, le capital se valoriser.

 

            Là encore, le système du crédit, et celui de l’impérialisme, viennent à la rescousse des capitalistes. Dans les périodes d’expansion, même un peu ralenties, une partie importante des salariés, qu’ils soient ouvriers ou bien participent à l’encadrement du système, peuvent voir compensés des salaires assez peu élevés par la garantie d’un emploi stable.

 

            Ils peuvent alors emprunter aux banques pour faire face à leurs plus gros achats, et sauvegarder une marge assez importante pour leurs consommations courantes. Ils bénéficient, en outre, dans les pays impérialistes du centre, des miettes que procure à ceux-ci la domination impérialiste du monde.

 

            Le marché des produits de consommation courante destiné aux ménages, comme celui du logement d’ailleurs, peuvent donc continuer, bon an mal an, à couvrir une superficie suffisante pour que les marchandises puissent s’écouler.

 

            Enfin, le marché très important des moyens de production, comme par exemple les machines-outils, marché destiné exclusivement à l’investissement capitaliste, s’étend au fur et à mesure que les capitalistes doivent investir plus en capital constant, comme contrecoup à la baisse tendancielle du taux de profit.

 

            Il existe, en outre, d’autres marchés « extra-capitalistes », c’est à dire dont les consommateurs ne sont ni salariés, ni capitalistes, et qui peuvent servir à écouler une partie du produit, ou, surtout, à se procurer des matières premières. Il s’agit des classes et des régions non-capitalistes, mais soumises néanmoins à la dictature impérialiste du capital. Ces régions et ces classes ne profitant que d’une faible productivité du travail, les échanges entre elles et le secteur spécifiquement capitaliste sont inégaux. Ainsi, les pays dominés fournissent les matières premières à bas prix, et doivent acheter les produits finis à un coût plus élevé.

 

            Mais ni le crédit accordé aux ménages populaires, ni la production de moyens de production, ni les marchés extra-capitalistes, ne peuvent empêcher les tendances à la saturation et à la réduction des marchés vis-à-vis des marchandises produites, c’est-à-dire les tendances à la surproduction.

 

            Nous avons vu que le crédit ne produit pas en lui-même de valeur. Il s’agit simplement d’un capital fictif, d’une spéculation sur de la richesse en devenir, en l’occurrence sur les salaires accordés dans le futur aux travailleurs. Mais précisément la baisse du taux de profit, la révolution permanente des structures de production, obligent les capitalistes à réduire la part du salaire et à jeter dans le chômage une quantité toujours plus grosse de travailleurs à chaque grippage de l’accumulation capitaliste. Cette « surpopulation relative » devient une condition de survie pour le capitalisme.

 

            Rapidement, les salariés, en se transformant en miséreux, de même que les ménages d’artisans et de paysans pauvres ruinés par le développement capitaliste, deviennent insolvables, et la saisie de leurs biens ne permet pas aux établissements de crédits de faire face, de disposer de suffisamment de liquidités pour rester durablement « crédibles ».

 

            La production de moyens de production et son marché sont instables. Les changements incessants dans la structure productive, la disproportionalité entre les différentes branches de la production, sont autant de facteurs de crise. Surtout, il ne peut y avoir production de moyens de production dans le vide, mais seulement en rapport avec la production de biens de consommation destinés aux larges masses ; ce qui fait que lorsque la sous-consommation frappe ce marché là, elle frappe inéluctablement les marchés inter-capitalistes.

 

            Enfin, l’échange avec les secteurs extra-capitalistes, comme leur pillage, contient en lui-même sa propre perte. En effet, sans complètement disparaître, ces classes et régions non-capitalistes se réduisent au fur et à mesure que progresse la domination mondiale du mode de production spécifiquement capitaliste, qui finance son extension notamment par ces marchés là. Sa progression même lui fait donc perdre les marchés dans lesquels il pouvait réaliser une part de la plus-value pour financer la poursuite de l’accumulation.

 

La situation actuelle

            Nous avons vu, du point de vue des lois mises en évidence par Marx il y a un siècle et demi et enrichies notamment par Lénine et Rosa Luxembourg, que le capitalisme sécrète lui-même sa propre ruine. Cette ruine peut être reportée à chaque fois que le cycle d’accumulation peut reprendre à une échelle élargie, par la découverte de nouveaux marchés, le repartage du monde, ou simplement des plans de relance soutenus par l’Etat. Mais cet élargissement est également à chaque fois la promesse que la crise suivante sera elle aussi également élargie dans son amplitude, jusqu’à ce que le capital se heurte à ses propres limites objectives.

 

            Tôt ou tard, malgré les quantités de valeurs immenses en jeu, le capital fait face à une pénurie de plus-value, stoppant net l’accumulation qui est la condition de sa survie. Plus la richesse se suraccumule dans les mains des capitalistes, plus les marchés se rétrécissent à l’autre pôle, et plus, pourtant, le capital doit réaliser des profits toujours plus grands pour faire face aux investissements nouveaux. C’est cette ultima ratio du capital qui le rattrape aujourd’hui, alors qu’il avait pu, bon an mal an, colmater les brèches depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

 

            Ce sont ces règles profondes, immuables du capital, que l’écroulement spectaculaire de la finance rappelle aujourd’hui. Les ferments de la crise résident donc dans le capitalisme en lui-même, pas dans le secteur financier pris séparément. Sarkozy a reproché aux banques de financer la spéculation, plutôt que la production. C’est une énormité ! Comme nous l’avons vu, la spéculation comme le crédit sont des conditions de l’investissement capitaliste productif.

 

            La « crise des subprimes » a été le déclencheur des faillites en chaîne dans le secteur du crédit hypothécaire américain, s’étendant à tout le secteur bancaire. Mais la cause de l’écroulement progressif du système financier ne réside pas seulement dans la fragilité du marché immobilier américain, ni dans la faillite des seuls ménages aux U.S.A. C’est l’ensemble des marchés qui entrent en crise. Et c’est la baisse du taux de profit moyen des entreprises qui, cause ultime de la sous-consommation des masses, rend également douteux et « pourris » les titres spéculatifs, les crédits, puis enfin les actions, qui sont liés à ces entreprises.

 

            La déconnection, réelle et immense, entre les valeurs réellement produites et celles en jeu sur les marchés spéculatifs ne proviennent pas d’une surchauffe accidentelle de la spéculation, qu’il suffirait d’encadrer et de contrôler. Elle révèle simplement le décalage entre les liquidités avancées, les intérêts escomptés, et les valeurs qui ont été effectivement créées dans la production. Et les bricolages financiers spéculatifs ne sont pas dus à la seule cupidité – pourtant bien réelle – de leurs artisans, mais au fait que les capitaux ne trouvent plus suffisamment de débouchés dans l’économie productive.

 

            Et toute injection nouvelle d’argent pour sauver les banques en rachetant ces titres pourris, comme il en est injectée en sommes au demeurant tout à fait insuffisantes – du point de vue de la finance - aujourd’hui, ne peut se faire elle-même qu’à crédit, en augmentant la dette de l’Etat, ou en créant de l’argent, faisant tourner la planche à billet, ce qui peut créer une spirale d’inflation qui réduira encore les capacités de consommation, précipitant in fine la faillite des banques. Dans les deux cas, c’est bien évidemment aux travailleurs qu’il est demandé de se serrer la ceinture.

 

            Cette faillite industrielle et financière touche en premier lieu les pays impérialistes traditionnels de l’Occident. Elle est précipitée par la concurrence massive, sur leurs propres marchés, des marchandises produites par les puissances capitalistes émergentes, en particulier chinoise. Ces dernières sont d’un côté favorisées, sur le court terme, par la crise qui émane du centre occidental du système, mais en réalité ne survivraient pas à la décomposition du marché mondial. Une grande misère dans les pays riches, engendrerait une crise classique de surproduction en Chine et dans tous les pays manufacturiers, difficilement surmontable par un agrandissement de leurs marchés intérieurs.

 

            Mais ce n’est pas tout. Cette dépendance à l’occident impérialiste n’est pas simplement marchande, mais concerne tout aussi bien la finance, puisque c’est auprès de la Chine et du Japon que les Etats-Unis se sont endettés en leur vendant des bons au trésor, dont les taux d’intérêt baissent aujourd’hui de façon fulgurante. Les vendre serait, pour la Chine, reconnaître qu’ils ne valent plus rien, et donc la faillite totale de la puissance américaine ; mais en même temps les garder, c’est accepter de soutenir un impérialisme américain condamné à être toujours plus agressif avec les puissances émergentes. Les deux solutions menant vraisemblablement à une crise catastrophique du système.

 

            La balance des pouvoirs entre les différentes puissances ne pourra échapper à de profonds changements. Mondialisant sa domination et élargissant les échanges de capitaux et la chaîne de production, le capital s’est exporté, a transféré ces dernières décennies des pans entiers du système productif dans les pays dominés, où les ouvriers sont « moins chers ». Mais ce transfert, devenu massif, occasionne une contestation de cette division internationale du travail défavorable pour elles, de la part des bourgeoisies nationales asiatiques et sud-américaines en particulier - l’Afrique étant globalement plongée dans l’enfer de la domination des cliques impérialistes dominantes.

 

            Le centre de gravité politique doit se déplacer avec le centre de gravité économique. Cette contestation arrive au moment même où le vieux système impérialiste sécrète lui-même des conflits militaires toujours plus étendus, non seulement pour conserver ces rapports internationaux inchangés, mais comme débouché pour surmonter sa propre crise. Il faut ajouter à cela que les principales bourgeoisies impérialistes ne sont incapables de s’entendre entre elles durablement. La crise aiguise au contraire leurs contradictions, en aggravant la concurrence commerciale comme industrielle qui les oppose les unes aux autres.

 

            A cet égard, notons seulement que, même au niveau européen, les capitalistes sont de moins en moins capables de se mettre d’accord, comme le montrent les dissensions croissantes entre la France et l’Allemagne, qui empêchent même une véritable intervention commune sur la crise bancaire – même si Sarkozy et Merkel posent ensemble pour la forme. L’Union Européenne est bien trop fragile pour ne pas voler en éclat dans les années à venir.

 

            Tous ces facteurs conduiront à une escalade incontrôlée des relations entre les différents pays, qui ne pourront se résoudre en dernière analyse, du point de vue des intérêts capitalistes, que par la voie militaire. En détruisant quantités de forces productives matérielles comme humaines, tout en en développant de nouvelles, la guerre permet, en effet, de « surmonter » la suraccumulation de capitaux. Toute la « difficulté », pour le capital, résidant dans le fait qu’il n’est aucunement assuré que l’espèce humaine y survive elle aussi, ni que les ouvriers et les classes populaires du monde entier acceptent de s’entretuer à coup d’armes bactériologiques et autres pour le simple bonheur de la bourse et des marchands de canons.

 

La solution : la révolution communiste


            Le rythme et le contenu exacts de ces développements sont, bien sur, imprévisibles. Qui aurait pu croire il y a trois ou quatre ans, mis à part quelques analystes bien informés, que tout irait si vite, et qu’en 2008 ce n’est pas seulement un tiers, mais les trois quarts de l’humanité qui se demanderait sérieusement si elle aura à manger dans les années à venir ? Il est certain, en tous cas, que plus personne en France ne croit ceux qui font mine de rassurer, tels Sarkozy et Largade, qui prétendent, sans grande conviction, que le système bancaire français sera épargné – vite démentis par les projets fébriles, par exemple, de fusion de la Caisse d’Epargne et de la Banque Populaire.

 

            Il faut être lucides sur les grandes tendances, mais surtout sur le moyen de les contrer et de conjurer la crise. Ce moyen, c’est la révolution prolétarienne internationale, son aboutissement : le socialisme. Le processus qui y mène nécessite à la fois de construire l’organisation politique révolutionnaire puissante qui portera ce projet et prendra les mesures nécessaires à son avancée, et de populariser des mesures transitoires répondant aux intérêts des travailleurs à chaque étape des événements, de sorte à ce que la classe exploitée soit suffisamment consciente, organisée et mobilisée pour, le moment venu, renverser les gouvernements et Etats bourgeois et prendre le pouvoir politique et le contrôle de l’économie entre ses mains.

 

            Alors, les forces productives immenses, libérées des rapports capitalistes de production, pourront être réorganisées en vue de répondre aux besoins humains, plutôt qu’aux impératifs de l’accumulation pour l’accumulation, qui nous ont mené à la situation actuelle de désastre social, écologique, civilisationnel généralisé. Sous le socialisme, les antagonismes entre les nations disparaîtront pour laisser place à une communauté mondiale, le système bancaire, d’abord mis sous le contrôle de la collectivité, s’éteindra progressivement avec l’argent et le travail salarié, les moyens de production mis en commun, seront répartis rationnellement au niveau mondial, le travail libéré de son aspect aliénant, partagé entre tous et toutes. Les crises dévastatrices actuelles n’existeront plus, et même la surproduction prendra un caractère positif en permettant de constituer des stocks pour répondre aux besoins prévisibles du futur.

 

            Mais pour l’heure, pour rendre possible une telle société, la tâche des révolutionnaires, outre de bâtir leur propre unité, est de pointer la nature réelle de la crise et sa gravité, de dénoncer les solutions bourgeoises qui menacent toutes nos conditions de vie, de mobiliser notre classe autour de revendications de nature à préserver ses intérêts matériels, pour préparer au mieux les conditions qui nous permettront de mener à la victoire le combat sans merci pour le pouvoir qui se prépare.