Suite
à l’affaire du « bureau de vote » et au procès qui s’en est suivi, nos
camarades Alexandre et Tayeb ont finalement été relaxés. Le verdict a
été rendu ce premier juillet. Cette relaxe découle de la stricte
application du droit, puisque nos camarades n’étaient pas les auteurs
des faits qui leur étaient reprochés, et que les éléments produits par
la défense le montraient clairement. Nous restons prudents sur la
possibilité d’un appel, mais il est douteux que ceux qui se sont
ridiculisés une fois veuillent se ridiculiser une fois de plus.
Cette relaxe est un désaveu clair et net pour le parquet et les
secteurs de l’appareil d’Etat qui pensaient affaiblir les luttes
étudiantes et notre organisation par la répression. Celle-ci n’a fait
que renforcer notre détermination à résister pied à pied à la politique
de privatisation de l’enseignement supérieur, et plus largement à la
clique anti-populaire actuellement au pouvoir dans le pays, qui veut
pousser vers la misère les travailleurs et les classes populaires,
liquider les acquis démocratiques et les acquis sociaux. Plus que
jamais, nous sommes confiants dans nos capacités à les mettre en
déroute.
Si nos camarades ont pu faire valoir leurs droits, c’est grâce à la
vigilance et à la mobilisation des étudiants, des militants et des
organisations ouvrières et démocratiques. Il faut noter cependant que
la direction de la CGT, comme celle du PS, nous ont refusé leur soutien
– malgré le soutien d’un grand nombre de militants et de sections de
base. Elles montrent une fois de plus qu’elles ne souhaitent pas mettre
en échec le pouvoir actuel, même lorsqu’il s’agit de défendre les
libertés démocratiques les plus élémentaires. Nous restons, pour notre
part, attentifs au sort des autres camarades étudiants arrêtés cette
année, notamment lors du forum « Biovision ».
Cette petite victoire ne doit pas nous donner d’illusions. Le plus
souvent, les personnes mobilisées et les jeunes prolétaires des
quartiers populaires, ne bénéficiant pas d’un soutien politique large,
passent à la chaîne devant une justice d’abattage devant laquelle ils
ne bénéficient pas des moyens et de la mobilisation politique
nécessaire pour faire valoir leurs droits. On les entasse sans scrupule
dans les geôles délabrées de l’Etat capitaliste.
Sous le coup de l’aggravation de l’offensive du capitalisme et de
son gouvernement contre les classes populaires, la répression politique
et syndicale va s’intensifier dans les mois et les années à venir. Pour
preuve, des dizaines de militants CGT sont sous le coup de poursuites à
EDF suite aux récents mouvements sociaux. Sur Lyon, pour ne prendre
qu’un exemple récent, un militant de SUD des TCL est sous le coup de
poursuites disciplinaires et judiciaires, risquant la perte de son
emploi et des sanctions pénales.
Pour mettre en échec cette machine répressive, il faut être unis et
déterminés. Un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre tous.
Nombreux et organisés, en réagissant vigoureusement chaque fois que
l’un des nôtres est arrêté, nous sommes invincibles. La FSE appelle les
organisations syndicales et politiques à la création d’un large
collectif unitaire contre la répression, pour soutenir systématiquement
les personnes poursuivies autant d’un point de vue juridique, moral,
financier que politique.
Lyon, le 1er Juillet 2009
Fédération Syndicale Etudiante