COMMENT  AGIR  EN  SITUATION 

DE  CRISE  D'UN  PROCHE ?     



 UNAFAM 47  "Lot-et-Garonne" 
Union  Nationale des Amis et Familles de Malades Psychiques 
 

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      Une crise, c'est-à-dire une sévère perte de contact avec le réel, peut survenir brutalement sans signes annonciateurs comme avec l’apparition de comportements inusités et étranges, tels que : hallucinations, idées délirantes, troubles de la pensée, du comportement et de l'humeur.
                Selon les familles qui ont vécu cette situation, il est impossible de se préparer à l'avance contre le choc, la panique et l'épouvante qu'on ressent lorsque son parent arrive à cette étape de la schizophrénie. Vous devrez également savoir que le malade sera probablement aussi terrorisé que vous par ce qui lui arrive ; il pourra entendre des « voix » lui ordonnant de faire des choses dangereuses, voire des serpents ramper sur le bord de la fenêtre ou encore sentir des gaz toxiques s'infiltrer dans la pièce où il se trouve.
                Vous devrez alors demander une assistance médicale le plus rapidement possible et votre proche pourrait devoir être hospitalisé. Si le malade a reçu l'assistance médicale dont il a besoin, appelez immédiatement le médecin ou un psychiatre. Demandez-lui à quel hôpital vous devriez vous rendre et ce qu'il faut faire en pareilles circonstances. 
     

     
    FAIRE

               Efforcez-vous de demeurer le plus calme possible. Éliminez les sources potentielles de distraction : éteignez la radio, la télévision, etc. Demandez aux autres personnes présentes de sortir. Jamais plus d'une personne à la fois ne devrait parler au malade. Dites, par exemple : « Viens t'asseoir et explique-moi ce qui se passe » ou « Assieds-toi et calme-toi ».
               Exprimez-vous clairement, calmement et sur un ton normal. Commentez les comportements que vous observez : « Tu as peur, tu es fâché, tu es confus. Dis-moi de quoi tu as peur, etc... »
              Évitez les affirmations paternalistes faites sur un ton autoritaire, telles que : « Tu te comportes comme un enfant » ou « Tu vas faire ce que je te dis, ma fille ». Répétez vos questions ou vos affirmations, au besoin, en utilisant chaque fois les mêmes mots. Ne reformulez pas votre question dans l'espoir de la rendre plus facile à comprendre. Faites en sorte que le malade sente que son « espace vital » n'est pas menacé.
               Ne vous tenez pas au-dessus ou trop près de lui. Comprenez qu'une attitude trop émotive de votre part risque d'amplifier l'état d'excitation dans lequel il est plongé.
     

     
    NE PAS FAIRE
     

    Ne criez pas car si le malade semble ne pas vous écouter, c'est peut-être parce qu'il entend d'autres « voix » plus fortes. Ne le critiquez pas. Vous ne pouvez plus discuter rationnellement avec lui. Ne le forcez pas à mettre ses menaces à exécution. Évitez les contacts visuels prolongés. Ne bloquez pas la sortie et ne discutez pas avec d'autres personnes de ce qu'il convient de faire.
              Il est nettement préférable que le malade accepte de vous accompagner à l'hôpital de son plein gré, si cela est possible. Si vous craignez qu'il refuse, demandez à un ami d'essayer de le convaincre. Certaines personnes ont affirmé avoir connu du succès en offrant un choix à leur parent : « Veux-tu venir à l'hôpital avec moi, ou préfères-tu y aller avec Jean ? » Une telle approche peut atténuer le sentiment d'impuissance ressenti par le malade. Tout choix, quelle que soit son importance, lui donne l'impression qu'il maîtrise partiellement l'horrible situation dans laquelle il se trouve.
              Les familles consultées ont aussi indiqué que les patients qui vivent un épisode psychotique peuvent parfois être violents. Si c'est le cas, vous n'aurez pas le temps de lui parler calmement, ni de téléphoner au médecin ou au psychiatre. Sa perception du réel étant altérée, votre parent pourrait croire à ses hallucinations et fracasser une vitre, par exemple. Il pourrait menacer de s'infliger des blessures, de vous faire du mal ou de causer des dommages matériels. Une mère se rappelait, par exemple, que son fils hurlait que Dieu lui avait ordonné de la tuer. En pareilles circonstances, vous devrez prendre toutes les précautions voulues pour assurer votre protection et celle des autres (y compris du malade). La meilleure chose à faire pourrait être d'évacuer les lieux, d'enfermer le malade dans une pièce pendant que vous téléphonez ou de sortir pour demander de l'aide. Toutefois, une telle conduite n'est conseillée que dans les situations extrêmes. Si tel est le cas, la seule chose à faire est probablement d'appeler les policiers. Il pourrait être imprudent de tenter de conduire vous-même votre parent à l'hôpital, à moins que vous ne soyez accompagné d'une autre personne.

     
    INTERVENTIONS

    SAMU / POMPIERS / POLICE...

              

    Un médecin généraliste ou psychiatre peut éventuellement venir au domicile,, orienter par téléphone et prendre les dispositions nécessaires. 

    Si le patient est déjà suivi  par le secteur public, l'équipe du Centre Médico Psychologique (CMP) devrait informer et/ou intervenir.

    Le Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU : Téléphone 15) intervient généralement  rapidement et oriente le patient vers l'hôpital de secteur. Ce service a l'habitude  des urgences psychiatriques qui représentent une part importante des appels.       

    Les Pompiers (Téléphone 18) se déplacent rapidement en cas de danger imminent et sont bien formés pour ce genre d'intervention. Ils contactent le SAMU pour orienter le patient ou faire venir un médecin.    

    En cas de violence, appeler la Police (Téléphone 17) qui dirigera le patient vers le service d'urgence psychiatrique.      

    Souvent la famille hésite à faire intervenir la Police par scrupules, sentiment de culpabilité. L’expérience démontre deux types de réactions de la part du patient :
                                 - Soit, un désamorçage de la crise ;
                                 - Soit, une aggravation de la crise.       

    En l’absence de solution « miracle » faites confiance à votre intuition car c’est vous qui connaissez le mieux votre proche et pouvez prévoir ses réactions.       

    Bien expliquer à la Police que votre proche souffre de schizophrénie (si c'est le cas). Décrivez brièvement ses comportements - menaces, dommages à la propriété - et sollicitez leur aide pour l'hospitaliser. N’oubliez pas de les prévenir si le patient est armé ou s'il a accès à des armes dans la maison.
     

     
    PLAN  D’URGENCE  PREVISIONNEL


              Il est expressément recommandé d'établir un plan d'urgence en cas de crise :
      *) Dresser la liste des numéros de téléphone utiles : Police, Médecin/Psychiatre, Hôpital, CMP, ...
      *) Connaître l’hôpital où vous devrez vous rendre en cas d'urgence.
      *) Déterminer auquel de vos proches et amis le malade en crise est susceptible de faire confiance.
      *) Savoir qui peut vous aider quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit.
      *) Prévoir qui s'occupera des enfants, le cas échéant.
      *) Prendre contact à l'avance avec la Police ou la Gendarmerie pour les informer de votre situation et établir une procédure d’intervention en cas d'urgence.
      *) Savoir que le patient pourrait être moins effrayé en cas de crise si le plan d'urgence lui a été expliqué à l’avance.
     

     
    RELATION AVEC L’EQUIPE SOIGNANTE


              L’expérience nous a enseigné qu’il est primordial de ne pas oublier que l’objectif premier est d’obtenir l’aide et la collaboration du personnel soignant du secteur hospitalier.
              Donc pour éviter la panique et l’affolement dus à la situation de crise et d’urgence, réfléchissez  à l’avance aux conseils qui suivent :

    *) Etablir la liste des questions à poser et des renseignements obtenus. Noter les noms et numéros de téléphone du personnel soignant ainsi que les traitements administrés, avec les dates et les heures. Conserver copies de toutes les notes et lettres échangées avec l'hôpital.

    *) Savoir que la responsabilité première du personnel soignant est d'aider votre proche. Assurez-les de votre entière collaboration. Créer un « esprit d'équipe » entre le patient, son psychiatre et vous-même.

    *) Connaître les noms du psychiatre, de l'infirmière et du travailleur social chargés de votre parent. Vous devriez pouvoir leur téléphoner si vous avez des questions ou si vous souhaitez leur faire part de vos préoccupations. Accepter la confidentialité de certaines informations.

    *) Afficher un comportement positif envers les personnels soignants. Eviter toute agressivité à leur égard...

    *) Rencontrer le psychiatre et le travailleur social qui s'occupent de votre parent. Essayez d’établir le meilleur contact possible lors de la première réunion.

    *) Avoir une liste de questions écrites aux rencontres. Démontrer votre souci de collaborer.

    *) Demander des renseignements précis dont quelques exemples : « Quels sont les symptômes qui vous préoccupent le plus ? Que révèlent ces symptômes ? Comment les surveillez-vous ? Quel est son traitement ? Posologie ? Leurs effets secondaires ? Peut-on les amoindrir ? »

    *) Demander des réponses claires et précises. Ne pas se laisser impressionner par le jargon médical.

    *) Si le psychiatre est trop occupé ou refuse de parler, lui envoyer une lettre concise avec vos questions et vos préoccupations.

    *) En cas de difficulté à joindre un personnel soignant, laisser votre nom, votre numéro de téléphone et le nom du patient. Attendre son appel en libérant la ligne téléphonique.

    *) Si possible, vous faire accompagner par un proche moins impliqué émotivement. Cette personne saura demeurer calme et rationnelle quand vous serez submergé par vos émotions et frustration.

    *) Ne pas hésiter à envoyer des lettres d'appréciation ou de reproches au directeur de l'hôpital, au chef du service de psychiatrie avec copie à l’Ordre des médecins, à l'association des infirmières et infirmiers, à la Commission des Relations avec les Usagers, à l’Unafam, ... Rédiger des lettres brèves, concises et objectives (Enoncé des faits).

    *) Rester objectif et éviter les demandes non justifiées et exagérées.

    *) Respecter le temps et la charge de travail du personnel soignant en évitant des appels téléphoniques interminables et chargés d’émotivité.

    *) Ne pas se laisser intimider, mais ne pas non plus agresser le personnel à votre tour.

    *) Eviter les retards aux rendez-vous et si vos rendez-vous sont continuellement reportés, plaignez-vous par écrit  à qui de droit.