Par : Dr Willie Raymond, omnipraticien .
Le déficit neurologique consécutif a un accident cérébro-vasculaire (A.V.C.) ou à un traumatisme crânien sévère, peut-il être amélioré?
Oui, par une rééducation fonctionnelle appropriée, de préférence, précoce et intensive. En effet, dans la grande majorité des cas, l'amélioration est de règle.
Lorsqu'un individu est atteint d'un accident cérébro-vasculaire, soit d'une embolie cérébrale, d'une thrombose cérébrale, d'une hémorragie cérébrale ou d'un traumatisme crânien sévère, il se produit une lésion au cerveau et des cellules cérébrales en nombre plus ou moins grand, sont détruites. Conséquemment, il s'ensuivra un déficit neurologique qui se manifestera par une paralysie plus ou moins prononcée d'un hémicorps; ce sera l'hémiplégie accompagnée d'autres symptômes cérébraux.
Les petits accidents cérébro-vasculaires, avec hémiparésie, récupèrent bien et le processus de guérison s'installe rapidement dans les jours qui suivent et, dans ces cas, la récupération est souvent totale. Par ailleurs, dans les cas de déficits sévères, il peut y avoir aucune récupération notable après des mois d'efforts assidus de rééducation. Le sujet peut demeurer aphasique; le membre supérieur encore totalement inutile et le membre inférieur servant avec beaucoup de difficulté à des tentatives de marche.
Entre ces deux extrêmes, on retrouve tous les degrés de récupération.
Il est vrai de dire que plus les mouvements prennent du temps à réapparaître, plus sombre est le pronostic . Si la récupération n'a pas commencé une ou deux semaines après l'accident cérébro-vasculaire, le potentiel de récupération sera pauvre pour les activités motrices et la parole.
En général, on peut dire que les paralysies motrices qui subsistent après 5 à 6 mois, seront permanentes. À ce moment, il faudra rééduquer et entraîner l'hémicorps sain. CHEMINEMENT ET INTÉGRATION Lucie Bélanger, M.Ps., chercheure principale, Mario Bolduc, B.Sc.S., coordonnateur du projet, Madelene Noël, I.L.N., chercheure associée.
L'objectif principal de cette étude est d'évaluer l'influence de certains facteurs sur l'intégration des personnes ayant subi un accident vasculaire - cérébral (A.V.C.). L'état des personnes sept à dix jours après l'A.V.C. en ce qui concerne l'autonomie fonctionnelle est le suivant : la moitié des personnes présentent de graves séquelles, le quart d'entre elles ne sont que légèrement atteintes, alors que les autres ont des séquelles qu'on peut qualifier de modérées. L'analyse des interventions reçues lors du séjour en centre hospitalier (C.H.U) révèle que la majorité des personnes sont traitées en physiothérapie. L'accès à l'ergothérapie est beaucoup plus faible et celui à l'orthophonie est presque inexistant. Les consultations en service social quant à elles sont plus souvent requises en vue d'une institutionnalisation que dans une optique de réintégration au milieu. Environ le 1/3 des clients et leur famille démontrent une insatisfaction face à l'information reçue au sujet de cet évènement. Le passage en centre de réadaptation (un tiers du total du groupe) est lié, bien que faiblement, à un plus grand progrès en ce qui concerne l'autonomie fonctionnelle. L'approche globale telle qu'on la retrouve en C.R. est possible ment la cause de cet état de fait. La récupération lors du séjour dans les établissements de soins est relativement importante; seulement 20% du groupe reste avec des séquelles majeures en terme d'autonomie fonctionnelle.A la sortie des établissements de soins, 94 personnes, soit 72.9% du groupe réintègrent une résidence normale alors que 35, (27.1%) sont dirigées vers des ressources de soins prolongés. C'est d'abord la gravité des séquelles qui s'avère déterminante du milieu de vie choisi, les personnes retournées à domicile étant moins atteintes. Certaines caractéristiques de l'environnement social : présence constante d'une personne à la maison, état de santé du cohabitant et proximité de la fratrie jouent également un rôle déterminant Six mois après leur retour à domicile, 82 personnes y demeurent toujours; deux sont décédées et dix sont entrées en institution suite à une détérioration de leur état, habituellement due à un deuxième A.V.C. La presque totalité vit avec quelqu'un (90%) et a de la parenté ou des amis à proximité. De façon générale, les divers aspects de la santé physique et mentale se maintiennent ou s'améliorent, mais les deux tiers ont encore une incapacité quelconque au niveau de la motricité. L'accessibilité à l'intérieur du domicile ne présente des problèmes que pour une minorité mais 20% rencontrent des difficultés d'accessibilité à l'extérieur de celui - ci. C'est l'Aidant qui assume habituellement les tâches que la personne victime d'A.V.C. ne peut plus effectuer; celles - ci ne sont pas nécessairement lourdes, cependant l'aide apportée touche de nombreux aspects et doit être donnée de façon régulière. Comme il semble presque impossible de bénéficier de services réguliers provenant d'autres sources, qu'elles soient d'origine publique, privée ou communautaire, bon nombre de cohabitants trouvent difficile à supporter cette augmentation de responsabilité. Si on la compare avec une population âgée normale, notre clientèle s'avère moins active. La pratique des tâches domestiques lourdes a été abandonnée. Les deux tiers du groupe ne participent plus aux activités domestiques légères. La moitié environ, ne fait plus la gestion de ses affaires personnelles. La pratique de presque tous les loisirs considérés accuse une diminution. La fréquence de la marche s'est cependant maintenue et l'écoute de la télévision, qui semble être une activité de substitution, s'est accrue. Les activités à caractère social et les contacts avec les amis ont été particulièrement affectés par l'A.V.C. Par contre, la présence de parente à proximité du domicile et l'absence de problèmes d'accessibilité à l'extérieur s'avèrent des facteurs positifs qui contribuent au maintien de ces types d'activités. Les contacts avec la parenté ont augmenté de façon marquée alors que ceux avec les enfants n'ont que peu varié. Le moral de la population étudiée s'avère assez bon. Deux groupes semblent cependant plus fragiles sur ce point; ce sont les personnes aphasiques et celles qui expriment une forte demande en service; il faut donc leur apporter une attention particulière. Sur les 35 personnes en institution depuis six mois, neuf sont décédées. Pour les autres, le séjour n'a pas occasionné de perte accrue de l'autonomie fonctionnelle. En conclusion, il semble que le choix actuellement offert aux personnes victimes d'A.V.C. soit limité entre le domicile sans aide ou en comptant uniquement sur celle des proches ou bien l'institution. Les services existants sont insuffisants et ne peuvent offrir le caractère de permanence et de contrôle qui pourrait s'apparenter aux services fournis par le cohabitant. Le peu de participation aux activités à caractère social semble surprenant chez des personnes qui, par ailleurs, possèdent un assez bon niveau d'autonomie fonctionnelle; ceci suggère que les obstacles rencontrés sont possible ment d'ordre psychologique. Une intervention destinée à aider à mieux s'adapter à sa nouvelle situation faciliterait possible ment ses contacts avec les autres, c'est une hypothèse à vérifier. Pierre 2010 retour à l'accueil
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