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Livre de Chen Xin (1849-1929)

La source bibliographique la plus ancienne consacrée au style Chen de Taiji Quan remonte aux années 20. Celle-ci sur une base philosophique pour décrire un art martial traditionnel.

Premières sources bibliographiques sur le Taiji Quan

Les premiers livres publiés sur le Taijiquan apparurent dans les années vingt (une douzaine entre 1921 et 1931). On peut notamment signaler :
  • Une Explication Illustrée des Postures du Taijiquan de Xu Longhou en 1921
  • L'Art du Taijiquan de Chen Weiming en 1925, qui porte sur les enseignements de Yang Chengfu
Le tout premier livre exposant les principes du style Chen est un ouvrage posthume de Chen Xin (1849-1929), Le Canon Illustré du Taijiquan de la Famille Chen, en 1932.

Un historien publie un manuscrit posthume

Sa parution semble auréolée de mystère. En effet, Chen Xin aurait débuté la rédaction en 1908, soumis sans succès le manuscrit original à un éditeur de Nankin en 1919, puis légué une copie du manuscrit à son neveu Chen Chunyuan sur son lit de mort. Celui-ci aurait alors montré le texte à l'historien (et élève de Chen Fake) Tang Hao (1897-1959), qui aurait finalement convaincu le président de l'Ecole d'Arts Martiaux de la Province de Henan de le publier.

Principes philosophiques en temps de guerre

Le texte de Chen Xin (ou Chen Pin San) s'inspire fortement du Yi Jing (Livre des Mutations) et de la théorie des méridiens. La volonté de présenter un art martial expurgé de ses dérives violentes et fondé sur des principes philosophiques pourrait trouver son origine dans le rejet du climat d'insécurité provoqué par les "seigneurs de la guerre" au début de la République de Chine, comme en témoigne l'avant-propos :

Bien que le Taijiquan ne joue pas un rôle important dans la société moderne, il existe encore dans certaines contrées grâce à des adeptes dévoués qui ne le considèrent pas comme un art martial mais se concentrent plutôt sur l'étude de la théorie de l'art, appliquant ces lois et principes au cours d'exercices d'infanterie et des marches.

Comparez cela, à l'opposé, avec les officiels indifférents et négligents de ce pays, qui, pendant les exercices d'infanterie ou le combat, accordent davantage d'importance à l'utilisation de la force brute. Comment des philistins aussi ignorants peuvent-ils espérer sauver la société et garantir l'intégrité de ce pays ? Donc gardez votre esprit ouvert and ne soyez ni abusés ni leurrés par les paroles de ces "collecteurs d'herbe et de bois à brûler"!

Parution récente en Occident

La toute première édition en langue anglaise a paru en 2007 ; un échantillon est en libre accès. Je propose en attachement ma traduction en français d'un passage consacré au Wuji et au Taiji.

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Rodolphe Pollet,
2 déc. 2008 05:17