Le cercle restreint de la famille des arts martiaux internes chinois (Nei Jia Quan)
comprend le Taiji Quan, le Bagua Zhang, et le Xingyi Quan. Bien
souvent, ces deux derniers sont abordés conjointement par les
pratiquants en raison de leur forte complémentarité. Bagua Zhang (ou Pakua Chang)Son nom signifie littéralement Paume des huits trigrammes. On comprend donc immédiatement que ce art martial préfère la main ouverte au poing. Les concepts de révolution, de rotation, de pivot, et bien sûr la fluidité, forment son architecture théorique. Le contournement, matérialisé par des déplacements circulaires, et l’enroulement, plutôt que les confrontations directes, sont au coeur de sa stratégie de combat. Techniquement, les clefs et les projections sont privilégiées sur les percussions.Le Bagua Zhang est bien sûr connu pour sa fameuse marche en cercle. Celle-ci est issue d’une pratique méditative et énergétique taoïste de la branche Longmen de l’école Quanzhen. Outre l’apprentissage de techniques d’évitement et d’infiltration utiles en combat, elle serait en effet un excellent exercice de santé contribuant à l’accroissement de la longévité. De nombreuses variations existent en ce qui a trait à la hauteur des positions, à la vitesse d’exécution, à la fréquence des changements directionnels, selon que l’on cherche à renforcer les membres inférieurs, travailler l’équilibre, privilégier la relaxation, augmenter l’endurance, ou encore développer la mobilité. Quelle que soit l’approche adoptée, il s’agira toujours de maintenir l’intention de sorte que le corps et l’esprit soit en harmonie. Dong Hai Chuan (1793-1883), né dans le Hebei, serait le fondateur de cet art. Deux de ses élèves, Yin Fu et Chen Ting Hua (1849-1900), sont à l’origine des deux styles les plus pratiqués aujourd’hui. Le pas glissé est une spécificité du style Cheng, alors que le style Yin préconise un pas plus naturel. Par ailleurs, certains avancent l’idée que Morihei Ueshiba aurait étudié le Bagua Zhang en Chine avant de créer l’aikido (voir notamment cet article par Georges Charles). Xingyi Quan (ou Hsing I Chuan)Le Xingyi Quan, ou Boxe de la forme et de l’intention, est réputé pour la puissance de ses percussions explosives. Au contraire du Bagua Zhang, ses déplacements sont linéaires et angulaires. Une frappe est toujours accompagnée d’un pas vers l’avant afin que le corps entier participe à l’attaque. L’objectif consiste aussi à conquérir l’espace occupé par l’adversaire.Le corpus théorique du Xingyi Quan repose notamment sur les cinq éléments. Les techniques de bases sont ainsi nommées Wu Xing (cinq formes) ou Wu Quan (cinq poings) et sont les suivantes :
Certaines théories affirment que le Xingyi Quan provient d’un art martial nommé Xinyi Quan, ou Boxe du coeur et de l’intention, mais cette version est contestée. Ses origines seraient plutôt à chercher du côté du maniement de la lance. Le fondateur du Da Cheng Quan, Wang Xiang Zhai, aurait eu pour maîtres Guo Yunshen (1822-1898) et Xie Tiefu, respectivement experts en Xingyi Quan et en Xinyi Quan. | ![]() ![]() |




