INTRODUCTION
Les PCB sont des dérivés chimiques chlorés qui incarnent la grande aventure industrielle de la fin du XIX ème siècle. C’est en perfectionnant les techniques de raffinage du pétrole brut, pour en extraire l’essence nécessaire à l’industrie automobile naissante, que les chimistes identifient les qualités du benzène, un hydrocarbure qui sera largement utilisé comme solvant pour la synthèse chimique de médicaments, de plastiques ou de colorants. Dans les laboratoires de la chimie conquérante, les chimistes s’emploient à le mélanger avec du chlore et obtiennent un nouveau produit qui se révèle présenter une stabilité thermique et une résistance au feu remarquable. Les PCB sont nés et, pendant 50 ans, ils coloniseront la planète : ils serviront de liquide réfrigérant dans les transformateurs électriques et les appareils hydrauliques industriels, mais aussi de lubrifiant dans des applications aussi variées que les plastiques, les teintures, l’encre ou le papier .
La pollution du Rhône par les PCBs nous amène à réfléchir à certaines caractéristiques de l'écotoxicologie. Cette discipline est récente et doit sans doute en grande partie sa création, non pas à la curiosité naturelle de l'homme, mais plutôt à la prise de conscience des conséquences néfastes de son activité pour l'environnement (et par conséquent pour l'homme lui-même).
Schématiquement, l'écotoxicologie peut intervenir à trois niveaux. Le premier pourrait être qualifié de "pointu", c'est (par exemple) la recherche de méthodes permettant d'appréhender le mieux possible le comportement des polluants dans l'environnement et leurs modes d'actions toxiques sur les organismes vivants.
Un deuxième niveau peut être dégagé en considérant les études cherchant, à partir de méthodes déjà éprouvées, à évaluer les risques écotoxicologiques que représentent de nouvelles molécules susceptibles d'être mises sur le marché (donc déversées dans l'environnement).
Le troisième niveau peut être illustré. Par notre étude de la pollution du Rhône par les PCBs. Il consiste à suivre "l'état de santé" de l'environnement en fonction des polluants qui s'y trouvent