Les drapeaux des Régiments Corses d'Ancien Régime par Rigo
A/Régiment de Péri 1690 - 1715 - B/Royal-Corse Infanterie en 1748 - C/Régiment de Buttafoco 17969-1772 - D/ Régiment Provincial Corse 1772-1789
La Sabtratache HS n° 20 - 1973
ORNANO-CORSE. 1569-1626
Ce régiment au service du roi de France est formé par Alphonse d'Ornano, fils de Sampiero Corso à partir du reliquat des 300 compagnons de son père qui ont combattus en Corse, et qu'ils quittent le 1er avril 1569 avec le consentement du gouverneur Génois Giorgio Doria. Embarqués à Calvi, ils touchent terre en Provence où ils forment trois bandes, sous les ordres de leur colonel Alphonse d'Ornano.
Ces bandes sont placées sous le commandement du baron de La Garde, général des galères comme troupes de débarquement. Leur première campagne les porte sur les côtes d'Aunis et de Saintonge contre les flottes des protestants alliés à l'Angleterre, à La Rochelle, puis au Piémont, en Languedoc contre les Protestants, en Provence (1576-1577), sur les points de passage du Rhône (1580 à 1587). Il se distingue à la défense du Dauphiné contre les Suisses protestants au combat d'Uriage le 19 aout 1587. Les fantassins Suisses sont réputés pour être la meilleure infanterie de son temps. Cette victoire met en avant les qualités guerrières des Corses. Au retour de chaque campagne, le régiment stationne en Provence qui devient leur lieu de garnison : Aix en Provence, Valence, Pont Saint-Esprit, Tarascon et Beaucaire.
Ses effectifs ont atteint le chiffre de 2 000 hommes. Les états des montres (revues) indiquent l'origine du recrutement, Bastelica (la patrie de Sampiero) pour l'au-delà des monts, et Corté pour l'en-deçà. Plusieurs levées sont faites avec l'accord de Gênes, qui y voient là un bon moyen d'éloigner les gens remuants. On y relève également des Provençaux, des Auvergnats et des Dauphinois. Ce régiment a le privilège de la prévôté, un prévôt et trois archers sont chargés de faire respecter la justice et la discipline. Après l'assassinat d'Henri III, dont Alphonse d'Ornano était resté l'un des derniers officiers fidèles, il se rallie à Henri IV. ll fait campagne, soumettant le Lyonnais et le Forez (1592-1594), en Roussillon puis à Bordeaux. Il prend part à la guerre de Savoie (1598-1600).
En 1617, il guerroie en Piémont, puis achève sa carrière dans le Languedoc contre les Protestants. Le régiment est dissout le 26 mai 1626. Les Corses passent alors dans divers régiments, principalement dans les rangs du régiment italien de Mercurino au service français (1625-1638) pendant la campagne du Duché de Parme.
50 soldats Corses sont conservés pour la garde des châteaux de Tarascon et de Saint André les Avignon.
Le drapeau du régiment est inconnu.
En 1571, Charles IX ayant accordé aux Corses le droit de naturalisation et la licence de s'établir dans le royaume. Il en découla alors, une forte émigration insulaire vers la Provence. Cette installation va donner lieu à la création d'une noblesse d'épée corse, à l'imitation de leur colonel, qui sera nommé Colonel-Général des Corses, Maréchal de France par Henri IV, et chevalier de Saint Louis.
Alphonse d'Ornano (1548 à Bastelica - 1604 à Bordeaux)
Maréchal de France 1595 - Chevalier de St Louis 1597. Blason d'Alphonse d'Ornano
ANTEMARI CORSE. 1622 - 1623 Ce régiment également connu sous le nom d'Anton Maria Casanova, est constitué par dédoublement du régiment d'Ornano, qui était articulé en deux détachements en 1622, l'un à Bordeaux, l'autre en Provence et en Languedoc. Les compagnies stationnées à Bagnols Sur Cèze et Pont Saint Esprit forment ce nouveau corps. Pendant sa courte existence, il lutte contre les forces protestantes dans la région, et notamment autour d'Uzès.
A la dissolution du corps, les effectifs sont reversés dans les rangs d'Ornano. Comme Ornano, le drapeau du régiment n'est pas connu.
ISOLA-CORSE. 1640-1641 Bien que non signalé par SUZANE, le marquis d'Ornano a retrouvé les preuves de son existence dans les archives italiennes. Il prend part à la campagne du Piémont sous le comte d'Harcourt et sa présence devant Côme le 31 juillet 1641 est attestée par un manuscrit de la Bibliothèque Nationale. PERI-CORSE INFANTERIE. 1673 - 1682 & 1690 - 1715
Levé par Francisco PERI, issu d'une famille ayant donné plusieurs officiers au service de Venise aux XV° et XVI° siècles. Il traite avec Gênes et Louis XIV pour constituer un régiment Corse au service de France dès 1672.
Ce régiment est constitué en 1673 et compte 1 200 hommes.
Embrigadé avec Royal-Italien, PERI-CORSE fait campagne en Flandre et dans le Hainaut. Il prend part à la bataille de Seneffe (11 aout 1674), passe en Catalogne (1676), en Sicile (1677). Retourne en Flandre, puis part à Perpignan après la paix de Nimègue, où il est licencié. Une grande partie des effectifs s'engagent dans Royal-Roussillon.
Le premier drapeau de PERI est décrit de la manière suivante : croix blanche fleurdelisée, deux cantons rouges et deux cantons bleus. PERI-INFANTERIE - Mousquetaire et Piquier – 1673-1678
Mousquetaire :
Chapeau noir, habit, veste et culotte gris beige, Parements et rubans (sur l'épaule gauche) rouges, chemise et cravate blanches, boutons gris beige sur l'habit, et rouges sur les parements. Baudriers de cuir jaune pâle. Chaussures noires, bas gris clair. Sur le côté droit une cartouchière noire. Épée à poignée de fer. Mousquet garni de fer et bretelle de cuir rouge.
Piquier : La tenue est identique à celle du mousquetaire. Les rubans rouges sont portés au chapeau. Cuirasse de fer. Ceinture de cuirasse de cuir marron foncé. Baudrier porte épée en cuir jaune pâle. Épée à poignée de cuivre. Hampe de pique en bois naturel. Un second régiment est levé en 1690, formé à 1 bataillon dont l'effectif est constitué de Corses et de Sardes, provenant de régiments de la maison de Savoie employés à l'armée des Flandres. Le régiment fait campagne en Flandre et en Brabant de 1691 à 1697. Passe en Allemagne en 1701, s'avance jusqu'en Bavière (1703-1704) et se distingue à Hochstet (19 sept. 1703). En Lorraine, puis en Alsace (1704-1715), il est dissout le 28 janvier peu avant la paix de Rastadt. Ses effectifs sont ventilés entre les Régiments de Nice et Royal-Roussillon. Le régiment s'est bien comporté, et son attitude à Hochstet, valut à son colonel d'être promu lieutenant-général. Le régiment possède 1 drapeau colonel et 2 drapeaux d'ordonnance dont le motif est le suivant. Croix blanche avec 4 cantons verts et aurore, bordure ondée noire. Dans son ouvrage P. Benigni donne un autre modèle de drapeau pour ce régiment en 1675-1676. Croix blanche à 31 fleurs de lys, et 4 cantons. Cantons 1 et 4 : jaune et cantons 2 et 3 : rouge. CORSE-CAVALERIE. 1757 - 1762
Par une Ordonnance datée du 29 avril 1757, le marquis Jean Florent de Vallière (1666-1759), lieutenant-général, est autorisé à lever deux corps de troupe en Corse. Une unité de Cavalerie, et un corps de volontaires parmi les insulaires favorables à la France. Il est probable qu'il fut autorisé à lever un corps mixte de fantassins et de cavaliers que les circonstances dispersèrent.
Cette unité de cavalerie est levée pour servir en Corse. Son commandement fut confié au lieutenant-colonel Lenfant jusqu'en 1760, puis par Charles François Virot de Sombreuil (1727-1794).
Le régiment est fort de 6 compagnies de 25 hommes chacune comprenant : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 maréchal des logis, 1 fourrier, 2 brigadiers, 1 trompette et 21 cavaliers.
Mestre de camp : M de Vallière, Lieutenant-colonel : M. Lenfant, Major : M. de Lencheres.
L'Etat de 1758 indique qu'il porte n° 67 dans la liste, et celui de 1759 le n° 66.
Au décès en 1759 de Jean Florent de Vallière, c'est son fils cadet Joseph Florent qui prend la tête du régiment.
Pour 1760, l'Etat indique : Mestre de camp : M de Vallière, Lieutenant-colonel : M de Sombreuil, Major : M de Lencheres, Aide-major : M de Parques, 1 aumônier et 1 porte bannière.
Bien que son uniforme ne soit pas connu, on lui attribue la tenue suivante : casque de dragon à crinière blanche, habit vert à revers bleu ciel et retroussis blancs, galons et boutonnières de couleur blanche, épaulettes à franges blanches sur l'épaule gauche, veste et culottes rouges, bottes basses à revers de cuir noir, manchettes de bottes blanches, ceinturon et banderole de giberne blancs, chaperons de pistolet de drap rouge bordé de blanc. Chabraque de drap rose bordé d'un double galon rouge avec fleur de lys rouge à l'angle posterieur.
Ce régiment n'a pas combattu, en raison de la neutralité qui existait entre les Corses et les troupes royales. On suppose qu'il s'est borné à effectuer des patrouilles, des services d'escortes et d'estafettes entre les garnisons françaises.
Corse-cavalerie est licencié le 21 décembre 1762 lors de l'évacuation de l'ile par la plus grande partie des troupes françaises.
Le 1er mars 1763, le détachement provenant de Corse-cavalerie est incorporé au régiment de Chasseurs-Dragons de Conflans. A compter de ce jour, l'unité prend le nom de Légion de Conflans où deux compagnies de fantassins Corses servaient déjà dans le Corps des Dragons-Chasseurs de Conflans.
A la dissolution de la Légion de Conflans, les deux compagnies de chasseurs sont versés dans les rangs de la Légion Corse créée le 10 mai 1769.
VOLONTAIRES-CORSES. 1757-1760
Levé par la même Ordonnance que Corse-cavalerie par M. de Vallière, Volontaires-Corses est organisé à Marseille. De la force d'un bataillon, les compagnies sont utilisées sur les côtes de Provence où elles renforcent les milices gardes-côtes jugées peu fiables. Il tient garnison à Marseille, Toulon et Antibes.
L'uniforme de ce corps n'est pas connu et comme toutes les unités de Volontaires, il ne possède pas de drapeau. Mais les compagnies comptent un tambour.
Il fait partie des nombreuses unités de volontaires levées pendant la Guerre de Sept-Ans. Il s'agit d'un recrutement étranger, levé pour la durée de la guerre. Son armement et son habillement sont fournis par le capitaine, qui fait également prodiguer les soins quand les volontaires sont blessés ou malades.
A la fin de la campagne, les corps de volontaires sont dissous, et ils ne peuvent prétendre ni à traitement de réforme ni à aucune pension du roi.
Cependant sa solde et sa prime d'engagement sont plus élevées que celle du troupier de l'armée royale.
Volontaires-Corses est licencié le 10 avril 1760.
LÉGION CORSE OU LÉGION D'ARCAMBAL. 1769-1772
Voir le chapitre consacré à cette unité.
LES VOLONTAIRES DE 1768 - 1769
Ces unités sont levées sous l'impulsion du comte de Vaux, commandant les troupes royales en Corse, qui n'hésite pas à écrire au roi : Le seul métier des Corses est le port des armes [...] leur oisiveté pourrait devenir dangereuse.
Alors que les officiers du Royal-Corse obtiennent du roi la permission de ne pas porter les armes contre leurs compatriotes, deux officiers, Casabianca et Matteo Buttafoco (1731-1806) sont autorisés à lever des corps de volontaires Corses pour lutter aux côtés des Français.
Mattéo Buttafoco est un ardent défenseur du roi qui veut faire cesser le désordre et ramener la paix dans ce pays déchiré, en lutte contre Gênes depuis 1729, mais également par les luttes intestines des diverses factions.
Buttafoco fait appel aux volontaires. C'est auprès de la population grecque de l'ile, implantée aux environs d'Ajaccio, qui fournit à Gênes un service militaire, que Buttafoco va trouver ses premiers volontaires. Les Grecs fournissaient à Gênes, 3 compagnies aux ordres du colonel Michel Stephanopoli, qui combattent la révolte paoliste. Ils sont détestés des Corses qui voient en eux des intrus et des auxiliaires génois.
A la signature du Traité de Versailles en 1768, ces Grecs, par l'intermédiaire du capitaine Cuttoli, se mettent au service de France, ce sont plus de 300 volontaires Grecs ou Corses qui sont enrolés.
Les compagnies de volontaires sont organisées sous l'autorité du comte Jean-Baptiste Perez, Corse d'origine et rallié à la France. Il devait en lever 1 500 répartis en compagnie de 50 hommes entre 16 et 50 ans, en état de servir, comprenant chacune 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sergent et 2 caporaux.
Dès le mois de septembre 1768, les premières compagnies de volontaires sont employées avec un détachement de grenadiers du régiment de Rouergue pour déloger les paolistes de Vescovato. Dès janvier 1769, les compagnies de volontaires sont opérationnelles, en avril le comte de Vaux dispose des compagnies des capitaines Buttafoco, Fabiani, Antonetti, Agostini, Matra, Petriconi, Perelli, Pinelli et Colonna.
Ces compagnies prennent une part importante aux opérations menées contre les troupes paolistes qui les affublent du surnom de "Vittoli" (les veaux).
En janvier 1769, ils prennent part à l'opération amphibie sur l'Ile Rousse pour capturer Pascal Paoli. L'opération se solde par un échec.
Peu après 200 Volontaires grecs et ajacciens sont accrochés à Mezzana par des patriotes commandés par Pierre Abbatucci. Les Volontaires sont refoulés avec d'énormes pertes sur Ajaccio.
C'est dans le courant des mois d'avril et mai 1769, dans la réduction de la résistance dans l'En-deça des monts que les Volontaires se distinguent. A la bataille de Ponte Novu le 8 mai 1769, ils affrontent les miliciens paolistes.
Au retour de la paix, les Volontaires vont regagner leur village. En juin 1769, les compagnies de Volontaires reçurent un afflux d'enrôlements dus à de nombreux ralliements. L'assimilation de la Corse à la France se faisait grâce aux dispositions militaristes des insulaires.
Le Maréchal de Vaux, récemment promu, favorisa la création d'unités afin de vider l'ile de ces forces et empêcher toute possibilité de soulèvement.
Le Premier Consul Bonaparte, agit de même lorsqu'il lève 5 bataillons d'infanterie légère en Corse, afin d'empêcher le recrutement au profit des Anglais.
BUTTAFOCO INFANTERIE. 1769 - 1772
Ce régiment d'infanterie de la force d'un bataillon est créé par une Ordonnance du 1er octobre 1769. Organisé à Antibes, il tient garnison à Marseille, son dépôt est à Aix.
Son commandant, Mattéo de Buttafoco ou Buttafuoco était un officier français servant au Royal-Corse. Nommé brigadier en 1780 puis Maréchal de camp le 5 décembre 1781. Élu député de la noblesse de Corse aux États-Généraux, il émigre et entretient une correspondance avec l'agent royaliste d'Antraigues. Rayé de la liste des émigrés le 23 juin 1801, il rentre en Corse et meurt à Bastia le 6 juillet 1806. Le fusilier du régiment de Buttafoco est coiffé d'un casque avec crinière. Habit de drap bleu, revers et parements noirs, retroussis blancs ornés de 2 fleurs de lys découpées en drap du fond de l'habit. Veste, culotte et guêtres blanches. Buffleterie blanches. L'armement comprend un fusil et un sabre briquet.
Le drapeau du régiment est une croix blanche fleurdelisée, ornée en son centre d'une tête Maure. Les quatre cantons sont tranchés de couleur bleu et jaune.
En 1772, le régiment devient provincial, il quitte Marseille pour revenir en Corse.
RÉGIMENT PROVINCIAL DE L'ILE DE CORSE. 1772 - 1791 En 1772, le régiment de BUTTAFOCO devient provincial. Il prend le nom de Régiment Provincial de l'Ile de Corse et regagne l'ile. Le régiment est formé selon les ordonnances de 1772, 1773 et 1774 qui règlent l'utilisation et l'administration des milices du royaume. C'est dans son emploi que ce régiment est différent. Il agit en vertu de dispositions spéciales qui l'assimilent à la Maréchaussée. Le régiment est chargé du maintien de l'ordre, et de la sécurité publique. Provincial-Corse est commandé par le colonel Mattéo Buttafoco.
Le régiment n'enrôlait que des volontaires. Le régiment est stationné à Ajaccio et Bastia, mais il ne semble pas participer aux divers services de garnison comme les autres régiments. Il fournit quatre détachements aux juntes, et un à La Porta d'Ampugnani (fief de la résistance Paoliste).
Fort de deux bataillons à huit compagnies chacun, dont une de Grenadiers Royaux, une de grenadiers provinciaux et six compagnies de fusiliers. Les compagnies comptent 2 officiers, 1 capitaine et 1 lieutenant, ce qui parait insuffisant. En 1774, MARBEUF mobilise le régiment pour réprimer une tentative de soulèvement des habitants du Niolu, et au fort d'Aléria occupé par des Paolistes.
Réduisant les dernières résistances paolistes. Il va gagner une réputation de sévérité qui fera demander sa dissolution par le Département dès sa création en 1790. Le régiment est licencié en 1791. Son drapeau est une croix blanche ornée en son centre d'une tête Maure. Canton 1 : jaune - Canton 2 : Rouge - Canton 3 : Noir - Canton 4 : vert. L'uniforme du Régiment provincial est constitué d'un bonnet de drap marron. Une veste courte de drap marron sans collet, parements en botte, fermant droit devant par des boutons de métal blanc, les basques sont retroussés sur les hanches.
Un gilet ou une veste blanche.
Une culotte de drap vert. Des guêtres en cuir naturel. Giberne à la Corse portée sur le ventre en cuir naturel, et ceinturon de même.
Armement : Un fusil et un sabre court d'infanterie, dit briquet.
Il semble qu'à sa création, l'uniforme devait être entièrement de drap vert. Mais la teinture utilisée pour l'étoffe du soldat, étant changeante, lui donnait un aspect malpropre.
Provincial Corse en 1772 par
in Costumes de l'Armée Française
Un courrier daté de Bastia du 28 mars 1778 signé de Giuseppe Bonavita, indique l'intention qui est faite de distribuer à la troupe des fusils anglais de piètre qualité. (Peut-il s'agir des fusils anglais rouillés qui avaient été offerts à Paoli).
Le signataire demande que le régiment soit armé de neuf, avec des fusils, des sabres et des pistolets selon l'ordonnance.
Il indique également que les chapeaux ne sont pas encore arrivés.
De même 28 hommes sont au "maki" en delà des monts, parmi eux deux sont grenadiers du Royal-Corse.
Roux de Laric indique dans un mémoire non daté ce qu'il conviendrait de faire pour l'amélioration du service.
Il propose de faire remettre à tout homme 50 livres lors de son engagement qui devra être de 12 ans. Cette somme lui serait de nouveau versé lors de tout nouvel engagement. Les 36 ans accomplis, il jouirait des invalides.
La grande quantité de congés que l'on accorde aux soldats et aux officiers empêche l'instruction. Il reproche aux officiers de ne pas participer au service de garnison.
Les détachements au profit des juntes est nuisible à la discipline. De même le nombre d'officiers par compagnie lui parait insuffisant.
Il propose d'habiller le soldat d'une veste et d'une culotte de tricot blanc, trouvant la teinture verte de l'étoffe du soldat de mauvaise qualité.
Il veut que l'on donne des ordres pour équiper la troupe de gibernes et de buffleteries comme au reste de l'infanterie, puisqu'ils font le même service. Ce qui semble indiquer que le régiment est armé du fusil d'ordonnance.
Il demande également des petits sabres pour les chasseurs, les grenadiers et les bas-officiers. L'Ordonnance n'a pas non plus fixé les épées uniformes ainsi que les hausse-cols pour les officiers.
Le colonel déplore qu'aucune Croix de Saint Louis n'ait été distribuée au corps.
Son colonel Mattéo Buttafoco, fervent royaliste compte parmi les premiers émigrés Corses.
Provincial-Corse 1776-1778 - Par P. Benigni.
Planche n° 162 - La Sabretache n° 20 - Année 1973.
Fusilier rejoignant à cheval le lieu de rassemblement de sa compagnie. Il porte le fameux chapeau dit "à la Corse" porté en colonne.
Habit-veste de drap brun-marron, en drap de poils de chèvre. fermé droit devant par 8 gros boutons en métal et tombant droit derrière. Basques relevées sur le devant et agrafées au dessous des poches en travers. Petit collet. Galon d'ancienneté en fil blanc cousu sur le bras gauche.
Culotte de drap vert, resserrée dans des guêtres montant sous le genou.
Buffleterie en cuir naturel; Ceinturon supportant une giberne portée sur le ventre (carchera). Baudrier supportant un sabre droit dans son fourreau de cuir.
Fusil de chasse
Sac de fourniment fixé au bat.
Quelques personnages du Provincial-Corse
Bonavita Giuseppe, originaire de Bastia, Lieutenant en 1771, puis major au Provincial en 1774.
Bouton d'uniforme du Régliment Provincial Corse - in Tradition Magazine Sept. Oct. 2011 n° 257
Buttafoco Giuvan-Simone (Vescovato 1744 - 1775), capitaine, puis major du Provincial-Corse. Assassiné par Jean Rouchon un officier du Provincial
Buttafoco Giuvan-Sebastiano (Vescovato 1729 - ) sous-aide major au Provincial-Corse.
Buttafoco Ambrogio, dit le chevalier, capitaine au Provincial-Corse, réformé en 1777 à 29 ans.
Buttafoco Giuvan-Battista, sous-aide major, tué en janvier 1774 dans une embuscade par le rebelle Capracinta.
Casabianca Rafaele, de Vescovato, capitaine, puis lieutenant-colonel au Provincial-Corse. "Bon officier, plein de zèle, de bonne famille".(état de 1781)
Cesari-Rocca Pietro Paolo Colonna de, capitaine au Provincial-Corse. Nommé d'autorité par Marbeuf, Commissaire des Juntes en 1773, en remplacement d'Hannibal Folacci.
Colonna d'Istria Ottavio, capitaine au Provincial Corse, réformé en 1777.
Gaffori Francesco, colonel au Provincial-Corse, il est le fils de Giovan-Petro, assassiné en 1753. C'est lui qui fut exposé à l'age de 2 ans sur les remparts de Corté par les Français, pour faire fléchir - en vain - son père. Se bat au côté de Paoli à Ponte-Novu. Il se rallie au vainqueur après la défaite. Participe aux opérations de réprésailles dans le Niolu en 1774. Maringo Giovan-Francesco, lieutenant au Provincial-Corse. Officier au service de France, avait tenté d'engager Paoli sur le chemin de la soumission. Il fait partie des frondeurs de 1777.
Petriconi Cesar-Matteo, Lieutenant colonel au Provincial-Corse. Fils du colonel Laurenzo. Mémorialiste, député aux états de 1775. Un des chefs de file des partisans de Narbonne, il part en guerre contre Marbeuf, qui lui fait envoyer en 1777 une lettre de cachet l'exilant à Toulon.
Roux de Laric Alexandre - (Grenoble 1745- Paris 1801) Colonel en second au Provincial-Corse en 1777. Sa correspondance avec son père lors de son séjour en Corse fut découverte lors de travaux de réfection de la demeure familiale a été éditée par ses descendants.
Sources:
LES TROUPES CORSES. La Sabretache HS n° 20 - 1973.
Portrait et armes d'Alphonse d'Ornano - Wikipédia.
Les Corses au Combat sous 3 drapeaux 1792-1815 - Dominique Buresi - DCL Editions.
Les "Makis" de la résistance Corse - 1772-1778 - Christine Roux. Ed. France Empire 1984. Correspondance d'Alexandre Louis Roux ou Ruffo de Laric, colonel en second du Provincial Corse, à son père.
Paoli, un Corse des Lumières - Michel Vergé-Franceschi - Editions Fayard 2011.
TRADITION MAGAZINE - L"Armée Royale : Les Officiers - Alain Pigeard - Sept. Oct 2011. n° 257
Le costume militaire des troupes Corses - Jean PIERI - CAHIERS CORSICA n° 71-72 - FAGEC - BASTIA 1977 |






