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THE CORSICAN RANGERS

CORSICAN RANGERS
 
1799 - 1802
 
ROYAL CORSICAN RANGERS
 
 1804 - 1817
 
C'est dans l'ile de Minorque aux Baléares, enlevée aux espagnols en septembre 1798, que les Anglais installent une nouvelle base pour y concentrer des troupes. C'est également dans l'île que viennent trouver asile des réfugiés politiques de tous pays, dont un nombre assez important de Corses.
Ceux-ci ont soit combattu dans les troupes levées par l'éphémère royaume anglo-corse, soit, ont fui la sévère répression menée en Corse, qui a suivi lors de son retour dans le giron de la République.
Le Gouvernement Britannique décide de lever une compagnie de Chasseurs ou Francs-Tireurs, de 2 à 300 hommes, formée à partir de ces réfugiés et émigrés Corses. Le recrutement est organisé par le capitaine Masseria, dont la commission est datée du 25 juin 1799.

Le 1er septembre 1799, les « Corsican Rangers » figurent pour la première fois sur les rapports mensuels. Leur effectif se monte à 165 hommes.
Au 1er octobre, ils comptent 7 officiers et 226 hommes.
Le 1er juillet 1800, le capitaine Hudson Lowe, du 50th Foot, est nommé major commandant de l'unité. Lowe, connait bien les Corses, et la Corse, pour y avoir servi avec son régiment de 1794 à 1796. Il a appris le français et l'italien, et s'est lié avec des personnalités ayant une forte influence. C'est la raison de ce choix.
Les Corsican Rangers sont versés dans un corps expéditionnaire de 12 000 hommes, commandé par le général Abercromby. Ce corps doit être débarquer sur les côtes de Provence, se joindre aux Autrichiens de Mélas et les émigrés du général Willot. C'est finalement vers l'Égypte, encore occupé par Menou et ses 25 000 hommes, qu'il va être dirigé.

Le rassemblement des troupes a lieu à Gibraltar. Le 24 octobre, les Corsican Rangers sont placés dans le corps de réserve commandé par le général Moore. Son adjoint est le brigadier-général Oakes. Cette réserve forte de 3 000 hommes comprend les 23th, 28th , 42nd , 58th Foot, Hompesch's Mounted Riflemen et 11th Light Dragoon.
Le 22 décembre, Abercromby et ses 14 950 fantassins, 1 063 cavaliers, la plupart sans monture, 568 artilleurs et 38 canons, embarquent pour Rhodes. La flotte est commandée par l'amiral Keith. La flotte jette l'ancre dans la baie de Makri en Asie Mineure aux fins d'entrainement des troupes.
Le 22 février 1801, la flotte met la voile sur Aboukir, où elle arrive le 1er mars.
Le 7 mars, l'état de situation donne pour les Corsican Rangers : 1 major, 2 capitaines, 6 officiers subalternes, 1 aide chirurgien, 9 sergents, 3 tambours et 209 hommes sous les armes, 18 malades. Tous les officiers du corps sont Corses. Smith l'aide chirurgien est anglais.
Le 8 mars, la réserve de Moore débarque à 03 heures 30, avec les Guards et d'autres régiments, sous la protection de chaloupes canonnières. Elle résiste aux attaques de la division Friant et de la cavalerie française, qu'elle parvient à repousser. Cette action permet le débarquement du reste du corps expédition-naire. Les Corsican Rangers, placés à la gauche de Moore, avec les 42nd et 58th Foot, se distinguent particulièrement, et déplorent 4 tués, 1 officier, le capitaine Panatieri, 2 sergents, 1 tambour et 21 soldats blessés.
 
Débarquement anglais à Aboukir - L'Angleterre et la conquête de la méditerranée - David Chandler - in Samotrhace n° 2 - Collection de l'auteur

Le 11 mars, l'armée d'Abercromby se dirige vers la redoute de Mandara, un officier le lieutenant Guitiera, l'aide chirurgien Smith et 13 rangers sont surpris par un détachement du 3ème Dragons. Ils sont faits prisonniers malgré une belle défense.
Le 13 mars, les Corsican Rangers, avec deux pièces de canon longent la mer. Ils sont à l'avant-garde, sur le flanc droit de la réserve de Moore. Ils sont engagés contre les troupes des généraux Friant et Lanusse. L'enseigne Guslami est blessé dans ce combat.
Le 21 mars, à la bataille de Canope, la réserve de Moore occupe les ruines du « Camp Romain », à l'aile droite de l'armée. Au cours de cette terrible journée, les troupes françaises ne parviennent pas à entamer les défenses britanniques, pire, elles sont rejetées, malgré les pertes d'Abercromby mortellement et Moore gravement blessés.
Les Corsican Rangers placé sur une hauteur derrière le « Camp Romain » ne semblent pas avoir été engagés dans cette affaire sinon par leur feu.
Le 24 avril, le général Hutchinson qui a pris le commandement décide de porter une partie de l'armée sur Ramanieh et Damanhour à la rencontre des troupes de Lagrange. L'autre partie, sous le major-général Coote est devant Alexandrie défendue par Menou.
Les Corsican Rangers sont à la réserve d'Hutchinson, sous les ordres du colonel Spencer avec les 2nd, 58th , et les compagnies de flanc du 40th Foot. Ils se portent sur El-Hammet, Deirout et Elaft, où les troupes de Lagrange sont battues et doivent abandonner leurs positions le 9 mai.
Hutchinson fait sa jonction avec l'armée turque de Capitan Pacha et les mameluks d'Osman Bey, et se porte sur Le Caire.
Le 13 mai les Corses se distinguent au village de Mehallet-Daout.
Le 21 juin, Hutchinson est à Gizeh. Le lendemain, le général Belliard, enfermé dans Le Caire demande la suspension des hostilités. Il capitule le 28, et le 9 juillet, il évacue Le Caire.
Le 15 juillet, l'armée anglo-ottomane quitte Le Caire, et arrive à Ramanieh le 25. Le 13 aout, elle se porte sur Alexandrie. Les Corsican Rangers retrouvent leur place dans la réserve de Moore.
Menou capitule le 31 aout.

Un état de l'armée donne daté du 13 septembre donne pour les Corsican Rangers l'effectif de : 2 officiers supérieurs, 4 capitaines, 3 officiers subalternes, 7 membres de l'état-major, 7 sergents, 3 tambours, 147 rangers sous les armes, 51 malades. Le corps jouit d'une solide réputation. Moore disait à Lowe : « Quand vous êtes aux avant-postes, je suis sur d'une nuit tranquille ».
A l'issue de la campagne, les Corsican Rangers reçoivent l'honneur du sphinx sur leurs boutons, tambours, etc... les officiers reçoivent la décoration du croissant (une médaille d'or pendue à un ruban orangé).

Le 1er janvier 1802, les Corsican Rangers sont envoyés à Malte, et dissous le 1er juillet suivant. Au 1er aout, sont présents au corps, 4 officiers et 7 rangers.
 
UNIFORME
 
Les CORSICAN RANGERS reçoivent un habit de drap vert foncé, à collet droit échancré noir, liseré de blanc sur tout son pourtour, parements en botte noirs ornés de 3 boutons et boutonnières blanche coupée carrément. L'habit ferme sur le devant par 8 boutons blancs et passepoilé de noir, retroussis noirs, pattes d'épaules noires liserées de blanc avec petites franges blanches.
Culotte blanche, demi-guêtres noires.
Un chapeau bicorne noir à cocarde noire maintenue par une ganse blanche, bouton blanc et plumet court blanc.
Giberne de cuir noir et sabre à garniture de cuivre, suspendus à des banderoles de buffle blanc avec plaque ovale de métal blanc.
Fusil garni en cuivre et bretelle de cuir blanc.
Il semble que durant la campagne d'Égypte, le corps ait porté le petit shako cylindrique noir à cocarde noire, orné d'un bugle ou cornet argent et petit plumet vert.
L'habit comme ci-dessus, avec la culotte gris-bleu, équipement de cuir noir.
Les officiers, portent le petit chapeau haut de forme de feutre noir, à plumet blanc et cocarde noire, en usage dans les troupes anglaises aux colonies. Tous les galons et ornements sont en argent. Une écharpe cramoisie ceint leur taille. 
Corsican Ranger en Egypte.
In Les Corses au combat sous trois drapeaux
Dominique BURESI - Edition DCL 2003
  
 
 
 
 
 
 
 
 
                                                                          
Officier des CORSICAN RANGERS en 1801.
Avec l'aimable autorisation des Ed. DELPRADO France.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
LE ROYAL CORSICAN RANGERS
 
1804-1817

La fragile paix d'Amiens est rompue en mai 1803. Les Corsican Rangers ayant donné entière satisfaction, il est décidé de le recréer. Le 14 septembre 1803, Hudson Lowe, qui avait été placé comme major au 7th Foot, reçoit des lettres de service « pour lever un corps étranger composé d'hommes du même pays que celui qu'il avait précédemment commandé ». Il est choisi « en raison du doigté dont il a fait preuve dans le maniement des Corses, si difficile à mener, et réfractaires à toute discipline ». la Corse est redevenue française, et la Sardaigne, toute proche est neutre.
Le 15 octobre 1803, Lowe reçoit sa commission de major commandant, de même qu'un certain nombre de lieutenants et d'enseignes, 7 officiers sont issus de l'ancien corps (capitaine Morati, les lieutenants Guitiera, Girolami, Arata, Panatieri, les enseignes Gentili et Susini). Le bataillon doit comporter dix compagnies de 60 hommes, tous corses, de même que la majorité des officiers.
Lowe se rend en Sardaigne, où s'est réfugiée la Cour du Piémont. On ne l'autorise pas à lever ses recrues en territoire sarde. L'île de la Madeleine devient le point de rassemblement de ses recrues. Sa proximité avec la Corse, permet à ses agents d'assurer la traversée, et de communiquer de nuit par signaux lumineux. Le principal officier recruteur de Lowe semble avoir été le capitaine comte de Rivarola.

Lowe parcourt la Méditerranée, de Naples en Sicile passant par Malte et la Sardaigne, enrôlant des réfugiés de toutes origines. Au bout d'un an, l'unité est enfin sur pied, et le 25 octobre 1804, est admise au service britannique sous le nom de Royal Corsican Rangers ou Francs-Tireurs Royaux Corses. Le même jour, Lowe est nommé lieutenant-colonel commandant avec rang à compter du 25 juin.
Le bataillon comprend pour l'État-major : 1 lieutenant-colonel commandant major, Hudson Lowe ; 1 major : John Mc Combe, nommé le 25 février 1805 ; 1 adjudant ; 1 quartier-maître ; 1 paymaster ; 1 chirurgien et 2 aides.

Les dix compagnies sont à 60 hommes, commandée chacune par un capitaine.
Sur 10 capitaines, 6 sont corses, 11 lieutenants sur 12, 4 enseignes sur 9, le quartier-maître et l'adjudant. Les autres officiers sont anglais, italiens ou allemands.

Le corps se forme à Malte. Le 1er novembre, un état des effectifs indique 709 hommes. À cette date, 674 hommes, embarquent pour Naples, se joindre au corps expéditionnaire du général Craig. Malgré une apparente neutralité, la reine Caroline de Naples s'est ralliée en secret à la coalition austro-anglo-russe.

Le 22 novembre 1805, 7 000 anglais venus de Sicile débarquent à Castellamare, tandis que 13 000 Russes et 1 500 Monténégrins, venant de Corfou débarquent à Naples. Ces forces sont commandées par le général russe Lacsy. Les alliés espèrent que ce débarquement fera une diversion aux opérations de la Grande Armée en Allemagne.
Le 9 décembre, 7 000 Napolitains sous les ordres de l'émigré comte Roger de Damas occupent les Abruzzes, les Russes sont à Sulmona, les Anglais sur le bas-Garigliano, avec leur avant-poste sous Lowe à Itri et Fondi.

Les Autrichiens sont écrasés à Ulm et Austerlitz. La paix est signée à Presbourg le 26 décembre. Un corps de 40 000 hommes commandée par Joseph Bonaparte secondé par Masséna est envoyé sur Naples.
Le 8 février 1806, les Français franchissent le Garigliano. Les Anglais s'embarquent avec tant de précipitation qu'ils manquent de mettre dans une situation périlleuse leurs alliés russes. Le corps de Craig s'enfuit en Sicile, la cour de Naples à Palerme.
Joseph Bonaparte entre à Naples le 15 février, et proclamé roi des Deux-Siciles le 30 avril.

Les Royal Corsican Rangers n'ont pas suivi les troupes anglaises en Sicile. Ils se sont repliés avec les Napolitains en Calabre, où ils passent sous les ordres de sir John Stuart, secondé par l'amiral sir Sydney Smith.
À noter que des officiers Corses sont envoyés en Sicile pour y instruire les corps que les anglais veulent lever.
La Calabre est bientôt occupée par la division Reynier. La place de Gaëte subit un siège en règle, mais résiste, grâce à la ténacité de son commandant, le prince Hesse-Philipstahl et au ravitaillement anglais.
L'amiral Smith décide de désorganiser les arrières français. Le 15 mai, il s'empare de l'île de Capri, que Lowe à la tête de cinq compagnies des Royal Corsican Rangers vient occuper en juin.

Le général Stuart décide de créer une diversion pour secourir Gaëte. Dès le 17 février, il concentre à Messine, 5 300 hommes et 16 canons. Le 1er juillet , il débarque à Santa Eufemia et s'y établi solidement, sous le couvert de la flotte de Smith. Cinq compagnies, des Royal Corsican Rangers, sous les ordres du major Mc Combe sont présentes. Elles appartiennent à la brigade du lieutenant-colonel Kempt, avec les compagnies légères de différents régiments de l'armée.

Le 4 juillet, Reynier attaque les positions anglaises à Maïda. Placés à l'aile droite, les Corses, arrêtent par leur feu nourri et bien ajusté l'attaque de la brigade Compère (42ème de ligne et 1er léger). Une charge à la baïonnette met les Français en déroute et les rejette sur Catanzaro, Cotrone, Carigliano et Cassano.
Les pertes s'élèvent pour les Anglais à 45 tués dont 3 Corses, 283 blessés dont 5 Corses ; les Français 500 tués, 300 blessés et 1 100 prisonniers.
Stuart reçoit le titre de comte de Maïda. Le major Mc Combe reçoit la médaille d'or créée le 22 février 1808 pour les chefs de corps ayant commandé durant cette journée.
 
Quant aux Royal Corsican Rangers, par ordre du 19 février 1809, ils ajouteront Maïda à l'honneur du « sphinx » dont ils ont hérité du 1er corps.
Les Rangers participent du 7 au 23 juillet, à la prise de Monteleone et au siège de Scylla. Mais les fortes chaleurs dans un milieu putride entrainent des maladies parmi le corps (1 200 malades), et le manque de munitions obligent Stuart à regagner la Sicile le 26 août.
Au 1er août un état donne 656 hommes présents au bataillon. En septembre le corps est au complet à Capri.

Capri, qu'Hudson Lowe met en état de défense. Il fait contruire des fortins, des redoutes, élever des murailles et armer des forts de canons, à Marina Grande, Mulo, Santa Maria Cetrella, San Michele, au palais de Tibère. Il organise même un service de renseignements avec Naples.
Le 1er décembre, les Corses sont à l'effectif de 728 hommes.

Le 15 juillet 1808 Murat accède au trône de Naples. Il entre dans sa capitale le 6 septembre. La présence anglaise l'incite à s'emparer de l'île. Murat prépare une expédition dont il confie le commandement au général Lamarque, son chef d'état-major.
Le 16 septembre, la garnison anglaise reçoit des renforts. Les effectifs se montent à 684 hommes des Royal Corsican Rangers, 669 hommes du Régiment Royal Malta sous le major Hamill, une dizaine d'artilleurs anglais soit 1 361 hommes, officiers non compris.
Le 03 octobre les préparatifs de l'expédition sont terminés. Le général Lamarque a rassemblé une frégate, une corvette, 26 chaloupes canonnières, 10 felouques armées. Il a réquisitionné toutes les barques et toutes les échelles des allumeurs de réverbères. Sa force de débarquement, forte de 1 200 fantassins, 100 artilleurs et sapeurs du génie et 4 canons de campagne, est divisée en trois colonnes d'attaque, Tragara et Mulo, la Marina Grande et sur la falaise ouest, vers le Limbo.
Lowe a été prévenu de cette attaque. Il a confié la défense d'Anacapri et de la falaise ouest au major Hamill. Il a gardé avec lui son unité pour la défense de Capri et des ports.
Le 4 octobre, l'attaque est lancée. Le feu précis des Corses empêche le débarquement sur la Marina Grande, Tragara et le Mulo. Un débarquement réussi est opéré par l'adjudant général Thomas et une quarantaine d'hommes au nord de la falaise ouest, dans une faille étroite à Orrico, près de Damecuta. Les Français prennent pied et s'installent devant les défenses des Anglais.
Lowe envoie en renfort à Hamill les compagnies Church, Nicholson et Susini. Sous leur feu meurtrier, les Français ne peuvent déboucher avant la nuit. À 08 heures du soir, Lamarque lance une attaque contre le centre anglais. Les quatre compagnies du Royal Malta qui le compose sont enfoncées. Le major Hamill est tué, et Anacapri est enlevé et pillé. Les quatre compagnies maltaises se rendent.
Dans cette affaire, les Français déplorent 109 hommes dont 10 tués, les Anglais 12 tués dont 2 officiers, 14 blessés et 681 prisonniers.
Le 5 octobre, les Maltais réfugiés dans le fort du Monte Solaro se rendent. Lamarque y établit ses canons qui bombardent Capri. La Marina Grande tombe aux mains des Français.
Assiégé, Lowe refuse de se rendre. Il compte sur l'arrivée de renforts. Un escadre sicilienne est en vue de l'ile, mais elle ne tentera rien.

Le 15 octobre, les assiégés tentent une attaque, dans laquelle sont blessés le capitaine Church et l'enseigne Cuppon. Des renforts parviennent à Capri. Mais le mauvais temps empêchent le débarquement de vivres de renforts et de munitions. Seuls mettent pied à terre le lieutenant-colonel Buckley avec 150 « marines », et une centaine d'hommes du régiment suisse de Watteville-Infanterie.
La situation de Lowe est critique, les renforts annoncés n'arrivent toujours pas. Le 15 octobre, il entre en négociation, et capitule le lendemain avec les honneurs de la guerre, alors que le 17 octobre, les renforts annoncés de Sicile se présentent.

Des incidents éclatent entre Corses au service britannique et ceux au service napolitain. Le capitaine Girolami qui commande le fort de la « Villa Tibère » refuse d'amener « l'Union Jack » et de hisser le drapeau français.
Le Corsican Ranger Carabelli refuse énergiquement de suivre son oncle capitaine, même pour une lieutenance. Au cours de l'évacuation, 1 sergent et 86 Rangers désertent. Mais ce fait n'est pas confirmé.
Les pertes du bataillon s'élèvent pour la défense de Capri :
6 octobre : 10 caporaux et soldats tués – 1 officier (Lieutenant Boccheciampe), 1 cornet, 12 caporaux et soldats blessés – 1 sergent, 30 caporaux et soldats disparus.
12 au 15 octobre : 6 hommes tués – 2 officiers blessés (capitaine Church, enseigne Cuppon), 13 hommes blessés.
Hudson Lowe signale comme s'étant particulièrement distingués : le major Schummekettel, les capitaines Church, Arata, Nicholson, Susini, Guitiera, les lieutenants Zerbi, Boccheciampe, Hartzenbühler, La Guidara, les enseignes Agostini, Corbara, Cuppon, Von Bibra, le paymaster Cleeve, l'adjudant Lowen.
Le 26 octobre, les Royal Corsican Rangers débarquent à Melazzo en Sicile.

Le 4 juin 1809, 442 Rangers sur les 730 hommes comptés à l'effectif, sont désignés, pour faire partie de l'expédition commandée par Stuart sur les iles d'Ischia et de Procida. Après neuf jours de traversée, l'expédition jette l'ancre dans la baie de Gaëte.
Le lendemain les feux de la flotte anglaise réduisent au silence les batteries d'Ischia. Lowe signe la capitulation d'Ischia après deux jours de combat.
Le 26 juin, le major général Oswald s'empare de Procida. La garnison est faite prisonnière.
Le 26 juillet, face à la concentration de troupes et de navires napolitains les iles sont évacuées, et le corps expéditionnaire ramené en Sicile.

En octobre 1809, le major-général Oswald dirige une expédition sur les iles ioniennes. Sur les 1 800 hommes du corps expéditionnaire britannique, on compte 32 officiers et 620 hommes des Royal Corsican Rangers. Les iles de Céphalonie et de Zante sont prises le 1er octobre, Ithaque le 8, Cerigo le 12. C'est encore Lowe qui signe la capitulation.

Le 16 avril 1810, Sainte Maure capitule après neuf jours de bombardements, les Corsican Rangers (550 hommes) sous les ordres de Lowe, se distinguent une nouvelle fois dans cette affaire.
Ils participent encore à l'occupation de Parga et de l'ile de Paxos. Lowe reçoit le gouvernement provisoire de Sainte-Maure, Céphalonie et Ithaque jusqu'en février 1812. le 1er janvier 1812, il est nommé colonel et quitte son unité.

Les Royal Corsican Rangers stationnent dans les iles Ioniennes de 1812 à 1815.
En décembre 1811, le nombre des compagnies est passé à 12, et l'effectif atteint 1 543 hommes. Dans le même temps, 14 de leurs officiers encadrent deux régiments d'infanterie légère grecs formés en 1809.
le 26 avril 1814, les Anglais occupent Corfou. Des états de service d'officiers signalent que le corps ou une partie aurait été à Livourne et Gênes en 1814-1815, se serait trouvé à Zante en 1814, et participé à la prise de Naples en 1815.

le corps est dissous à Corfou au début de l'année 1817. Les officiers sont mis en demi-solde le 28 mars 1817, et rentrent en Corse pour la plupart, sans rien demander au gouvernement de Louis XVIII.

Les officiers supérieurs du corps ont été : lieutenant-colonel Walker le 16 avril 1807 – lieutenant-colonel baron Tuyll le 13 juin 1811 – lieutenant-colonel Ansley le 28 février 1812 – lieutenant-colonel Barclay le 28 février 1812 – le major Schummelkettel nommé au corps le 11 juin 1807 est nommé lieutenant-colonel le 10 aout 1815 – le major Mackay le 7 mars 1811 – le major Johnstone le 16 mai 1811 – le major Rossi, seul Corse devenu officier supérieur, le 10 aout 1815.
 
UNIFORME
 
Les Royal Corsican Rangers prennent l'uniforme des rifflemen du 60th Foot.
 
Shako cylindrique noir, orné devant d'un bugle de métal blanc, surmonté d'une cocarde noire, au-dessus de laquelle est fiché un plumet vert, et garni de cordons à glands verts.
Cravate noire liserée de blanc.
Habit veste vert foncé fermant devant par trois rangs de boutons blancs. Collet droit échancré rouge écarlate, parements en pointe et retroussis de même couleur. Pattes d'épaule rouge écarlate.
Boutons blancs ornés du sphinx, et en dessous l'inscription « Maïda », le tout entouré d'une jarretière avec l'inscription Royal Corsican Rangers et au dessus une couronne.
Culotte gris-bleu .
Demi-guêtres noires.
Équipement et buffleteries de cuir noir.
Les Royal Corsican Rangers sont armés de la terrible carabine Baker à balle forcée et de son sabre-baïonnette. Arme à la puissance de feu terrifiante.  
 
Royal Corsican Rangers à Capri
in Soldats Napoleoniens HS n° 1 - La¨Prise de Capri
avec l'aimable autorisation de Keith Rocco.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les cornets portent un habit-veste de drap vert orné de brandebourgs à la hussarde de couleur rouge et verts. Un cordonnet aux même couleurs orne le shako.

Cornet des Royal Corsican Rangers
in Soldats des Guerres Napoléoniennes
Ed. Del Prado. - Coll de l'auteur
Avec l'aimable autorisation des Editions Del Prado France
 
 
 
Les officiers portent un uniforme de coupe identique à la troupe. Toutefois, ils s'en distinguent par des revers rouge écarlate, de wings aux épaules, de couleur rouge écarlate avec chainettes en argent, de pantalon gris à bandes d'argent. Ils portent une ceinture cramoisie à la taille. Tous les boutons sont en argent.

Le drapeau du bataillon n'est pas connu.
 
 
 
Insigne en cannetille dorée de coiffure d'officier des Corsican Rangers.
In Les Corses au combat sous trois drapeaux - Dominique BURESI
Editions DCL - 2003 - Avec l'aimable autorisation de l'auteur.
 
 
 
 
 
 
 
 
  
Bouton du Royal Corsican Rangers
Certainement distribué à la re-création de l'unité en 1803.
Le sphynx ne figure pas sur le bouton, et l'inscription Maida n'apparaitra qu'en 1809
Cliché de Alain Jambert. 
 
 
 
 
Sources :
Les corps de troupes de l'émigration française 1789-1815 – Louis de Grouvel & Louis de Beaufort.
Les Corses au combat sous 3 drapeaux – Dominique Buresi - Editions DCL - 2003
Soldats Napoléoniens HS n° 1 - La prise de Capri.
Les troupes Corses - La sabretache n° 20 - Année 1973

Illustrations.
 
Débarquement anglais à Aboukir - L'Angleterre et la conquête de la méditerranée - David Chandler - in Samothrace n° 2 - Collection de l'auteur
Royal Corsican Rangers par Keith Rocco. In Soldats Napoléoniens HS n° 1 la Prise de Capri par Patrice Raynaud. avec l'aimable autorisation de Keith Rocco.
Cornet des Royal Corsican Rangers par Patrice Courcelle. Avec l'aimable autorisation de l'auteur et de Del Prado Éditeurs – France.
Insigne en cannetille dorée
 
Remerciements :
 
Un grand merci à  Keith Rocco et Patrice Courcelle pour m'avoir autorisé à reproduire dans ces pages un Royal Corsican Ranger et un bugle du meme régiment.
Un grand merci à Dominique BURESI qui m'a autorisé à illustrer ce site à partir des illustations de son ouvrage.
Un grand merci à Alain Jambert pour le cliché du bouton du RCR.
Qu'ils en soient à travers ces lignes chaleureusement remerciés.