Le service des Corses au profit de la France est ancien. Il tire ses origines sous Charles VI (1368-1422) de 1386 à 1409, puis de 1456 à 1460, et enfin 1499 à 1507, où Gênes s'est alliée à la France. Durant ces périodes le service des mercenaires Corses au service de France se fait par l'alliance avec Gênes et ce jusqu'au XVI° siècle.
Une expédition Franco-génoise placée sous l'autorité de Charles VII (1403-1461), reprend l'île de Chio aux Turcs en 1409. Expédition où les mercenaires Corses prennent part en grand nombre. Lorsque Gênes tombe sous l'hégémonie espagnole et impériale vers 1528, les Corses continuent de servir la France, et acceptent le premier rattachement de leur île à la France (1552-1559). Le traité de Cateau-Cambrésis restitue la Corse à Gênes. La France est appelée par Gênes pour une mission de conciliation et d'arbitrage à partir de 1738. La courte campagne de 1768-1769 la rattache définitivement au Royaume. Durant cette période, le service est effectué par des soldats de métier qui servent des unités spécifiques. ARCHERS ET ARBALÉTRIERS
Les mercenaires Corses au service des rois de France ont du apparaitre en importance à partir de 1347, date de la mainmise de Gênes sur l'île. Les chroniqueurs de l'époque les nomment "Génois" car ils appartiennent aux troupes fournies par Gênes, ainsi qu'aux compagnies de "brigands" cavaliers légers d'origine italienne levés par Jean le Bon pour remédier aux carences de Crécy.
Vingt ans plus tard, des Corses figurent dans les compagnies d'archers français. Leur présence figure sur les registres des montres (revues) des XIV° au XVI° avec la mention Corso accolée au prénom.
Les arbalétriers génois ont toujours bénéficié d'une solide réputation d'arbalétriers dès le moyen-age. Cette arme était notamment utilisée pour la défense des navires. Selon Xavier Poli, le premier insulaire qui apparait sur un de ces états, se nomme Lombardin Corso, il fait partie des 80 arbalétriers de la compagnie d’Étienne Sauvaige, dont la revue est passée à Saint Jean d'Angely en 1386. Aux côtés de Jeanne d'Arc, on relève les noms de Nicolas de Corsy, Georges de Cervione, Jean et Mathieu d'Ornagne. Type d'arbalétrier au service français à Crécy.
Men At Arms 111 - Les armées de Crécy et Poitiers. Coll. de l'auteur.
GENS D'ARMES DES COMPAGNIES D'ORDONNANCE A partir d'avril 1445 des Corses sont admis dans les Compagnies d'Ordonnance. Assimilés à des gentilshommes français, les Corses se sont maintenus dans ces compagnies jusqu'à la fin de l'institution. Ils forment la majorité des maîtres de la Compagnie de Cent Hommes d'armes du roi commandée par Alphonse d'Ornano ainsi que le montre un état de revue daté de mai 1596. Compagnie d'Ordonnance 1445 NYPL - Collection Vinkhuijzen, Hendrik Jacobus GENS DE PIED ET BANDES CORSES Les campagnes d'Italie ont introduit des unités entièrement composées de Corses dans l'armée française de Charles VIII (1470-1498) et de Louis XII (1462-1515), notamment des Gens de pied.
Les plus fameuses proviennent des Compagnies levées par Giovanni de Médicis, dit Giovanni del Bande Nere, où servit Sampiero Corso, qui passèrent au service de France, à la mort de leur chef en 1526. L'effectif d'une bande varie entre 100 et 200 hommes, sous les ordres et à la charge d'un capitaine, d'un lieutenant et d'un enseigne. Viennent à la suite les sergents, caporaux, arquebusiers et piquiers. Les piquiers sont armés d'une hallebarde et d'une épée droite. Ils sont protégés par une bourguignotte, un corselet, de gantelets, et de cuissardes. Les arquebusiers sont plus légèrement vêtus. Bandes italiennes :
Le 21 février 1496, au combat de Garigliano, le condottiere milanais Giovanni Giacomo Trivulzio passe dans les rangs français avec ses bandes qui seront soldées par le roi en 1499.
A la bataille de Marignan (1515) Aymar de Prie, commande 2000 Génois, dont de nombreux Corses.
Avec la fin des guerres d'Italie en 1544, le recrutement Corse va se tarir.
Bandes de Piémont :
Formées par Louis XII en avril 1567 devant Gênes pour mater la révolte de la population qui s'est soulevée contre l'aristocratie francophile. Les attentions royales vont attirer de nombreux Corses dans les bandes de Piémont surtout à partir de 1621.
Ces bandes vont se subdiviser en fonction de leur lieu de stationnement, bandes de Piémont, de Sienne, de Montserrat, de Dauphiné, de Provence. Ces bandes passent en France par éléments successifs en 1544, en 1552, puis en 1557 avec Guise, et en 1559 dans les bandes de deçà des monts et de Picardie. Les dix dernières enseignes qui vont rentrer en 1562 sont à l'origine du régiment de Piémont.
Bandes Corses :
En 1522, Sampiero Corso se joint au roi de France, en qualité d'allié et non en mettant à son service. Il amène avec lui des compagnies provenant des Bandes Noires de Giovanni de Médicis. Ces troupes arboraient des enseignes noires pour marquer le deuil du pape Léon X (1521).
Ce sont les mêmes drapeaux noirs ornés de la croix blanche de l'infanterie française qui vont distinguer le régiment de Piémont. D'après Xavier Poli, les bandes Corses prennent le même emblème. Après l'échec du siège de Naples (1528), Sampiero et 300 des siens passent au service du pape. Ce n'est qu'en 1536, que Sampiero passe au service de France avec 800 hommes. Les bandes Corses se battent en Italie et en Provence jusqu'en 1537, en Roussillon jusqu'en 1542, en Italie en 1543, dans le Nord en 1543-1544. Les bandes Corses sont licenciées en 1546 et leurs effectifs versés dans d'autres bandes. 100 hommes de guerre Corses composent la garnison du château de Pignerol en 1567.
Type d'arquebusier 1° moitié du XVI° siècle.
ARQUEBUSIERS A CHEVAL - 1536 Ces ancêtres des dragons apparaissent durant les campagnes d'Italie. La troupe formant une compagnie de 200 arquebusiers montés est présentée en 1536 au dauphin, futur Henri II par le colonel Strozzi.
Brantôme a laissé une description de cette unité : C'estoient tous vieux capitaines et soldats tant bien aguerris sous les bandières et ordonnance de ce grand capitaine Jean de Medicis ... De ce nombre estoient ces braves gens San Petro Corso etc... Les fantassins Corses entre 1522 et 1543 contribuent à la création des troupes montées. Arquebusier à cheval et estradiot RÉGIMENT DES ISLES. 1636-1663 En 1636, les Corses fournissent la plus grande partie des effectifs du Régiments des Isles qui vient d'être créé pour la défense des iles de l'Aunis. Embarqué sur la flotte du Comte d'Harcourt, le régiment fait campagne en Méditerranée, puis en Toscane (1638-1649). Il reste en Italie, puis en Catalogne jusqu'en 1658, en Flandre l'année suivante, il est licencié en 1663. Cette année-là, les régiments des Isles et des Galères fusionnèrent pour former le " régiment des Navires ", en garnison à Lorient, puis passé au service de la Compagnie des Indes. ALTESSE-INFANTERIE. 1644
Ce régiment d'infanterie est levé en 1644 par Gaston d'Orléans, lieutenant-général du Royaume à la mort de Louis XIII.
Son commandement fut donné à Alphonse d'Ornano, Colonel-Général des Corses, pour en faciliter le recrutement insulaire. Sources :
LES TROUPES CORSES - LA SABRETACHE - HS n° 20 - 1973.
Illustrations de l'auteur.
Les Troupes de Marine - Quatre siècles d'histoire - Editions LAVAUZELLE
Le costume militaire des troupes Corses - Jean PIERI - CAHIERS CORSICA 71-72 - FAGEC - BASTIA 1977 |



