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ROYAL-CORSE INFANTERIE 1739 - 1788

LES ORIGINES 
 
Ce régiment est levé par le roi de France, en 1739. Depuis 10 ans, les Corses se sont soulevés contre la République de Gênes. La rebellion piétine car elle manque d'armement et de cohésion. En effet, quatre mouvements s'opposent, les Corses pro-gênois (ils sont majoritaires), les nationalistes ou malcontenti dont le chef est Giacinto Paoli, les pro-vénitiens, représenté par les Giappiconi, qui ont donné nombre d'officiers au service de la Sérénissime, et les pro-espagnols.
En 1735, débarque à Aléria, un aventurier du nom de Théodore de Neuhoff. Il amène avec lui des armes, des fournitures et de l'argent. Grace à ces subsides, la lutte contre Gênes peut reprendre. Il se fait élire roi des Corses, sous le nom de Théodore 1er.
 
En 1737, Gênes ne peut mater cette rebellion, et se tourne vers la France, son alliée traditionnelle pour lui demander de l'aide. En février 1738, débarque sur l'ile un contingent fort de 6 bataillons, sous les ordres de Louis de Fretat, Comte de Boissieu (1688-1739). Il remporte quelques succès, mais est battu à Borgo le 13 décembre 1738. Il meurt à Bastia dans la nuit du 2 au 3 février 1739. Il est remplacé par Maillebois (1682-1762). La rebellion Corse est matée. Théodore 1er se sauve. En juillet 1739, Giacinto Paoli et 27 des siens embarquent et gagnent Naples.
Si la reprise en main de l'ile par les Génois se fait dans la violence, les Français s'y montrent doucereux. Sous les conseils de Maillebois, Louis XV multiplie en effet les gestes de séduction, pour faire naître dans l'ile un courant pro-français. Cette présence française en Corse durera jusqu'en avril 1753.
Le 10 avril 1739, le régiment Royal Corse est créé. Nombre d'insulaires s'y engagent, dont beaucoup d'anciens rebelles recherchés par Gênes. Le roi en est le colonel, d'où le titre de Royal. Créé à 10 compagnies, le dépôt est fixé à Antibes, comme il le sera plus tard pour le Bataillon de Tirailleurs Corses. Régiment français, il en porte les distinctives, par le port d'un uniforme de drap gris blanc. Il prend le n° 121 dans la liste.
Le lieutenant-colonel est Alexandre de Villeneuve, Comte de Vence de 1739 à 1760, son adjoint Delpuech de Corméas,
 
Le recrutement est particulier, puisqu'on y pratique ce qui se faisait traditionnellement : Est nommé capitaine, celui qui amène 50 recrues. Les commandants de compagnie proposent au choix du colonel les lieutenants et les sous-officiers. (Napoléon fera de même en 1814 lorsqu'il mettra sur pied le bataillon de l'ile d'Elbe).
On y trouve Antonio Buttafoco, capitaine à la création du corps. Il sera chevalier de Saint Louis en 1746. Fera toutes les campagnes de Dunkerque et de Flandre.
Sur les dix capitaines commissionnés par le roi, six sont originaires de Bastia et de sa région.
Le roi décide également que le régiment devra pourvoir à la formation professionnelle de jeunes insulaires à des métiers utiles pour la Corse : menuisiers, charpentiers, serruriers, et même médecins. Limitée au début à 12 recrues, la formation finit par en concerner 80. La cassette du roi pourvoit à ces dépenses.
 
 
Royal-Corse participe à toutes les campagnes de Louis XV.
Pendant la Guerre de Succession d'Autriche il est placé sous le commandement de Maurice de Saxe, il stationne dans les Flandres. A Berghes en 1743, En 1744 Il embarque pour l'expédition d'Ecosse. Au retour Royal-Corse tient garnison à Menin en 1744. Il s'illustre à Fontenoy en 1745, aux sièges d'Ypres, de Tournay, d'Ath. Participe au combat de Ricoux en 1746, Malines en 1747 et Berg-op-Zomm en 1748. Il porte le n° 103 dans la liste.
Royal-Corse stationne en Flandre durant la période de paix de 1746 à 1755.
 
Pendant la Guerre de 7 ans, il forme un brigade avec le  régiment La Marine, avec lequel il entre en Allemagne. en 1757. Il subit de lourdes pertes à l'armée du Rhin. Il est ramené en Aunis, où il stationne à l'ile de Ré en 1758, où il tient garison jusqu'à la fin des hostilités.
 
En 1757, les Régiments français sont à deux bataillons avec un état major : 1 colonel, 2 commandants de bataillon, 1 major, 2 aides-majors, 1 interprète, 1 aumônier, 1chirurgien, 1 tambour-major.
Chacun des bataillons totalisent 16 compagnies de fusiliers composées d'1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 2 sergents, 3 caporaux, 3 anspessades, 1 tambour et 31 fusiliers.
& 1 de grenadiers composée d'1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 2 sergents, 3 caporaux, 3 anspessades, 1 tambour et 36 grenadiers.
 
En 1759, les effectifs des régiments d'infanterie sont constitués comme suit :
Régiments français :
Le bataillon est constitué de 17 compagnies (16 de fusiliers et 1 de grenadiers) à l'effectif de 40 hommes chacune. Chaque compagnie est commandée par 3 officiers. La compagnie de grenadiers se placent à la droite du bataillon lorsqu'il est placé en bataille.
En temps de guerre, le colonel lève une seconde compagnie d'élite, appelée piquet, composée des 48 fusiliers les plus braves du bataillon, et qui se placent à la gauche de celui-ci (Cette place sera dévolue aux Voltigeurs sous l'Empire). Chaque bataillon possède une pièce d'artillerie "à la suédoise", servie par 19 hommes commandés par 1 sergent, et tirée par 3 chevaux.
Régiments allemands :
Le bataillon comprend 8 compagnies de 85 hommes et 3 officiers chacune. Chaque compagnie comprend 6 grenadiers qui sont regroupés en une compagnie de 48 hommes en temps de guerre. Cette compagnie se place à la droite du bataillon, lorsqu'il est formé en bataille. 
Régiments Irlandais 
Le bataillon est constitué de 12 compagnies de 55 fusiliers et 3 officiers chacune et 1 compagnie de grenadiers de 45 hommes et 3 officiers.
Les régiments français sont vêtus de blanc, Suisses et Irlandais en rouge, Allemands en bleu, Belges et Suédois au service français sont considérés comme allemands,  
 
En 1760, Royal-Corse, est commandé par le colonel-lieutenant Jean, Alexandre de Vence, fils du précédent. Il le sera jusqu'en 1763.
 
Royal-Corse est dissous et versé dans les effectifs de Royal-Italien dont il forme le 2ème bataillon le 21 décembre 1762. 
Royal-Corse est rétabli le 15 novembre 1765. En effet, l'entente entre Corses et Italiens n'est pas parfaite. Duels et querelles se succèdent. Le régiment est recréé au bout de trois ans, avec ses anciens officiers pour encadrement.
 
En 1765, un rapport d'inspection indique que le régiment est bien composé. L'union règne entre les officiers. S'ils sont pour la plupart instruits, ils sont peu au fait des manoeuvres. Les relations entre la troupe et leurs officiers sont bonnes. Les hommes composant la troupe sont décrits comme susceptibles, batailleurs, tirant facilement l'épée, et très attachés aux jeux de cartes.
Le régiment porte le n° 88 dans la liste, compte 12 compagnies de 50 hommes chacune, dont une de grenadiers. Le régiment bénéficie du privilège de prévôté. Les officiers se constituent en conseil de guerre pour sanctionner les manquements à la discipline, aux réglements et à l'honneur militaires. Le corps est réorganisé à Toulon en janvier 1766, et formé à un bataillon.
Entre 1766 et 1774, Royal-Corse tient garnison à Antibes, Oléron, Montdauphin, Antibes, Toulon, Avignon et Marseille.
C'est à sa re-création que Royal-Corse n'est plus considéré régiment français, mais à recrutement étranger. Il est rangé parmi les régiments italiens. Le drap du fond est de couleur bleu céleste foncé.

En 1768, lors de la campagne qui s'ouvre en Corse, les officiers du régiment obtiennent du roi de ne pas porter les armes contre leurs compatriotes. Louis XV répond favorablement à leur requête. Certains officiers comme Casabianca ou Buttafuoco y participent, et lèvent des compagnies de volontaires.
Pendant ce temps, Royal-Corse tient garnison à Fort-Barraux et Montdauphin.
Par Ordonnance du 26 avril 1775, Royal-Corse est grossi d'un deuxième bataillon formé par les fantassins provenant de la Légion d'Arcambal dissoute.
La même année Royal-Corse est en garnison à l'ile de Ré, où il se distingue dans les opérations de sauvetage suite au naufrage d'un vaisseau anglais. 
 
En 1786, l'armée royale aligne 106 régiments d'infanterie, 8 Allemands, 10 Suisses, 3 Irlandais et 3 Italiens. A cet effet Royal-Corse, est vêtu d'un uniforme bleu celeste foncé à distinctives jaunes. Il porte le n° 100 dans la liste.
 
Royal-Corse, tient garnison sur les côtes de l'Ouest jusqu'en 1781. Il quitte Dinan, pour Strasbourg, Phalsbourg, Arras, Boulogne, Montreuil puis Aire en 1787.
C'est dans cette garnison, que Royal-Corse, apprend sa dissolution par Ordonnance du 18 mars 1788. Son premier bataillon forme le Bataillon des Chasseurs Royaux Corses qui prend le n° 3 de l'arme, et le Bataillon des Chasseurs Corses, le n° 4 de l'arme. Une partie de l'excédent est versée au 12° bataillon de Chasseurs dit du Roussilon, et au 5° Bataillon des Chasseurs Cantabres.
Royal-Corse était commandé par le Comte du Luc jusqu'en 1782, puis par le Comte de Pontevez jusqu'en 1788.
 
DRAPEAUX
 
De 1739 à 1762, le drapeau de Royal-Corse comprend quatre quartiers verts (couleur distinctive du régiment) et une croix blanche. Pour montrer son appartenance au roi, la croix est ornée d'un semis de fleur de lys dorées. La barre horizontale de la croix porte l'inscription suivante : PER HAEC REGNUM ET IMPERIUM qui est la devise de la famille de Vence.
La compagnie colonelle, arbore un drapeau à fond blanc, avec la croix simulée par des coutures, et les mêmes ornementations et la même devise.
 
 
 
 
 
 
 
 
Royal-Corse Infanterie de 1739 à 1762.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
De 1765 à 1773, le drapeau de Royal-Corse, comprend 4 quartiers tranchés de bleu céleste et de jonquille (drap du fond de l'habit et couleur distinctive)
Une croix blanche avec une tête de Maure en son centre, et semis de fleur de lys dorées supportant le même devise.
Idem pour la  compagnie colonelle. Soie blanche avec les décors identiques. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Royal-Corse Infanterie de 1765 à 1773
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
De 1773 à 1788, Royal-Corse, reçoit un drapeau identique à celui décrit ci-dessus. La devise et la tête de Maure ont été retirées. 
Meme disposition du décor pour le drapeau de la compagnie colonelle qui est blanc.
 
 
 
 
 
 
 
Royal-Corse Infanterie 1773 à 1788.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La compagnie colonelle possède un drapeau blanc comportant le même décor, le drapeau d'Ordonnance a perdu la devise et la tete Maure. 
 
L'UNIFORME
 
L'uniforme de Royal-Corse va subir tout au long de son existence selon les ordonnances, l'influence des modes militaires de son temps. Régiment français, jusqu'à sa première dissolution, il va être vêtu de drap gris-blanc distingué de vert jusqu'en 1760, en bleu de roi jusqu'en 1762, en gris de fer en 1766, puis jusqu'en 1775 le retour au bleu de roi 
 
Sixième Abrégé de la Carte Générale du Militaire de France... 1740
habit uniforme gris blanc, parements verts. Veste verte, boutons de cuivre, & chapeau bordé d’or.
3 Drapeaux, dont un blanc Colonel, & 2 d’Ordonnance semés de fleurs de lys d’or, & croix blanche. 
 


 
 
 
Anspessade et Tambour - Royal-Corse 1740
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La tenue des grenadiers est identique. Toutefois ils se distinguent par le port d'un bonnet à la dragonne gris, retroussé vert à passepoil jaune, gibecière de cuir rouge à grenade or, cartouchière de même, hache passée au travers de la gibecière.
 
Septième Abrégé de la Carte Générale du Militaire de France... 1741
habit uniforme gris blanc, parements verts. Veste verte, boutons de cuivre, & chapeau bordé d’or.
3 Drapeaux, dont un blanc Colonel et 2 d’Ordonnance tout verts, semés de fleurs de lys d’or dans les croix blanches, avec cette devise : Per hæc Regnum & Imperium.

Dictionnaire Militaire, 1745
Habit gris blanc, paremens & veste vert, boutons de cuivre, & chapeau bordé d’or.
Pas de changement pour les drapeaux. 

Etat Général des Troupes de France, 1748
Habit unforme gris blanc à parements verts. Veste verte. Boutons de cuivre, & chapeau bordé d’or.
Ce Régiment possède 3 drapeaux, dont un blanc Colonel, & 2 d’ordonnance, semés de fleurs de lis d’or, & croix blanches.

Etat Général des Troupes Françoises, 1753
Habit uniforme blanc à parements, collet, doublure verts, poches en travers, boutons de cuivre. Veste & culotte verts.
Pas de changement pour les ddrapeaux. 

2e Carte Militaire ou Liste Générale des Troupes de France, 1754
Habit uniforme blanc, parements de manches en bottes verts, poches en travers. Boutons Jaunes.
 
Etrennes Militaires, 1756
habit uniforme gris blanc à parements verts. Veste verte. Boutons de cuivre, chapeau bordé d’or.

Etat Militaire, 1758
Habit uniforme blanc, à doublure de même. Collet, parements verts, boutons jaunes, quatre sur la manche & un en dedans, pattes ordinaires garnies de trois boutons, douze d'un côté de l'habit, douze de deux en deux de chaque côté de la veste qui est rouge, boutonnières blanches, chapeau bordé d'or. L'habit perd de son ampleur.
 
 
Royal Corse en 1758 - Coll. particulière
Fusilier du Royal-Corse, il porte un justaucoprs de drap gris blanc de l'infanterie française, distingué de vert, qui est la couleur militaire des Corses, au collet et aux parements. Une veste de drap rouge à 2 rangées de 12 boutons 2 par 2, boutonnières liserées d'or. Un ceinturon en cuir naturel. Cravatte noire, des guêtres blanches sur une culotte de même. Le chapeau tricorne de feutre noir est bordé d'un galon doré.
 
Abrégé du Dictionnaire Militaire, 1759
Idem Etat Militaire 1758.

Etat Militaire, 1760
Idem état militaire 1758
 
Etat Militaire, 1761
Idem 1758.
 
Ordonnance du 15 Novembre 1765
Article 9 . L'uniforme de Royal-Corse sera à l'avenir : habit et parements de drap gris-bleu ; revers et collet de panne noire ; veste, culotte et doublure blanches ; poches ordinaires avec 3 boutons blancs, 6 au revers, 3 au-dessous ; chapeau bordé de blanc.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Fusilier Royal-Corse de 1765
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Officier 1767 : Chapeau noir à cocarde blanche. Habit de drap bleu, collet rabattu et revers jaunes, retroussis et ornements blancs. Boutons blancs. Cravatte rouge. Veste et culottes blanches. Hausse col doré à motif argenté. Epaulettes dorées. Ceinturon de cuir blanc, et plaque en cuivre.
A la même époque le grenadier se distingue par un bonnet à poils dont le fond est jaune à croix blanche, cordon blanc. Plumet à base jaune et sommet blanc. Habit bleu, collet rabattu et revers jaunes, poches en travers, retroussis blancs ornés de grenades bleues. Culotte blanche. Buffleteries blanches. sabre briquet. Fusil et baïonette.
 
Royal-Corse Infanterie de 1776 à 1788
Officier 1767 - Chasseur 1776 - Clarinettiste 1786
Chasseur 1776 : Chapeau tricorne noir sans bordure, plumet ganse et cocarde blancs. Habit bleu-céleste foncé, collet de panne noire (velours), parements, revers et retroussis jaune. Pattes d'épaules en drap du fond de l'habit passepoilées de jaune. Retroussis ornés d'une fleur de lys de la couleur du fond de l'habit. Culottes, guêtres et buffleteries blanches. Fusil et baïonette.
En 1779, houppe et épaulettes rouges. Collet bleu, poches en travers passepoilées de jaune.
 
Réglement de 1786
Le règlement du 1er octobre 1786, fixe la nouvelle organisation de l'armée, et définit la nouvelle coupe de l'uniforme. Cette coupe reste inchangée, et subit quelque modification sous la Révolution et l'Empire. La coupe ne sera modifiée qu'avec le réglement de Bardin en 1812, et mis en application l'année suivante. 
  Royal-Corse d'après le Réglement de 1786 par Michel Pétard modifié. (TRADITION n° 32)
Fusilier de Royal-Corse, il porte l'habit veste à petit collet de drap bleu céleste foncé, couleur distinctive des régiments italiens. Poches en long liserées de jonquilles. Il est distingué de jonquille au revers et aux parements. Retroussis blancs. Les boutons sont blancs. 
 
 Chasseur Corse et Chasseur Royal Corse en 1788
d'après Michel Pétard
 
 
 
 
SOURCES
PAOLI un Corse des lumières - Michel Vergé-Franceschi - Ed. Fayard - 2011
LA SABRETACHE - HS n° 20 - 1973
Les Corses au Combat - Dominique Buresi - Ed DCL.
Figurines n° 4 - J'étais à Minden - Rigo
Figurines n° 12 - J'étais à Hastembeck - Rigo
Figurines n° 8 - Les Français en Amérique (1778-1783) - Michel Pétard
Les Etrangers au service de la France (1786) - Michel Pétard - TRADITION MAGAZINE n° 32 - Septembre 89 
L'infanterie de 1786 - Michel Pétard - TRADITION MAGAZINE n° 30/31 - Juillet aout 89.