Sapeurs de la Légion d'Arcambal ou Légion Corse par JOB - Coll. de l'auteur.
Le comte de Vaux, commandant des troupes royales stationnées sur l'ile de Corse adresse le 10 aout 1769 un mémoire au roi, dans lequel il demande la levée en Corse d'une légion. A l'époque ce terme désigne la création d'un corps mixte de fantassins légers et de cavaliers. Cette légion Corse du nom de son colonel Arcambal, remplira les missions indues aux troupes légères et soldées comme telles.
Formée à 17 compagnies dont 8 de dragons, soit 675 hommes d'infanterie tous Corses, et 232 dragons dont 120 montés tous Français, pour un effectif total de 908 officiers et soldats, répartis comme suit : 1 compagnie de grenadiers à 52 hommes, 8 de fusiliers à 78 hommes, et 8 de dragons à 29 hommes, formées à Tarascon.
Si les fantassins sont Corses, il n'en n'est pas de même pour les dragons.
La Légion tient garnison sur le continent de 1771 à 1774 à Strasbourg.
En septembre 1770 on lui adjoint deux compagnies dans l'en-deçà, et l'en-delà des monts pour assurer le recrutement, avec 1 capitaine et 1 lieutenant pour chacune.
Contestée par le Marquis de Luc, qui estime que la Corse n'est pas suffisamment peuplée pour entretenir deux régiments. La Légion Corse est dissoute en 1775, alors qu'elle stationne à Libourne.
Le 26 avril 1775, les fantassins sont versés au 2ème bataillon du Royal-Corse.
Les dragons sont versés à la Légion du Dauphiné, composée pour l'infanterie des soldats du régiment de Walsh et des dragons français de la Légion Corse. La Légion du Dauphiné comprend 1 compagnie de 52 grenadiers, 8 de 54 fusiliers et 8 de 29 dragons.
La Légion Corse n'a jamais combattu. Elle n'eut ni drapeau, ni guidon, ni timbales.
Le Marquis d'Eslacs d'Arcambal, Mestre de camp de la Légion Corse 1772
Peinture sur bois
In La Sabretache n° 20
Antoine Joseph d'Eslacs du Bouquet, marquis d'Arcambal, nait à Cahors le 19 mai 1727. Il sert sous le nom de Chevalier du Bouquet, ce n'est qu'en 1763, qu'il prend le titre de Marquis d'Arcambal. Sous-lieutenant au régiment Royal-Vaisseaux en 1741, il est blessé d'un coup de feu en Bohême en 1742. Sert à Fontenoy en 1745, nommé aide-major, en 1746 à Bruxelles, à Lawfeld et Berg-op-Zoom en 1747. Capitaine, il passe aux Grenadiers de France en 1754, mais repasse au Royal-Vaisseaux le 6 octobre 1757 avec le grade de major. Colonel au Régiment de Rouergue en 1763. Blessé en 1768 à la bataille de Borgo. Brigadier le 27 janvier 1769, il devient colonel-propriétaire de la Légion-Corse à sa création, puis sera colonel de la Légion du Dauphiné en 1775.
Mestre de camp du 6° Régiment de Chasseurs en 1779. Maréchal de camp en 1780. Il meurt en 1789.
UNIFORME
A sa création, la Légion Corse se voit attribuer un uniforme qui ne semble pas avoir été porté. L'infanterie devait recevoir une veste de drap brun fermée par derrière et munie d'un capuchon. Les basques étaient relevées sur le devant et agrafées à la poche; un petit parement fermé en botte et collet de drap vert. Doublure en cadis ou serge de même couleur (verte ?); gilet de tricot bleu sans poche; ceinture à la Corse (laine écarlate ?); Culotte verte avec canons allongés de trois doigts sans boutonnières, ni boucles, guêtres de peau jaune à la mode du pays; bonnet coupé à la Corse. Les boutons sont noirs, boutonnières façonnées en cordonnet ou trèfles vertes.
Grenadier de la Légion Corse par H. Boisselier (Planche La Sabretache n° 214)
Le recueil de 1767 dit du Cabinet des Estampes montre une illustration légendée Légion Corse reprise par Boisselier. Notre homme est coiffé d'un bonnet à poils orné d'une plaque de cuivre et d'un petit plumet blanc. Il porte une cravate rose foncé, un habit de drap bleu céleste foncé, distingué de noir, au collet, revers et parements. Les retroussis sont blancs. Tout comme la veste, la culotte et les guêtres.
Il est armé d'un fusil, d'un sabre à poignée de cuivre, et d'un pistolet à garniture de cuivre.
Les buffleteries sont blanches et la giberne noire.
S'agit-il d'un grenadier du Royal-Corse lorsque le régiment est recréé en 1765 et la légende serait fausse.
Cette tenue est donnée pour 1770 à la Légion Corse, et sera reprise en 1772 par le régiment de Buttafoco.
Quant aux illustrations de JOB et de Charles brun, elles sont inspirées des documents tirés du Cabinet de Darmstadt, et pourraient se situer vers 1773.
La Légion Corse est coiffé d'un casque alors très en vogue dans les troupes légères, et chez les dragons. Bombe de cuir bouilli à visière de cuir cerclée d'un jonc de cuivre. Le devant de la bombe est ornée d'une plaque de cuivre aux armes de France et d'une gourmette en cuivre sur du drap rouge. La bombe est surmontée d'un cimier de cuivre agrémenté d'une courte crinière. Le bandeau est en peau brune. Un plumet est fiché sur le côté gauche.
Les fusiliers sont vêtus d'un habit bleu céleste foncé, à collet et parements en pointe noirs; revers, retroussis et pattes d'épaule blancs. Boutons blancs. Poches en long simulées par un liseré blanc à 3 boutons. Le bas du revers de l'habit est orné d'une tête de Maure de drap noir. Gilet et culotte blancs. Bottines noires. Casque à crinière courte noire, orné sur le devant d'une plaque au monogramme royal. Plumet blanc.
Les Grenadiers portent un habit identique, avec des pattes d'épaules de velours noir passepoilées de blanc, pattes de collet de velours noir, passepoils blancs. Boutons blancs. Veste et culotte blanches. Le casque se distingue par une crinière rouge. Baudrier blanc à boucle de cuivre, sabretache couverte en drap rouge, galon et bordures blancs ayant au centre une tête de Maure noire à bandeau et collier blancs. Cartouchière de cuir rouge avec plaque et greandes de cuivre porté sur le devant.
Légion Corse ou d'Arcambal - Planche de la Sabretache - Coll de l'auteur.
1) Sapeur - 2) Grenadier - 3) Tambour de chasseurs - 4) Dragon
Les Sapeurs portent un uniforme identique à parements et revers de velours noir passepoilés de blanc; sur le collet en drap du fond petits écussons noirs avec bouton rouge sans doute en drap; pattes d'épaule bleu céleste passepoilées de blanc. Sur la manche gauche, deux haches croisées en drap rouge entourées d'un ovale en galon du roi. Doublure blanche. Veste blanche. Le casque porte une crinière tricolore (rouge, bleue et blanche) et unplumet blanc à sommet bleu.
Les Tambours portent le même uniforme à collet en drap du fond, revers et parements noirs, distingué du galon de livrée du roi sur les bords de l'habit, sur les manches et le bordé des retroussis, et la poche en long, des nids d'hirondelle noirs de chaque côté. Patte d'épaule noire passepoilée de blanc.
Culotte collante blanche. Guêtres.
Les tambours de Chasseurs portent un habit bleu céleste foncé, garni du galon de la livrée du roi, collet et parement de velours noir. Collet passepoilé de blanc; parements bordé du galon de la livrée du roi. Revers et nids d'hirondelle blancs. Boutons blancs. Veste et culotte à la hongroise blancs. bottines noires. Baudrier et ceinturon blancs à boucles de cuivre. Tambour de cuivre, cercles bleu céleste, tirants blancs. Fourreau de sabre de cuir marron, dard en cuivre. Le casque plus simple est orné d'une crinière bleue et rouge.
Les Dragons, porte un habit identique à celui du sapeur, sauf le collet qui est blanc. Passepoils de revers et des parements jaunes. Casque à crinière noire
. Veste et culotte en peau de couleur chamois. Manchette de bottes blanches à boutons d'os. Bottes à l'écuyère noires. Éperons de fer noirs. Baudrier et ceinturon blancs; giberne de cuir noire; bouclerie de cuivre.
Shabraque en mouton blanc à feston jaune; porte manteau bleu céleste; étrivières en cuir de Hongrie blanc verdâtre.
Les Hautbois portent un uniforme identique à celui des tambours de grenadiers avec galons de livrée du roi; doublure chamois. Culotte et veste en peau chamois. Le casque est identique à celui des dragons.
Hautbois et cavalier de la Légion d'Arcambal - Collection particulière.
ARMEMENT
On dénombre pas moins de 4 types de sabre au sein de la Légion, 1 modèle pour les dragons, et 3 pour l'infanterie.
Pour la cavalerie, un sabre arco à monture de fer, la petite branche rivetée aux deux branches principales. Fourreau de cuir avec chapes, bracelets et dards en fer. Les dragons portent une sabretache à fond écarlate avec deux "L" blancs entrelacés entourant une tête maure, surmontés d'une couronne.
Sabre des fusiliers à lame évidée à dos carré, légèrement cambrée; monture de laiton avec garde à une seule branche qui relie une croisière à petites oreilles; pommeau à tête de lion, et poignée recouverte de cuir. Fourreau de cuir à garniture de cuivre.
Sabre des grenadiers, inspiré d'un modèle allemand. Garde de laiton à une branche principale et deux branches en S reliant une coquille en palmette. Poignée en cuir à calotte se prolongeant jusqu'à la croisière. Fourreau de cuir à garnitures de cuivre. le sabre se portait en bandoulière suspendu à un baudrier.
Sabre des tambours à monture de laiton à une branche à poignée à cordons. Fourreau de cuir
Fusil avec sa baïonnette pour l'infanterie, un mousqueton et des pistolets pour les dragons.
JN POIRON - St Gély du Fesc le 05/10/2011
SOURCES:
Illustrations de l'auteur
Les Corses au combat sous trois drapeaux - Dominique Buresi - Editions DCL.
LA SABRETACHE - HS n° 20 -Les Troupes Corses - 1973
La Sabretache - Planche n° 214 |



